Narrative Science. Pour que les banques aient quelque chose à dire

Créée en 2010, à Chicago, Narrative Science n’est pas une fintech. Elle s’adresse à toutes les entreprises, auxquelles elle fournit news, dépêches, rapports et reportings divers, en exploitant leurs bases de données. La rédaction est entièrement automatisée. Ce sont des robots qui écrivent. Même si la plupart préfèrent demeurer anonymes, Narrative Science compte déjà un certain nombre de gros clients, parmi lesquels banques et établissements financiers – on cite MasterCard – semblent les plus nombreux. Narrative Science entend changer la manière dont ils travaillent. En remplaçant les hommes par des machines ? Pas du tout. Au contraire.

Le jour où mon robot m’aimera !

Les chatbots sont des programmes d’intelligence artificielle capables de discuter avec nous et de répondre à nos questions à travers un service de messagerie instantanée ou chat. S’ils sont très bien faits, on peut avoir l’impression que l’on converse avec un humain et les chatbots se développent actuellement à travers l’idée d’en faire de véritables assistants personnels avec lesquels on puisse communiquer en langage naturel, voire même développer une relation quasiment « humaine ».

Tenir compte de l’exaspération numérique

Vous l’avez sans doute remarqué, en matière de services numériques, depuis un an, les discours triomphants se sont nettement nuancés. Le tout digital, les startups fintech toutes prêtes à renverser les banques, les agences irrémédiablement condamnées et tout ce qui est estampillé « 3. 0. » font moins les gros titres. C’est que les révolutions annoncées ces dix dernières années : la banque en ligne, les paiements sans contact, le mobile banking, etc., n’ont pas vraiment eu lieu. Tout ceci se développe certes mais à un rythme mesuré, pour ne pas dire poussif, qui n’était pas du tout celui attendu. C’est certainement un problème quand demeure largement dominante l’idée que tout ce qui est nouveau est bien et ne peut que s’imposer, malgré quelques esprits rétrogrades et grincheux qui pensent le contraire. Et si c’était cette conviction elle-même qui empêchait en l’occurrence d’avancer ?

Le nouvel ordre digital. Histoire vécue.

Avant-hier soir, nous avons acheté en ligne un billet d’avion sur le premier site voyagiste français. Un aller simple que nous avions l’intention de compléter par d’autres billets. Notre itinéraire couvre plusieurs pays en effet et ce qui serait très simple à traiter avec une personne au téléphone, en lui indiquant nos préférences (horaires, classes, compagnies, …) sur chaque partie du voyage, devient nettement plus aventureux et long à réaliser en ligne car cela n’a pas été prévu. En fait, cela s’est même révélé impossible. Bienvenue dans le nouveau monde digital !

Boursorama : prière de ne pas déranger?

« Boursorama ne veut plus répondre au téléphone », titrait récemment cBanque. Selon l’article, en effet, Boursorama Banque s’apprête à relever la commission qu’elle applique déjà aux opérations réalisées au téléphone (qui pourraient être gratuitement initiées en ligne) de 3 à 5 €. Derrière ce geste se marque, selon l’article, la volonté de la banque en ligne de dissuader ses clients d’utiliser… le téléphone ! Ce canal est en effet beaucoup plus coûteux qu’un site web. Sur son blog, C’est pas mon idée !, Patrice Bernard va plus loin : le canal téléphonique a vécu, assure-t-il en commentant la décision de Boursorama Banque. Les centres d’appels sont aujourd’hui complètement dépassés. Le jugement peut paraître très sévère. Il n’est certainement pas dénué de pertinence. Pourtant, cette décision de Boursorama parait surprenante et même inquiétante.

Le boom des apps est déjà fini

Un intéressant article du site Redcode le signale : le boom des applis mobile, lancé en 2008 avec l’App Store, est retombé aux USA. Alors qu’une avalanche d’apps continuent à paraître chaque semaine, ils trouvent de moins en moins d’utilisateurs. Le nombre moyen de téléchargements d’applis des Américains est désormais de 0 par mois. Pour l’innovation financière qui, ces dernières années, s’est largement concentrée sur le mobile banking, une telle nouvelle n’est certainement pas neutre.

Les nouvelles agences de la banque digitale

La State Bank of India a ouvert six agences pour sa banque digitale SBI InTouch dans les principales villes indiennes. Pour cela, Allen International, le designer spécialisé dans les agences bancaires le plus connu au plan international, a été retenu. D’une certaine façon, ces nouvelles agences digitales représentent comme l’aboutissement de ses précédents travaux. C’est qu’ici, il n’est pas seulement question de design. La notion même d’agence bancaire est profondément transformée.

