Une cartographie internationale des startups innovantes dans les services financiers

Nous publions une cartographie internationale des startups les plus connues, les plus importantes (en taille et en levées de fonds) et les plus innovantes dans le domaine des services financiers. Ces trois critères ont permis de retenir 101 entreprises, pour chacune desquelles une présentation est fournie.

Services financiers innovants : les investisseurs d’aujourd’hui sont-ils les visionnaires de demain? (VI) BBVA et Bank of America

Ces deux établissements ont en commun de s’être lancés dans une série d’acquisitions devant leur permettre de développer des offres innovantes. Aussi surprenant qu’il puisse paraître, ce n’est pas si fréquent parmi les grandes banques. Cela mérite donc qu’on s’y arrête, dans la mesure où BBVA et BofA illustrent, chacune à sa façon, la réactivité dont peuvent faire preuve actuellement les banques, dans un contexte où leurs métiers de base et leur positionnement n’ont sans doute jamais été aussi remis en question.

Services financiers innovants : les investisseurs d’aujourd’hui sont-ils les visionnaires de demain? (V) Square

En très peu de temps, Square est passé du statut de startup prometteuse à celui d’investisseur. Et, depuis le rachat de Simple par BBVA, Square est devenu la jeune pousse dont on attend qu’elle fasse la première sérieusement concurrence aux banques. Retour sur une rapide ascension et le développement d’une offre au départ rudimentaire, aujourd’hui complétée par des acquisitions assez étonnantes dans le domaine financier. Square vient ainsi d’acheter Caviar, un système de livraison pour restaurants en Californie !

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Services financiers innovants : les investisseurs d’aujourd’hui sont-ils les visionnaires de demain? (IV) The Omidyar Network

Créé en 2004, The Omidyar Network porte les investissements de la fondation montée par Pierre Omidyar, le créateur d’eBay, et sa femme. A travers un portefeuille d’une soixantaine de participations sont ainsi soutenus des projets à but non lucratif et des entreprises commerciales, avec un axe fort : la création de communautés en ligne et l’empowerment des internautes. La traduction de ces orientations dans le domaine financier mérite qu’on s’y attarde un moment.

Services financiers innovants : les investisseurs d’aujourd’hui sont-ils les visionnaires de demain ? (III) Intuit.

Attention, entreprise ambitieuse ! Créé en 1983, installé à Mountain View, coté au Nasdaq 100, Intuit est devenu assez rapidement aux USA le leader des logiciels comptables et fiscaux, à travers deux produits phares QuickBooks & TurboTax, qui équipent les PME, de nombreuses banques et les particuliers. Mais Intuit n’a guère l’intention de s’en tenir là. A peine ses produits avaient-ils saturé leur propre marché (QuickBooks et TurboTax atteignent aujourd’hui chacun 90% de parts de marché), le co-fondateur d’Intuit, Scott Cook, s’est empressé de reprogrammer sa société, réalisant plusieurs milliards de $ de chiffre d’affaires, en une startup cultivant particulièrement l’esprit d’innovation. Ont suivi une vingtaine d’acquisitions et de partenariats, dessinant une stratégie d’intégration dont les banques doivent se soucier.

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Services financiers innovants : les investisseurs d’aujourd’hui sont-ils les visionnaires de demain? (II) Index Ventures

Fondé en 1996 et opérant à partir de San Francisco, Londres et Genève, le fonds d’investissement Index Ventures est présent, avec un certain nombre d’autres, dans des sociétés comme Dropbox ou Blablacar et, dans le domaine financier, dans des startups au capital desquelles les investisseurs se bousculent, comme iZettle ou Clinkle. Mais Index Ventures finance également des solutions plus atypiques, comme Secret, The Climate Corp, Path, Fobo ou Trustpilot.

Largement investi dans les services financiers, le fonds parait y suivre une ligne de conduite assez claire : les banques n’existent plus ou presque ! En tous cas, il est possible de les concurrencer directement en ligne et en low cost. Et à cette ligne de conduite s’ajoute un véritable flair pour découvrir et soutenir des solutions originales et vraiment innovantes, ce qui rend Index Ventures particulièrement intéressant à suivre.

