Vers une pénurie de crédit sans alternative en zone euro ?

Dans une récent Flash Economie de Natixis (29 mars 2019), Patrick Artus affirme que la désintermédiation des financements sera une conséquence inévitable de l’affaiblissement des banques, si la situation actuelle se poursuit. Il faut entendre par là que les banques seront de moins en moins capables de financer l’économie, de sorte qu’entreprises et particuliers devront se tourner vers d’autres prêteurs… qui pour le présent n’existent quasiment pas !

Apple lance sa carte… et les médias français ont du mal à renouveler leurs analyses…

On ne va pas forcément se faire des amis mais, franchement, on aimerait bien inviter les médias français à renouveler un peu les grilles de lecture qu’ils appliquent à l’actualité bancaire et financière. Parce qu’on ne peut tout simplement plus voir aujourd’hui les choses comme il y a cinq ou dix ans !

Orange Bank : un succès serait vraiment étonnant!

Orange Bank fête son premier anniversaire. Depuis un an, son lancement n’a pas créé le bouleversement du marché bancaire qui était annoncé. Orange Bank n’est pas devenue cet « aiguillon » poussant les banques classiques dans leurs retranchements qu’elle ambitionnait d’être. Néanmoins, peut-être faut-il dire qu’elle ne l’est pas encore devenue. Pour le présent, les pertes d’exploitation sont importantes et le resteront sans doute. Mais Orange parle plutôt d’investissements et, à l’échelle d’un groupe de sa taille, le discours est crédible. Pour autant, dans les conditions actuelles, un fort succès serait étonnant.

Gartner : en 2030, 80% des banques actuelles auront disparu. Pourquoi donc?

On a si souvent annoncé la fin des banques depuis une dizaine d’années que cela commence à devenir lassant. Cette fois, pourtant, la projection de Gartner est intéressante. On est en effet tenté de se dire que ce que le célèbre cabinet de conseil prédit pourrait bien arriver. Mais pour la raison inverse de celle qu’il incrimine ! Cela ne semble pas clair ? Explication.

Quelles sont les banques les plus performantes en France? Trois choses à retenir.

Considérons les résultats d’activité de toutes les banques de détail en France sur la base des documents détaillés qu’elles publient (ce qui, aussi surprenant que cela puisse paraître, n’est pas le cas de toutes, loin de là !). Nous pouvons ainsi suivre sur cinq ans les activités d’une soixantaine d’établissements régionaux (les Caisses locales des groupes mutualistes) ou nationaux (notamment BNP Paribas, le Groupe Société Générale, dont le Groupe Crédit du Nord ou HSBC France, pour leur activité de banque de détail en France). Tentons ainsi de nous faire une idée des établissements les plus performants sur 5 ans (2013-2017) à travers quelques indicateurs clés. Vous allez le voir, les résultats sont aussi cohérents que surprenants.

Performances des banques françaises depuis dix ans. Quelques indicateurs clés contre dix idées reçues.

Pour les banques françaises dans l’ensemble, la décennie 2007-2017 n’a pas vraiment été bonne. La croissance du PNB des principaux groupes bancaires a été en moyenne inférieure (8%) à l’inflation cumulée (13%). Leur ROE a été pratiquement divisé par deux. Et la capitalisation des groupes cotés a en moyenne fondu d’un tiers. Toutefois, pour interpréter ces résultats, mieux vaut se méfier de certaines idées reçues tenaces.

Comment BBVA s’internationalise à travers l’écosystème fintech

Dans son Rapport annuel 2017, BBVA présente sa politique vis-à-vis des fintechs et le dispositif qu’il a bâti en conséquence. Un ensemble de démarches que l’on retrouve désormais chez beaucoup d’autres établissements mais par rapport auxquelles BBVA a été précurseur et qu’il déploie surtout – cela reste fort original – à une échelle mondiale, au-delà de ses propres marchés. Ou comment une banque espagnole de taille moyenne à l’échelle européenne est en train de gagner une envergure digitale globale. Quelle banque française, de ce point de vue, pourrait-elle lui être comparée ?

Que faire de Fidor?

Acquise par BPCE en juillet 2016, la néobanque allemande Fidor n’a été lancée en France qu’en juin dernier sous une version qui ne propose même pas de services financiers et avec une discrétion qui n’a pas manqué d’attirer l’attention. Selon Le Monde, de mauvaises surprises (des placements risqués et des pertes devant être compensées en conséquence) chez sa filiale auraient beaucoup refroidi l’enthousiasme de BPCE. Mais cette dernière semble surtout hésiter quant au modèle de développement que Fidor doit adopter. Ce qui recouvre une question intéressante : que peut être une « nouvelle banque » aujourd’hui ?