Chronique de la réglementation bancaire (III) : faut-il vraiment couper les banques en deux ?

Les autorités politiques se heurtent à un dilemme. Vis-à-vis de leurs opinions publiques, force leur est d’assurer aux contribuables qu’ils ne payeront pas pour les déboires enregistrés par des banques sur des activités spéculatives. En même temps, il est difficile d’imaginer que l’Etat puisse se désintéresser de la faillite d’un établissement, compte tenu de l’impact possible sur les autres banques et les investisseurs institutionnels (risque systémique), ainsi qu’au final, sur l’ensemble de l’économie.

Une idée est ainsi apparue qui a le mérite de rallier la plupart des suffrages : couper les banques en deux, séparer leurs activités de marché de leurs activités de collecte de dépôts et de crédit. La référence est bien entendu le Glass Stealman Act de 1933 (abrogé en 1999), qui interdit notamment aux banques commerciales américaines de s’occuper de l’émission, du placement et du négoce des titres d’entreprises.