La banque en ligne est-elle déjà dépassée?

Il y a quelques mois, Capital One a lancé un nouveau service permettant à ses clients de se connecter vocalement à leur compte à travers l’enceinte intelligente Echo d’Amazon. On peut ainsi connaître l’état de ses comptes, savoir quelles opérations les ont impactés et même régler des factures. Il n’est donc plus besoin de se connecter à sa banque à travers son site web ou une appli mobile. Le online banking est dépassé.

Atom Bank. Et voilà à présent la « banque conceptuelle »!

Un peu comme avec l’art conceptuel les caractères esthétiques d’une œuvre passent au second plan (est-elle belle ? bien exécutée ?, etc.) derrière l’idée que l’œuvre porte et le regard nouveau qu’elle pousse à avoir sur l’art lui-même, voilà une néo-banque anglaise pour laquelle les aspects bancaires (produits et services) semblent assez secondaires et qui cherche avant tout à offrir une vision nouvelle de la banque, une expérience inédite des relations bancaires.

Bien qu’initiée par de solides routiers de la finance britannique, Anthony Thomson (cofondateur de Metro Bank) et Mark Mullen (ex CEO de First Direct/HSBC), on dirait qu’Atom a été conçue dans une Art School. Comme si l’on avait demandé à des étudiants des Beaux-arts d’inventer la banque de demain. Et cela va loin – enfin (Atom n’a pas encore démarré), le concept.

L’étonnante dernière campagne publicitaire d’Hello Bank

Dans sa dernière campagne publicitaire, Hello Bank, banque sur mobile et filiale à 100% de BNP Paribas, annonce que ses clients peuvent déposer leurs remises de chèques dans les agences du réseau BNP Paribas. Cela peut paraître tout à fait anecdotique et vous vous demandez sans doute pourquoi nous le signalons. Parce que c’est toute une évolution possible du paysage bancaire français qui se laisse deviner ainsi.

Réussir la transformation digitale : les banques vont-elles devenir (au moins en partie) des software companies?

Francisco Gonzalez, Chairman de BBVA, n’a pas hésité à l’annoncer récemment : à l’avenir, BBVA deviendra une software company. Selon lui, en effet, la transformation digitale qui frappe l’essentiel des activités bancaires ne laisse pas de choix : les expertises en matière de design et de développement applicatif vont devenir des compétences clés pour les banques. De fait, bien que cela apparaisse encore très peu en France, on voit d’ores et déjà de plus en plus d’établissements internaliser de telles compétences par acquisitions.

Réussir la transformation digitale en toute Agilité

La transformation digitale ne se résume pas seulement à l’ajout d’une nouvelle technologie aux modes et modèles de fonctionnement existants. Elle va bien au-delà, avec des implications sur tous les aspects dont nous organisons la chaîne de valeur, y compris la structure interne de l’entreprise elle-même. La façon de gérer et de mesurer la transformation digitale est encore en discussion dans de nombreuses entreprises, à la recherche de la méthode qui permet d’établir un programme de transformation digitale. En ce sens, les méthodes « agiles » peuvent servir d’inspiration. Il s’agit de groupes de pratiques de projets de développement susceptibles de s’appliquer à divers types de projets. Ayant pour dénominateur commun l’Agile Manifesto (2001), ces pratiques se veulent plus pragmatiques que les méthodes traditionnelles. Elles impliquent au maximum le demandeur (client) et permettent une grande réactivité à ses demandes. Elles visent la satisfaction réelle du client en priorité.

E-immo, un premier modèle crosscanal pour les banques françaises

Dans un récent billet, nous avons souligné qu’à la différence des banques, prises dans une logique multicanale dont elles peinent à sortir, où les canaux se font concurrence et où les accès digitaux vident les agences, la grande distribution a davantage opté pour une approche crosscanale, où les différents canaux se complètent et se renforcent, les magasins physiques demeurant leur point de convergence. La question qui nous a été plusieurs fois posée est ainsi de savoir si des solutions comparables n’émergent pas également dans le monde bancaire. De fait, quoique peu nombreuses encore, de telles approches sont effectivement apparues. La plateforme E-immo du Crédit Agricole, lancée en juin 2013, en fournit à ce stade sans doute le meilleur exemple.

Quelles stratégies pour les objets connectés?

Les objets connectés sont à la mode. Et les prévisions annoncent qu’ils représenteront un marché de 500 millions € en France dès 2016, qu’on en comptera 4,9 milliards dans le monde dès cette année et 30 milliards en 2020. La seule certitude est que les objets connectés vont se répandre. A un horizon sans doute nettement plus long que ce qu’on imagine (c’est une loi du genre), ils deviendront probablement d’un usage courant, quotidien.