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Services financiers innovants : les investisseurs d’aujourd’hui sont-ils les visionnaires de demain? (I) Accel Partners

Créé en 1983, opérant depuis les USA, le Royaume-Uni et l’Inde, le fonds d’investissement Accel Partners et certains de ses managers, comme Jim Breyer, sont devenus célèbres pour avoir compté parmi les principaux investisseurs de Facebook. Mais bien d’autres perles apparaissent dans le portefeuille du fonds : DropBox, Spotify, Groupon, Blablacar, … Présentant ses investissements, Accel Partners ne distingue pas particulièrement les services financiers, bien qu’il soit investi dans nombre de startups dans ce domaine, nous allons le voir ci-après, et bien qu’il semble, surtout, suivre une vision qui, pour n’être pas explicitement dite, se dégage assez clairement. Une vision selon laquelle les activités financières et bancaires obéiront demain à des problématiques générales qui les débordent largement.

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La jeune pousse PayTop invente… euh… rien!

En France, on aime bien les startups en général et les jeunes pousses financières en particulier. Récemment, la presse présentait ainsi très favorablement Paytop, un établissement de paiement spécialisé dans les transferts internationaux d’argent, lancé par le fond Truffle Capital et l’ancien ministre de l’Economie numérique Eric Besson, avec le soutien de la BPI/Oséo.

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L’avenir est-il aux supermarchés bancaires?

Comme la nature a horreur du vide, leur apparition était inévitable. Les banques vendent les produits de partenaires mais pas de concurrents. Les grandes surfaces ont introduit des offres de crédit sous blister dans leurs rayons mais c’est pour proposer leurs propres offres ou celles, encore une fois, de partenaires exclusifs. En matière de produits et de services bancaires, on ne trouvait nulle part d’endroit où un large choix d’offres de marques différentes soit proposé. Depuis quelques années, cette lacune a été comblée et l’on trouve aujourd’hui, en ligne, plusieurs formules de supermarchés bancaires.

The Bancorp, passager clandestin de l’innovation bancaire.

Ceux qui s’intéressent à l’innovation bancaire ont entendu parler de The Bancorp, la banque sur laquelle s’appuyait notamment Simple en termes de produits et de services bancaires jusqu’à son récent rachat par BBVA. Mais, sur The Bancorp, on trouve très peu d’analyses. En français, il faut passer la 10° page de Google pour une brève mention sur le site C’est pas mon idée ! Même les analystes anglo-saxons des évolutions bancaires, comme Chris Skinner ou Jim Marrous, n’en parlent pratiquement pas. Et pourtant…

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Capital Koala : innovation ou révolution?

Capital Koala entre dans sa troisième année et c’est déjà une success story à la française, une histoire plutôt sympathique d’ailleurs : 50 000 clients gagnés en deux ans par une startup créée avec les moyens du bord (pas d’investisseurs mais Oséo et Scientipôle en soutien), hébergée dans les bureaux de Deloitte à Neuilly. Une offre simple. Un site limpide.

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En s’inscrivant sur le site, on est à même de recevoir des cashbacks (« remboursements ») sur ses achats auprès de plus de 1 400 enseignes partenaires. Capital Koala les crédite sur un livret d’épargne ouvert au nom d’un enfant (ou sur les livrets de plusieurs enfants) chez LCL ou Monabanq, qui ont choisi de suivre le projet. Plusieurs participants peuvent alimenter un même livret (« koalition »). Capital Koala se rémunère par rétrocession de commissions de la part des commerçants et banques partenaires.

Innovations bancaires : quoi de neuf ?

Le Groupe BPCE s’intéresse aux Google Glass. Les Caisses d’épargne y voient d’abord un outil commode de capture de documents avant stockage dans le coffre-fort électronique qu’elles proposent. Les Banques populaires tentent plutôt de s’en servir pour enrichir l’expérience d’achat et y développer la consultation de compte et les virements. Les Caisses d’épargne prennent les Google Glass sous une direction particulière : la gestion de documents dématérialisés, qui transforme la notion même de compte et de services bancaires. Les Banques populaires adaptent leur offre courante à un outil nouveau qui n’est même pas encore commercialisé. Les Caisses d’épargne innovent et les Banques populaires ont des chances d’être prêtes quand les Google Glass seront devenues d’un usage courant, si elles le deviennent mais quand les offres bancaires, elles, pourraient bien avoir beaucoup changé.

