Le modèle de banque ouverte en débat

Depuis janvier dernier, la Seconde Directive sur les services financiers (DSP2) est devenue applicable dans les pays de l’UE, ainsi qu’au Royaume-Uni. Conduira-t-elle à une redéfinition complète des services bancaires ? Beaucoup le pensent. D’autres se montrent plus sceptiques. Trois contributions sur le site Banknxt permettent de camper les éléments du débat.

DSP2 : le sondage qui change tout !?

Adoptée le 8 octobre 2015, la seconde Directive européenne sur les services de paiement entrera en vigueur en janvier 2018. Dès sa publication, les commentaires ont été unanimes : cette Directive devrait susciter une mutation majeure, encourageant la concurrence et l’innovation et permettant notamment aux fintech et à d’autres acteurs de développer de nouveaux services susceptibles de faire largement ombrage aux banques. Cependant, est-ce vraiment ce à quoi nous allons assister dans quelques mois ? Les résultats d’un sondage mené par Accenture Consulting et l’University College Dublin au premier semestre 2016 en Irlande et en Angleterre, récemment remis en lumière, invitent à considérer que les choses pourraient se passer de manière sensiblement différente.

Ce que les agrégateurs et les API peuvent vraiment changer

Cela commence à devenir lassant ! Pas un mois désormais sans que ne sorte un gros rapport sur les disruptions dans la banque, qui annonce en général la même chose que tous ceux qui l’ont précédé. Depuis plus de cinq ans, de même, un flot inlassable d’articles nous assurent que les banques sont gravement menacées et pratiquement fichues, cela ne saurait tarder. Le genre de la banque-catastrophe fait toujours recette ainsi. Mais il peine à se renouveler. De sorte que l’emploi à tort et à travers de mots-valises, comme Ubérisation, finit par agacer ; comme la grande menace des GAFA, invoquée à tout bout de champ. Depuis quelques temps, ce sont les API et les agrégateurs, à partir desquels on nous promet, encore une fois, le grand soir des banques.

Les banques superstore de demain

Nous vous parlons souvent du développement de supermarchés bancaires, ces plateformes en ligne qui vendent des produits financiers de toutes marques. A l’échelle mondiale, une tendance encore plus forte s’affirme : les banques qui vendent de tout, les banques supermarchés. Nous n’y sommes pas tout à fait encore sans doute mais la banque superstore s’installe un peu partout… ailleurs que dans les pays occidentaux ; ce qui ne veut pas dire que ceux-ci y échapperont, au contraire. Comme vous visitez peut-être rarement les sites des banques asiatiques, sud-américaines ou africaines cette tendance a pu vous échapper. Petit tour d’horizon.

L’Open Banque de demain

Le gouvernement britannique, qui vient d’achever une étude de faisabilité à ce propos, parait décidé à obliger les banques à offrir à leurs clients la possibilité de partager leurs propres données bancaires avec d’autres entreprises – notamment des startups fintech – à travers une API standard. Une telle mesure, visant notamment à accroître la transparence sur les tarifs bancaires et donc à forcer les établissements à entrer dans une plus vive compétition au bénéfice des consommateurs, parait défavorable aux banques. Mais une telle obligation jouerait aussi bien un rôle d’accélérateur d’une mutation bancaire de toute manière inévitable.

Pourquoi les banques ont raison de continuer à ouvrir des places de marché qui souvent ne marchent pas et pourquoi, avec Fivory, une banque française se retrouve à la pointe de l’innovation.

Récemment encore, Boursorama s’est lancé dans la vente de voitures d’occasion (Boursoshop), le Crédit Agricole Sud Rhône Alpes a créé Tootici, une plateforme de e-commerce qui privilégie les produits de proximité et le Crédit Agricole Centre Loire a conclu un partenariat avec le Drive Fermier du Berry. Depuis quinze ans, les banques ne cessent d’essayer de vendre, directement ou en tant qu’intermédiaires, autre chose que des produits financiers. Pourtant, à part quelques succès, comme dans la télésurveillance, cela marche en général assez mal. Mais elles insistent. C’est en fait l’une des tendances les plus fortes du secteur bancaire, en France comme à l’étranger, quoique l’une des moins aperçues. Une tendance qui commence néanmoins à produire des solutions très innovantes.

Banques et market places BtoB et BtoC : demain, être seulement une banque ne suffira plus!

Il y a un peu plus de deux mois, nous sommes intervenus lors de la conférence CCM Benchmark « Banque et digital 2014 » sur le thème des banques et des places de marché BtoB et BtoC. Nous avons été surpris par les demandes que cette intervention nous a suscité et nous suscite encore. La question, visiblement, est d’actualité. Nous publions ainsi aujourd’hui, pour nos abonnés, une présentation sur le sujet. Il le mérite bien. Pour les banques, développer en ligne pour leurs clients des solutions de commerce BtoB ou BtoC est une tendance constante depuis plus de dix ans, bien que ces solutions, en général, ne marchent pas ! Mais les choses bougent.

Une banque française qui vend des fruits et légumes, ça pose quelques questions essentielles.

Banque Populaire a créé un portail de vente en ligne de produits agricoles et viticoles : Direct & Bon.

Explications : une part croissante d’agriculteurs cherche à développer leurs ventes en circuits courts. Internet leur permet aujourd’hui de recruter de nouveaux clients et de mieux valoriser leurs productions. Mais rares sont ceux qui ont la formation et le temps nécessaires pour créer eux-mêmes un site de vente en ligne. Pour les aider dans cette démarche, la Banque Populaire, 3ème acteur bancaire du monde agricole, a décidé de mettre à leur disposition un outil performant clé en main.

Ce n’est pas la première fois que ce genre de solution apparait. Il faut dire que l’idée est séduisante : les grandes banques disposent d’une très large base de clientèle fidèle, à laquelle elles peuvent sans doute vendre autre chose que des produits financiers. Par ailleurs, le commerce en ligne ne cesse de croitre et il est déterminant pour les banques d’en capter les flux de paiements. L’idée est donc que les banques développent elles-mêmes ce commerce. Seulement, si l’idée s’impose, est-ce que cela marche ?