Des solutions originales en finance participative (I) : Movies Angels réinvente l’aventure financière

La finance participative s’est imposée. Tout le monde s’accorde désormais à reconnaître qu’elle est là pour durer et que les banques, d’une manière ou d’une autre, devront composer avec elle. Toutefois, sous ses trois principales formes – crowdfunding, crowdlending et crowdequity – la finance participative s’est développée à travers des règles précises et assez rigides que la loi, en France, a finalement entérinées. Les plateformes qui très vite se sont multipliées se ressemblent souvent toutes, quasiment traits pour traits. Pourtant, la finance participative favorise également l’éclosion de solutions originales et de stratégies différenciées. Nous en présenterons plusieurs au cours de l’été et la première sera Movies Angels, focalisée sur la production de films de cinéma. Son Président fondateur, Antoine Schneider, a répondu à nos questions.

Qu’est-il arrivé à Tookam?

C’est (c’était ?) la banque la plus sympa de France. En 2011, le Crédit Agricole Pyrénées Gascogne, l’un des établissements français les plus ouverts à l’innovation, lançait Tookam, une banque en ligne connectée et solidaire du Sud-Ouest qui voulait révolutionner la banque. Aujourd’hui, Tookam est toujours en ligne et solidaire. Mais connectée ? La question mérite d’être posée. Que s’est-il passé ?

Livret A connecté : une petite innovation qui annonce un grand bouleversement?

Cela n’a fait l’objet que d’un bref communiqué dans la presse : les Caisses d’épargne lancent le Livret A connecté, une formule permettant à plusieurs personnes d’alimenter un même livret à travers une tirelire électronique. Simple solution technique permettant un service supplémentaire ? Petite innovation dans l’air du temps ? A moins qu’il ne s’agisse de bien plus que ça…

Les Innovation Labs sont-ils vraiment utiles?

On reproche souvent aux banques leur manque d’esprit d’innovation quand, à côté d’elles, le monde des FinTech est bouillonnant. Pourtant, depuis quelques années, les banques multiplient les Innovation Labs, des incubateurs d’idées nouvelles, ouverts aux jeunes créateurs. Mais il est vrai qu’en voyant ces Labs, on est inévitablement poussés à se demander quelles drôles d’idées les banques se font de l’innovation !

Vous avez dit Uberisation?

C’est le dernier terme à la mode, pour dire « innovation de rupture » et, plus particulièrement dans le domaine financier, pour souligner que les banques pourraient prochainement se retrouver complètement dépassées par l’arrivée de nouveaux acteurs – on pense alors notamment aux grands de l’internet – s’emparant de leurs activités traditionnelles à coups d’innovations radicales. Ce sont là des idées que l’on répète volontiers désormais ; au point d’assurer que les banques seront la sidérurgie de demain, ce que l’on disait il y a plus de vingt ans déjà.

Cependant, si l’on veut bien dépasser un instant les idées à la mode, cette menace que l’on agite d’une Uberisation des activités bancaires permet également de dessiner comment, dans un contexte où, cela ne fait désormais plus de doute, elles seront de plus en plus challengées par des acteurs innovants, les banques pourraient trouver le moyen de rebondir.

Les grands changements de l’IFRS 9

La nouvelle norme comptable IFRS 9 pour instruments financiers remplace l’ancienne norme IAS 39, considérée comme difficile à comprendre, à interpréter et à appliquer à la fois par ceux qui préparent les états financiers et ceux qui les lisent. IFRS 9 rassemble tous les aspects de la comptabilisation des instruments financiers, de la classification et de l’évaluation (avec une nouveauté, la pleine reconnaissance d’une couverture d’un portefeuille dans son ensemble, ou portfolio hedge), à la dépréciation et à la comptabilité des opérations de couverture. Des précisions sur les informations à fournir sont également apportées. La plus grande différence de la nouvelle norme se situe dans la comptabilisation des dépréciations ou pertes sur prêts, parce que nous passons d’un modèle de pertes encourues à un modèle de pertes attendues.

La gouvernance des données – avènement d’un grand changement

Les banquiers n’en parlent pas encore beaucoup, et pourtant, la gouvernance des données est en passe de devenir l’un des sujets les plus discutés dans les salles des marchés. Bien que manquant encore d’une définition officielle, la gouvernance des données concerne les politiques, l’organisation, les processus et les procédures de gestion entourant la surveillance et le contrôle de l’utilisation et du traitement des données.

La nécessité d’une gouvernance qualitative des données est devenue évidente à la suite de la plus récente crise financière. La technologie de l’information et des architectures de données en place sont encore loin d’une surveillance et d’un reporting efficaces des risques financiers. En fait, de nombreuses banques manquent de capacité pour agréger leurs expositions au risque et identifier leurs concentrations rapidement, et avec précision, à travers les lignes métiers et entre les entités juridiques.

Les évolutions bancaires vues par Ron Shevlin

The Financial Brand a récemment classé Ron Shevlin (qui écrit justement dans The Financial Brand) parmi les quatre leaders d’opinion les plus influents dans le domaine bancaire, après Brett King, Chris Skinner et Jim Marous (FinServ 25: the most influential voices in banking). Or, si Brett King peut souvent agacer quand il joue les gourous et si l’humour très british de Chris Skinner n’est pas toujours constructif, Ron Shevlin – qui ne manque pas non plus d’humour (voir par exemple ce billet : How to keep a FinTech Idiot busy) – est certainement l’un des observateurs des évolutions bancaires les plus lucides et exigeants du moment. Son récent ouvrage, Smarter Bank, mérite donc un détour ; particulièrement dans un pays, comme le nôtre, où le Compte Nickel peut être présenté sans rire comme un vibrant succès.