Point valorise le temps

Créée en 2015 à Palo Alto, la startup Point a beaucoup fait parler d’elle l’année dernière aux USA, sa première levée de fonds ayant attiré non seulement des investisseurs importants comme Andreessen Horowitz mais encore et à titre individuel, ce qui est assez rare pour une jeune pousse aussi jeune, quelques figures de la finance américaine comme Laurence A. Tosi (CFO de Blackstone) ou Vikram Pandit (ex CEO de Citi). La question se pose donc : pour ne pas être tout à fait nouvelle, la formule de financement immobilier que développe Point parait forte et originale. Est-elle susceptible d’être développée  à une large échelle ?

La robotisation annoncée des métiers bancaires

Il y a quelques mois, Quicken Loans, un acteur important des prêts immobiliers aux USA, a lancé son appli Rocket Mortgage, qui promet une réponse de principe à une demande de prêt en moins de dix minutes. Quicken Loans a appuyé ce lancement par une campagne de publicité assez massive et les critiques n’ont pas tardé : on accuse Quicken Loans de précipiter une nouvelle crise immobilière ! Cependant, si Rocket Mortgage devait déclencher une crise, elle serait plutôt bancaire.

E-immo, un premier modèle crosscanal pour les banques françaises

Dans un récent billet, nous avons souligné qu’à la différence des banques, prises dans une logique multicanale dont elles peinent à sortir, où les canaux se font concurrence et où les accès digitaux vident les agences, la grande distribution a davantage opté pour une approche crosscanale, où les différents canaux se complètent et se renforcent, les magasins physiques demeurant leur point de convergence. La question qui nous a été plusieurs fois posée est ainsi de savoir si des solutions comparables n’émergent pas également dans le monde bancaire. De fait, quoique peu nombreuses encore, de telles approches sont effectivement apparues. La plateforme E-immo du Crédit Agricole, lancée en juin 2013, en fournit à ce stade sans doute le meilleur exemple.

Pourquoi le développement par les banques d’applications de recherche immobilière sur mobile pourrait bien être décisif ?

C’est encore très nouveau et limité mais l’on voit quelques banques développer des applications pour mobile qui sont autant d’outils à travers lesquels leurs clients peuvent acheter des biens tout à fait non bancaires ou se renseigner quant à leur acquisition. La pratique est toute nouvelle mais elle a déjà reçu un nom : activity-based marketing. Derrière elle, une mutation considérable pourrait bien être en train de se dessiner.

 

Ah tiens, au fait, en France la bulle immobilière vient d’éclater !

Nous nous sentons obligés de le signaler dans la mesure où, très étrangement, personne ne semble l’avoir remarqué.

Les chiffres sont pourtant partout dans la presse : moins 30% de transactions immobilières en 2012 et +0,8% d’augmentation des prix. Or, en toute logique, ces deux données indiquent que l’immobilier en France ne relève plus d’un mécanisme de marché, puisque transactions et prix évoluent en sens contraire. Partant et pour la même raison, on ne peut plus parler de « bulle » spéculative.