Les banques n’ont pas tardé à s’intéresser à ces nouveaux objets et d’abord aux Google Glasses. Néanmoins, Google ayant récemment annoncé le quasi abandon de ces dernières, l’intérêt s’est aujourd’hui reporté sur les montres connectées, les autres objets (les casques de réalité virtuelle par exemple) sollicitant moins l’imagination ; quoiqu’en Australie, Heritage Bank ait annoncé le lancement d’un costume dont l’une des manches sera équipée d’une puce de paiement.

A quoi a-t-on affaire en l’occurrence : à de simples gadgets ou à de vraies stratégies d’innovation ?

Mobile banking : l’exemple des banques asiatiques

En Europe, comme aux USA, les banques voient essentiellement le mobile comme un nouveau canal. Leur approche est ainsi avant tout technique : donner accès, à travers lui, aux services et produits bancaires classiques. On conçoit donc des banques 100% mobile. Cela impose de réaliser des applis adaptées à l’ergonomie propre aux mobiles et cela conduit aussi bien à remodeler les sites dans la même optique, pour plus de commodité et une accessibilité plus immédiate, dans la mesure où une large partie des clients qui se connectent à partir de leur mobile n’utilisent pas les applis mais accèdent directement au site. Mais, au total, on trouve assez peu d’innovations en termes d’offres ou même de parcours client, malgré quelques initiatives notables, comme Soon d’Axa Banque.

En Asie du Sud-Est, l’approche de plusieurs établissements est sensiblement différente. C’est particulièrement le cas avec les Clicks de la banque malaisienne CIMB et surtout avec Frank, la banque pour jeunes d’OCBC (Singapour).

Et si les banques en ligne décollaient vraiment?

A l’occasion de la fin d’année, les pronostics 2015 qui ont été formulés pour les banques françaises avaient un air certain de déjà vu. En gros, face à l’invasion numérique et face à la menace que les grands de l’internet et les fintech ne viennent chasser sur leurs terres, les banques doivent contre-attaquer. 2015 devrait être ainsi l’année des banques pure players en ligne et sur mobile. On disait pratiquement la même chose il y a cinq ans !

Certes, plusieurs banques en ligne pure players étaient en pertes fin 2013 et le resteront visiblement fin 2014. Certes, les banques en ligne ne concentrent que 7% des comptes courants et à peine plus de 2% des Français ont leur compte principal chez l’une d’elles. Toutes ensembles, les banques en ligne françaises ne séduisent que 2 millions de clients, contre 2,8 millions en Italie et 12 millions en Allemagne et Autriche réunies. Mais un compte courant sur trois s’ouvre désormais chez une banque en ligne et l’année 2015, sûrement, sera la bonne, nous assure-t-on. Et si l’on regardait les choses d’un peu plus près ?

Hello Bank et les Médians.

Ce ne sera donc pas une révolution ! En plus d’un an, Hello Bank a séduit 101 000 clients en France et 42 000 en Italie. Des chiffres de recrutement brut comparables à ceux des banques en ligne, avec un investissement publicitaire élevé de même niveau. Les clients sont plus nombreux en Belgique (365 000) mais Hello Bank y a bénéficié de l’offre jeune de BNP Paribas Fortis, ainsi qu’en Allemagne (283 000), où Hello Bank s’est appuyée sur Cortal Consors, avec qui elle va d’ailleurs fusionner. A ce stade, il n’y a donc pas eu de ruée et, bien qu’il soit déjà prêt d’être atteint (791 000 clients sur les quatre pays à ce stade), Hello Bank ne relève pas son objectif d’1,4 million de clients en 2017 (dont 65% n’étant pas déjà clients de BNP Paribas ; ils sont environ 50% aujourd’hui).

D’emblée, nous l’avions souligné, le choix de lancer une banque unicanale, à part de BNP Paribas et sous une marque propre pouvait paraître assez étrange. Mais, depuis, Hello Bank a clairement été inscrite dans le périmètre de BNP Paribas, notamment en termes d’offres. Ensuite, lors d’une conférence de presse donnée mercredi dernier, les responsables d’Hello Bank ont parfaitement justifié leur choix de laisser vivre d’une vie propre, pour mieux observer son développement et en tirer tous les enseignements, une nouvelle banque porteuse de challenges importants : un lancement simultané sur quatre pays, une première, des offres conçues directement sur mobile, une banque unicanale positionnée comme banque principale pour des clients eux-mêmes actifs et en mouvement. Un positionnement attentif que l’on peut se permettre quand on est BNP Paribas et qui, de fait, aura ménagé une vraie surprise.

