La banque de demain que dessinent les startups fintech aujourd’hui.

Nous venons d’actualiser notre cartographie internationale des startups fintech les plus connues, les plus importantes (en taille et en levées de fonds) et les plus innovantes dans le domaine des services financiers ; des marchés financiers aux transferts d’argent, de l’épargne en ligne aux supermarchés bancaires, du crowdlending au PFM et du Big Data au micro-lending. Ces critères ont permis de retenir 280 startups, parmi lesquelles 120 font l’objet d’une présentation détaillée.

Il s’agit de la version actualisée d’une étude publiée en septembre 2014 qui distinguait 101 startups plutôt que 120. En un peu plus de six mois, cependant, beaucoup de nouvelles solutions sont apparues. On assiste aujourd’hui à une véritable floraison de startups fintech. On en comptait 248, de tous pays, en 2013. Elles étaient 1 042 fin 2014. Dans ce contexte, cinq grandes tendances apparaissent qui, portées aujourd’hui par des startups de plus en plus nombreuses, transformeront sans doute profondément les services financiers dès demain.

FINEXKAP : la conversion des créances en cash en quelques clics

Ça s’active chez FINEXKAP, le babyfoot et les Legos mis à disposition des développeurs sont de côté. FINEXKAP s’est déjà illustrée pour avoir réussi, en 2014, la 3ème plus grosse levée de fonds parmi les startups françaises et la première dans le domaine des FinTech, avec 18 millions d’euros levés (6 millions en equity pour FINEXKAP + 12 millions pour le véhicule de refinancement sur FINEXKAP AM).

Fondée en 2012 par Arthur de Catheu et Cédric Teissier, Finexkap est la première plateforme de financement de trésorerie des entreprises (TPE / PME). Cette solution entièrement dématérialisée permet aux entreprises, quelle que soit leur taille, de céder via internet leurs factures en attente de paiement en toute simplicité, sans engagement de durée, ni de volume. Finexkap Asset Management : filiale à 100%, est une société de gestion de portefeuille agréée par l’Autorité des  Marchés  Financiers. Les factures proposées à la vente sur la plateforme de Finexkap sont achetées par les véhicules de refinancement gérés par Finexkap AM.

Aujourd’hui, à peine 4 mois après son lancement, la société enregistre déjà 3 millions € de factures achetées.

La Caisse d’épargne Lorraine Champagne-Ardenne présente l’agence de demain d’il y a cinq ans!

A l’occasion du lancement de sa nouvelle agence « 100% innovante » de Metz-Pompidou, la CELCA diffuse un film de présentation qui ressemble beaucoup à ceux que produisait par exemple Bradesco il y a quelques années : dans un décor moderniste, le tout-tactile y apparaît comme un argument de poids pour faire revenir les clients dans les agences. Ces dernières années, un certain nombre de banques ont rapidement cessé de croire que si les écrans dont chacun dispose aujourd’hui vident les agences, c’est en équipant celles-ci d’écrans à tout-va que les clients vont continuer à les fréquenter ! On pouvait donc croire que la plupart des établissements s’étaient convaincus que, dans un univers multicanal, si l’agence a un sens, c’est en cultivant la dimension humaine, à travers une redéfinition claire de ce que les clients peuvent trouver là et nulle part ailleurs et la mise en avant d’un accompagnement expert, dont les clients soulignent justement de plus en plus les manques. On pouvait le croire, mais ce n’est apparemment pas le cas et cela pose sérieusement la question de la pérennité des réseaux d’agences bancaires.

Les Enjeux des WAI de BNP Paribas

BNP Paribas a eu la bonne idée de nous convier à l’inauguration du premier WAI (« We Are Innovation ») à Paris, espace dédié aux start-up. Il s’ouvre en même temps qu’un second WAI à Massy-Saclay.

Le symbole du programme dédié à l’innovation « Innov & Connect », initiateur de ces 2 WAI et dont l’objectif est d’accompagner 150 start-up sur 3 ans, est une fusée…celle de Paris compte 6 étages, situés boulevard Poissonnière. La « Chasse aux gazelles(1) » est donc ouverte : cette inauguration a lieu 3 jours après celle de PLAYER, « incubateur de l’innovation collective » parrainé par la Société Générale et quelques mois après celle du « Village by CA » du groupe Crédit Agricole.

Dans un contexte où les banques courtisent de plus en plus les entreprises innovantes, les différences entre elles se jouent sur 3 questions : Comment ? Pour quoi ? Pour qui ?

Even, en mode innovation extrême

On ne soulignera jamais assez combien le financement de l’innovation est mité par le suivisme, la peur du risque et le conformisme ! Les fintech en fournissent un exemple parmi d’autres. Ou comment des fonds d’investissements nombreux et souvent richement dotés, animés par des spécialistes (fort bien) payés pour voir par-dessus la colline, aboutissent à un surinvestissement dans d’innombrables plateformes de crowdfunding, solutions de PFM et de mPos qui se ressemblent toutes, n’affichant souvent que des différences anecdotiques. En regard, apparaissent cependant des solutions radicalement nouvelles, bien moins choyées par les investisseurs. Even est l’une d’elles et, dans son cas, on peut parler d’innovation extrême.

Paiements et objets connectés. Et si la révolution venait d’Amazon?

Avez-vous lu Ubik de Philip K. Dick ? Dans ce (très) étrange roman de science-fiction (l’un des meilleurs de son auteur), on paie chaque usage de ses objets domestiques. Pour entrer chez soi, pour ouvrir la porte de son frigo ou lancer le climatiseur, il faut introduire des pièces – l’ouvrage a été écrit en 1969, Dick n’imaginait pas d’autres moyens courants de paiement – dans la fente d’un compteur dont chaque objet est doté. Or c’est peut-être exactement ce qu’annonce une récente innovation d’Amazon. Et cette solution pourrait bien être révolutionnaire en matière de paiements.

Les blockchains annoncent la vraie fin des banques

IBM propose aux banques centrales un système de gestion des monnaies existantes sur un blockchain centralisé, qu’il se propose de gérer. Sur le site C’est pas mon idée !, cette annonce a suscité un sarcastique billet au titre explicite : Quelqu’un peut expliquer le « P2P » à IBM ? Beaucoup de lecteurs sont-ils cependant à même de saisir combien la proposition d’IBM est absurde ? Combien réalisent aujourd’hui que les blockchains annoncent la vraie fin des banques, c’est-à-dire de l’idée même que nous nous faisons d’elles depuis le Quattrocento. Rien de moins !

Les banques et le défi des retraites

C’est un des éléments les plus déterminants pour l’économie bancaire aujourd’hui et sans doute pour quelques années : depuis 2010, la France subit un phénomène de désépargne massif. On le souligne pourtant assez peu. Pire : on peine à en reconnaître la réalité. Il y a un peu plus d’un an, nous soulignions l’inquiétant manque d’épargne des Français. On nous répète pourtant le contraire ! Le taux d’épargne des Français ne cesse de croitre. Il est un des plus élevés d’Europe. Les Français sont des fourmis. Vraiment ?