Edebex, startup belge atypique

Entrepreneur bruxellois, Xavier Corman connaissait bien les problèmes de trésorerie qu’affrontent les petites entreprises. Cela lui a donné l’idée de cofonder, avec trois partenaires, Edebex, une plateforme en ligne sur laquelle les entreprises peuvent céder leurs factures à des investisseurs, de manière particulièrement intéressante et commode. Ces dernières années, de nombreuses solutions de financement alternatives sont apparues pour les entreprises. Mais la plupart sont très chères ou très sélectives. Edebex évite d’être l’un et l’autre et rappelle que, quand elle est la plus utile, l’innovation apporte une vraie simplification.

Quand le gouvernement anglais oblige les banques à référer leurs clients à des plateformes de financement alternatif

Le 1er novembre 2016, le gouvernement britannique a lancé un Bank Referral Scheme ou Programme de référencement bancaire obligeant désormais les banques qui refusent un crédit à des PME à référer celles-ci à des plateformes susceptibles de les aider à trouver des financements alternatifs. Cette orientation que d’autres pays adopteront sans doute – les instances réglementaires européennes s’étant notamment jusqu’ici montrées très réceptives aux initiatives bancaires développées outre-Manche – pourrait marquer à terme un vrai bouleversement du paysage bancaire.

Les bouleversements sur le marché des Pros et des TPE

Longtemps, le segment des Professionnels et des TPE a été le plus délaissé par les banques. C’est en tous cas l’impression que pouvaient avoir de nombreux clients. L’impression de ne pas pouvoir accéder aux produits et services réservés aux moyennes et grandes entreprises et de ne disposer que d’offres à peine différentes de celles proposées aux Particuliers, à un prix nettement plus élevé. Les choses ont changé ! Aujourd’hui, les Pros représentent un segment vis-à-vis duquel les banques, aiguillonnées par de nouveaux acteurs, témoignent d’une forte créativité. Au point de donner l’impression qu’avec eux et pour eux, la banque est en train de se réinventer. Que s’est-il donc passé ?

FINEXKAP : la conversion des créances en cash en quelques clics

Ça s’active chez FINEXKAP, le babyfoot et les Legos mis à disposition des développeurs sont de côté. FINEXKAP s’est déjà illustrée pour avoir réussi, en 2014, la 3ème plus grosse levée de fonds parmi les startups françaises et la première dans le domaine des FinTech, avec 18 millions d’euros levés (6 millions en equity pour FINEXKAP + 12 millions pour le véhicule de refinancement sur FINEXKAP AM).

Fondée en 2012 par Arthur de Catheu et Cédric Teissier, Finexkap est la première plateforme de financement de trésorerie des entreprises (TPE / PME). Cette solution entièrement dématérialisée permet aux entreprises, quelle que soit leur taille, de céder via internet leurs factures en attente de paiement en toute simplicité, sans engagement de durée, ni de volume. Finexkap Asset Management : filiale à 100%, est une société de gestion de portefeuille agréée par l’Autorité des  Marchés  Financiers. Les factures proposées à la vente sur la plateforme de Finexkap sont achetées par les véhicules de refinancement gérés par Finexkap AM.

Aujourd’hui, à peine 4 mois après son lancement, la société enregistre déjà 3 millions € de factures achetées.

Les nouvelles facettes de la désintermédiation : l’amorçage des startups, avec et sans les banques. Entretien avec Xavier Milin.

C’est avec Xavier Milin que nous poursuivons notre enquête sur la désintermédiation bancaire, c’est-à-dire le fait, pour des entreprises, d’accéder au crédit ou à des financements directs, sans passer par des banques. On parle également en ce sens de « débancarisation ».

Ancien Directeur Administratif et Financier du groupe SAGE(1), Xavier Milin est  intervenu, à ce titre, dans la reprise de plusieurs dizaines d’entreprises. S’appuyant sur ces expériences, il a créé Basics Finance, société spécialisée en accompagnement dans la gestion financière d’entreprises (DAF à temps partagé…). Il accompagne des startups, notamment FinTech, au travers de plusieurs structures d’incubation, de financement et des business angels dont, entre autres, Dauphine Business Angels, Paris&Co et le Start-up Leardership Program. Ce denier, dont Xavier Milin en est l’un des cofondateurs, apporte son aide à des entrepreneurs au travers de formations et du mentorat.