L’innovation chez BNP Paribas

Vendredi 4 avril, BNP Paribas présentait à la presse l’ensemble de ses innovations et avait eu l’excellente idée de nous inviter également. La démarche – un groupe de la taille de BNP Paribas présentant ouvertement ses innovations et, plus encore, sa vision de la banque de demain et d’après-demain – ne pouvait manquer d’être intéressante.

Pour BBVA, l’acquisition de Simple pourrait bien être stratégiquement un coup de maitre

D’un côté, voici Simple. Sous son versant ensoleillé, une startup américaine qui propose sur mobile des services financiers de manière « disruptive » par rapport aux banques classiques : une offre simplifiée, enrichie et transparente, totalement centrée client (mais appuyée quand même sur un établissement financier « classique » : Bancorp Bank). Sous son versant ombragé : Simple est la startup qui, dans le domaine financier, a sans doute le plus profité de l’attente du « grand soir » de l’effondrement des banques, précipité par l’apparition de nouveaux acteurs ; une attente tellement présente chez de nombreux journalistes et commentateurs spécialisés. En moins de deux ans d’exercice réel, Simple est en effet devenue une marque mondialement connue, en décalage complet avec sa réalité de marché (100 000 comptes ouverts). Tandis que sa volonté de damner le pion aux banques traditionnelles était si forte que ses fondateurs se sont visiblement vendus à la première d’entre elles qui leur aura fait une offre un peu consistante (117 millions $) !

D’un autre côté, voici BBVA, un établissement de taille moyenne à l’échelle mondiale mais, nous le soulignons souvent dans ces colonnes, certainement l’un des plus innovants aujourd’hui. BBVA, qui a déjà racheté plusieurs startups financières (Freemonee, SumUp, Radius) vient d’acquérir Simple et les commentateurs, surtout américains, sont sceptiques : chaque compte a été payé 1 170 $ (au même moment, chaque client de WhatsApp n’a coûté que 42 $ à Facebook ; pour se développer et atteindre ses 100 000 comptes, Simple n’avait levé que 18 millions $). Pour ce prix, BBVA acquiert un portefeuille de clients plutôt malingre, quand Capital One a mis la main sur 32 millions de comptes de dépôts en reprenant ING Direct aux USA.

Est-ce que quelqu’un pourrait nous expliquer l’intérêt du Compte-Nickel ? Parce que, franchement…

Visant les 2,5 millions d’interdits bancaires et autres populations en situation financière fragile, le Compte-Nickel, lancé à grand bruit le 11 février par un établissement de paiement (la FPE), permet d’ouvrir un compte dans un bureau de tabac avec une pièce d’identité, un n° de portable et une adresse. On reçoit alors un RIB, ainsi qu’une carte de retrait et de paiement. On peut faire des dépôts sur le compte, limités à 750 € par mois et par personne, ainsi que des retraits chez les buralistes ou à un GAB. On peut faire des virements et domicilier des prélèvements. Et… c’est tout ? Oui.

L’avenir de la banque de détail s’invente en Province

Par les temps moroses qui courent, il serait opportun de se rendre compte que la banque de détail est l’une des grandes réussites françaises. Certes, un certain discours « antibanques » s’est généralisé depuis le début de la crise, qui confond allègrement banque de proximité et banque de marché et qui ne permet guère de le faire entendre facilement. Mais, surtout, pour le voir, il convient de plonger un peu dans les liasses fiscales – s’intéresser notamment au résultat courant avant impôt, avant éléments exceptionnels et avant reprises de provisions, qui donne la meilleure mesure de la rentabilité intrinsèque des établissements. Et puis, il faut dépasser la notion de groupe. Il faut aller en Province – c’est-à-dire, essentiellement, au niveau des banques mutualistes régionales.

Soon, une innovation bancaire de grand intérêt

Le mois dernier, Axa Banque a lancé Soon, une application sur mobile que l’on peut définir comme un ensemble de services liés à une carte et un compte courant. Pour le moment, Axa Banque n’a parlé ni de produits associés, ni de tarifs, ce qui est singulier dans la banque en ligne. Soon innove du point de vue des usages et, de ce point de vue, représente une vraie surprise – en France mais pas seulement.