Les centres d’appels sont de plus en plus indispensables. C’est bien le problème!

On en parle peu mais, au fait, que deviennent les centres appels parmi tous les canaux désormais disponibles pour la relation bancaire (agences, mobile, ordinateurs, tablettes, plateformes téléphoniques, réseaux sociaux) ? Quel rôle remplissent-ils au sein de ce qu’on peut nommer, au choix, le multicanal (les différents canaux se superposent), le cross-canal (ils se renforcent) ou l’omni-canal (ils convergent) ? Les centres d’appels se portent plutôt bien. En France, ils emploient plus de 10 000 personnes pour traiter plus de 150 millions d’appels par an. Mais si l’activité des centres d’appels est toujours forte, ainsi, à quoi servent exactement les nouveaux canaux ?

Les banques prises au piège du multicanal?

Diebold vient de publier une enquête menée auprès d’une centaine de clients de banques dans huit pays, dont la France. Une enquête qui n’apprend pas grand-chose ! Les clients attendent plus des banques désormais, est-il souligné. Les agences ne correspondent plus à ce qu’ils demandent mais elles demeurent le meilleur canal pour l’ouverture de comptes et le meilleur véhicule pour la satisfaction clients et l’image de marque. Les banques, suggère encore l’étude, doivent à présent s’efforcer de délivrer une meilleure expérience client et, à cet effet, accélérer leur adoption des nouvelles technologies. Les relations doivent être personnalisées et les banques doivent investir le domaine des Big Data pour cerner, au niveau individuel, les usages, les préférences et les rejets de leurs clients (voir la présentation détaillée de l’enquête).

Il n’est guère besoin de souligner que ce sont là des choses qu’on lit et entend désormais partout, de sorte que, si l’on avait mené l’enquête auprès de banquiers, il est probable que les jugements n’auraient pas été très différents. Ces constats sont largement partagés. Pourtant, de manière étonnante, personne ne semble trop se rendre compte que, d’un point de vue stratégique, ils sont désastreux pour les banques ! En fait, il y a là comme un piège dans lequel un certain nombre d’établissements pourraient bien être en train de tomber.

En 2014, la banque sur mobile trouvera-t-elle une véritable utilité ?

2013 aura été d’une certaine façon l’année du mobile dans les banques. Les meilleurs experts l’annonçaient : le mobile allait très rapidement devenir le canal dominant des relations bancaires, surtout chez les générations X et Y. Pour Brett King, le gourou de la « Banque 2. 0. », c’était une évidence : les transactions sur mobile et celles réalisées dans les agences seraient dans un rapport de 300 à 1 dès 2016 et, dès 2014, la génération Y ne communiquerait plus à 80% avec une banque qu’à travers le mobile. Nous en sommes encore très loin !

Hello Bank de BNP Paribas, vraie innovation ou erreur multicanale fatale ?

Quelques mois de buzz sur les réseaux sociaux avant lancement, une banque conçue dans un esprit startup revendiqué : BNP Paribas a appliqué les nouvelles règles de la banque digitale et annonce cette semaine la sortie de Hello Bank en Belgique et en Allemagne, puis en France en juin et en Italie à l’automne. Une banque 100% numérique et d’abord conçue pour les smartphones. Les clients n’auront pas de conseillers attitrés mais bénéficieront du soutien de conseillers en ligne, mobilisés également sur les réseaux sociaux pour répondre aux questions et avis. L’offre de produits sera délibérément « simple et peu chère », d’après ce qui a été annoncé à la presse.

Bien que plusieurs banques en ligne soient déjà à cheval sur plusieurs pays, la dimension européenne d’Hello Bank est un élément frappant, bien à l’échelle de BNP Paribas, seule banque aujourd’hui dont le marché domestique couvre plusieurs pays européens. Mais, au-delà, quel est l’intérêt d’Hello Bank ?

Pourquoi les banques paraissent-elles prisonnières d’un système de tarification assez problématique ? Le cas des banques en ligne.

Normalement, le bon sens voudrait que l’on paye ce qu’on consomme de manière courante à prix réel, c’est-à-dire à son coût de revient plus une marge, et ce qu’on consomme de manière accessoire à son coût marginal. Dit plus simplement, je connais et paie le prix réel de ce que j’achète, tandis que les petites dépenses accessoires, comme récupérer un duplicata, souvent dues à un oubli ou à une erreur de ma part, sont très peu chères ou gratuites.