Cet entretien apporte un double éclairage sur les nouvelles facettes de la désintermédiation. D’une part sur les nouvelles tendances de désintermédiation (nées des startup Fintech), d’autre part sur l’intérêt de la désintermédiation dans le financement de l’amorçage des start-up.

Pourquoi la titrisation des crédits aux PME ressemble-t-elle à un mirage?

Hier, un Livre vert sur l’Union des marchés de capitaux dans l’UE a été publié. Les objectifs de cette Union, qui devrait faire l’objet d’une feuille de route cet été, pour une mise en place en 2019, sont de supprimer les obstacles à l’investissement transnational en Europe et de faire baisser les coûts de financement. Il s’agit également d’augmenter les liquidités disponibles pour le financement diversifié des entreprises ; dans un contexte où les normes prudentielles de Bâle III vont conduire les banques à durcir les conditions de distribution des crédits aux entreprises, freinant ainsi la croissance. A cet effet, la Commission européenne entend développer la titrisation des crédits bancaires aux PME. L’idée est certainement excellente. La logique qui la porte paraît néanmoins assez étrange.

Tradeshift, la première startup qui distance vraiment les banques.

Cela fait des années que nous le soulignons : la dématérialisation représente un axe majeur de l’évolution des paiements et, partant, des activités bancaires. Toutefois, la plupart des banques ont beaucoup de mal à le comprendre. Une place aurait pu ainsi leur revenir en ce domaine, qu’occupe désormais une startup créée en 2010 au Danemark, qui est aujourd’hui le réseau BtoB qui connait la plus forte croissance au monde : Tradeshift.

Qu’attend le gouvernement français pour soutenir TPE et PME à travers Unilend?

Unilend est une plateforme en ligne qui permet à des entreprises d’emprunter directement à des particuliers. Avec l’anglaise FundingCircle (qui est très proche) ou l’américaine The Receivables Exchange (dont le modèle est différent), la française Unilend va au bout de la désintermédiation bancaire : les entreprises expriment directement leurs besoins de financement auprès d’une foule de prêteurs qui pourront y trouver des rendements intéressants en période de taux bas mais qui supporteront également seuls les risques de défaillance des emprunteurs. Les entreprises, toutefois, sont sélectionnées et les prêteurs peuvent répartir leurs mises sur de multiples emprunteurs, tandis que ces derniers sont protégés des taux usuraires que pourraient exiger les prêteurs par un système de quasi enchères : une fois la somme demandée réunie, les prêteurs les mieux-disants en termes de taux sont seuls retenus. Le schéma est fort intéressant ainsi en termes de financement et de placement. Il pourrait l’être également pour ce qui concerne l’aide publique (Etat et collectivités territoriales) aux entreprises.

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La Banque postale a beaucoup de chance!

Il vaut certainement la peine de parcourir le compte-rendu des Conférences citoyennes que la Poste a menées et qui vient d’être publié (télécharger le document). Il faut en effet d’abord souligner l’intérêt des réflexions et suggestions concernant l’évolution du Groupe. Cela invite d’ailleurs les autres banques à explorer à leur tour cette démarche, bien plus porteuse que les habituelles enquêtes de (d’auto-) satisfaction.

Swift : la vraie révolution des paiements?

SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecom) est un réseau interbancaire mondial de communication. Un système très sécurisé d’échange d’informations entre les banques qui en sont membres, qui leur permet de traiter leurs opérations. Aujourd’hui, 90% du financement du commerce international passe ainsi par Swift.

Il y a quelques mois, Swift et la Chambre de commerce internationale (ICC) ont officiellement lancé le « BPO » (Bank Payment Obligation) qui a vocation à se substituer aux crédits documentaires tels qu’ils sont actuellement réalisés. Présenté ainsi, le sujet est assez aride et, de fait, il n’a été relayé que par la presse spécialisée dans les techniques du commerce international. Pourtant, le BPO offre un modèle qui, demain, pourrait bien valoir pour l’ensemble des paiements.

Faire du crédit à la consommation un crédit acheteur ouvre d’intéressantes perspectives

Aux USA, depuis le milieu des années 2000, des formules de crédit santé à 0% se sont particulièrement développées, mises en place par les banques, des entités spécialisées comme Care Credit (une filiale de GE) et les assureurs santé. Ces formules sont vite devenues l’un des secteurs les plus dynamiques des crédits à la consommation.