Chronique de la réglementation bancaire (I) : la liquidité avant tout !

Le levier mesure la part d’endettement dans le financement d’une activité, par opposition aux fonds propres. Les marchés surveillent traditionnellement le ratio de levier des banques, le voulant le plus élevé possible. Il en va de même des banques centrales dans un certain nombre de pays. Cependant, ce ratio n’apparaissait pas dans la réglementation bancaire internationale. Il aura fallu pour cela l’assèchement du marché interbancaire entre fin 2008 et fin 2011.

Livret A : les banques ont-elles trouvé la parade ?

Plus que jamais, le livret A reste le support d’épargne préféré des Français et la baisse de son taux de rémunération ne changera sans doute que peu cette situation. Le livret A pose cependant un vrai problème aux banques françaises : l’essentiel de sa collecte n’est pas dans leur bilan mais est centralisée à la Caisse des Dépôts. Les banques françaises recueillent ainsi moins de dépôts propres que leurs homologues étrangères, c’est un point de fragilité que soulignent régulièrement les agences de notation.

On parle actuellement de diminuer le transfert de la collecte à la CDC mais la question est plutôt finalement de savoir pourquoi les banques françaises n’ont pas davantage développé des solutions propres d’épargne susceptibles de remplir le même emploi que le livret A auprès de leurs clients ?

Colbert 2. 0. : la relocalisation pour les ploucs !

Quiconque connait un peu les problématiques de l’outsourcing sait bien que cela fait quelques années déjà qu’on ne croit plus aux vertus miracles des délocalisations. L’attrait des bas salaires, en effet, s’est révélé n’être souvent qu’un leurre. En 2011, une enquête menée auprès de 70 sociétés américaines ayant recours à l’infogérance montrait que, si un objectif d’économie de 30% des dépenses informatiques avait souvent été fixé au départ, on constatait plutôt dans les faits une économie moyenne de 15% au cours des 18 premiers mois et, à échéance du contrat, un surcoût de 30% par rapport à un service comparable et bien géré en interne.

Pour réussir, l’outsourcing doit viser un gain de productivité, c’est-à-dire un mix où le coût du travail est mis en correspondance avec les compétences et l’efficacité réelles, ainsi qu’avec les investissements nécessaires. Réussir un tel mix n’est rien de simple. C’est d’abord une affaire de maturité.

Sur ces bases, le Président Obama a lancé un programme de « reshoring », fondé par ailleurs sur des éléments nouveaux et déterminants : la baisse du coût du travail, ainsi que des prix de l’énergie et de l’immobilier aux USA ; dans un contexte où les coûts logistiques internationaux se tendent, tandis que ceux de production augmentent dans les pays émergents.

En France, Arnaud Montebourg a voulu lancer un programme similaire. De quels avantages compétitifs nouveaux dispose-t-il pour le faire ? La question est évidemment assez cruciale. Elle semble cependant avoir peu préoccupé la Direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services qui, avec l’aide d’excellents experts, vient de mettre sur pied le logiciel Colbert 2. 0. Lancé lundi dernier, il s’agit d’un programme qui doit permettre aux PME d’évaluer l’opportunité d’une relocalisation de leurs activités en France.

Et si Zesto et Distingo marquaient un tournant dans les activités bancaires ?

La presse a souligné le succès des livrets d’épargne Zesto et Distingo lancés respectivement en 2012 et en 2013 par les filiales bancaires de Renault (RCI Banque) et de Peugeot (PSA Banque). Or, au-delà de leur succès, ces deux offres présentent des caractéristiques dont on peut se demander si elles ne vont pas tendre à se généraliser au sein des banques et si elles n’annoncent pas une véritable refondation des pratiques bancaires – rien de moins !

Soon, une innovation bancaire de grand intérêt

Le mois dernier, Axa Banque a lancé Soon, une application sur mobile que l’on peut définir comme un ensemble de services liés à une carte et un compte courant. Pour le moment, Axa Banque n’a parlé ni de produits associés, ni de tarifs, ce qui est singulier dans la banque en ligne. Soon innove du point de vue des usages et, de ce point de vue, représente une vraie surprise – en France mais pas seulement.

Quand la Banque postale se dotera d’une stratégie…

Pour nous, la Banque postale est l’un des établissements français parmi les plus intéressants – mieux même, parmi les plus prometteurs. En janvier dernier, ainsi, nous nous demandions dans un billet si elle n’était pas la banque qui, en France, possède le plus d’atouts stratégiques. Nous ne sommes visiblement pas les seuls à nous poser…

Pourquoi les étudiants représentent-ils (malgré tout) un marché clé pour les banques ?

On sait qu’aux USA, le marché des crédits aux étudiants est très développé : 60% des étudiants américains ont contracté un emprunt bancaire. Aujourd’hui, cependant, les défaillances se multiplient : 14% des emprunteurs avaient au moins une échéance de retard en 2012. Or l’encours global de crédits aux étudiants, selon la Fed, atteint entre 900 et 1 100 milliards $… En France, la situation est bien différente et même opposée : 7% seulement des 2,3 millions d’étudiants portent actuellement un emprunt bancaire. Ils étaient 11% il y a 10 ans. Et les prêts aidés, bénéficiant de la garantie de l’Etat, ont été loin de rencontrer le succès attendu.

L’avenir des banques françaises : retour vers le futur ?

Ces lignes sont extraites d’un bulletin de la Commission bancaire. Elles ont été écrites il y a 23 ans, en avril 1990.

Relire ce genre d’analyse aujourd’hui est frappant. A l’époque, sous l’impulsion du marché unique européen, les banques françaises paraissaient devoir être soumises, pensait-on, à une concurrence les forçant à améliorer leur productivité. Pour la Commission bancaire, c’était là le facteur clé. Or il était très prometteur : « les potentialités du secteur bancaire français sont à coup sûr très grandes », lit-on. Pour les banques françaises, ainsi, un avenir se dessinait clairement. Mais aujourd’hui ?