Quand le FMI sort ses griffes !

Dans son dernier Rapport sur la stabilité financière dans le monde, le FMI pointe les subventions implicites dont bénéficient les plus grandes banques dites « systémiques », les banques too big to fail. De quoi s’agit-il ? De l’assurance que les pouvoirs publics seront contraints de porter secours à ces établissements en cas de difficultés – une garantie implicite (que le FMI estime entre 90 et 300 milliards € en 2012 rien que pour la zone euro) qui bien entendu fausse toute concurrence et ne pousse pas les établissements à la prudence.

L’accusation est grave. Elle souligne à quel point banques et pouvoirs publics forment un même système, quand ces derniers préfèrent évidemment se camper en gardiens de l’intérêt public face aux possibles débordements bancaires. Pourtant, les plus grands établissements, dont le total de bilan égale ou dépasse le PIB des Etats censés les contrôler, auraient-ils pu atteindre de telles tailles sans ce levier public implicite ? Le FMI ne va pas jusqu’à un tel constat. Il enjoint plutôt les Etats de renforcer encore la réglementation bancaire et de pousser les banques à réduire la taille de leurs bilans. Pour autant, il reste rare qu’une institution comme le FMI aille aussi clairement et directement au fond des choses.