A ce stade, seuls BNP Paribas, BPCE, le Crédit Agricole et la Société Générale ont publié des chiffres suffisamment détaillés pour établir un premier bilan de leur collecte de dépôts en 2012. Or ce bilan est contrasté.

L’année dernière, BNP Paribas, le Crédit Agricole et la Société Générale ont vu leur total de dépôts baisser, respectivement de -1%, -4% et -0,8%.  Pour BPCE, en revanche, le montant des dépôts a augmenté de 7,2%. Pour les trois premiers établissements, la baisse concerne surtout les pensions mais, par ailleurs :

  • les soldes en comptes courant créditeurs baissent chez BNP Paribas, BPCE et au Crédit Agricole. Ils augmentent à la Société Générale.
  • Les comptes à terme baissent chez BNP Paribas et à la Société Générale. Ils augmentent au Crédit Agricole et chez BPCE (+12,5%).
  • L’épargne sur livrets réglementés augmente partout mais pas avec la même vigueur : BNPP +11%, BPCE : 10%, Crédit Agricole : 2%, Société Générale : 15%.

Comment expliquer ces différences ? Certes, pour les comptes à terme, les offres se différencient en fonction des conditions proposées et cela peut expliquer les écarts entre établissements. Une rémunération « boostée » jusqu’à 5% voire 6% (en fait limitée à 3 ou 4 mois), des comptes à terme très liquides et sans frais d’entrée, sont bien sûr attirants, comme en a témoigné le succès de l’offre Zesto de RCI en 2012. En revanche, pour les comptes courants créditeurs et l’épargne réglementée, les offres sont très similaires d’un établissement à l’autre. Dès lors, il semble bien que c’est une plus grande efficacité commerciale des réseaux de distribution qui peut expliquer, au moins en partie, que BNP Paribas et la Société Générale collectent nettement plus d’épargne réglementée que BPCE ou le Crédit Agricole. Toutefois, comment expliquer réciproquement que ces deux dernières banques s’en tirent globalement mieux que les deux premières, notamment sur les comptes à terme ?

Ici, un autre élément entre en jeu : la taille des réseaux d’agences, qui n’explique pas tout sans doute mais dont l’importance ne saurait être négligée – surtout alors que certains annoncent la disparition inéluctable et prochaine de la plupart des agences classiques… Aux USA, la corrélation a pu être nettement établie : plus l’implantation des banques est importante et ancienne, plus les dépôts collectés sont importants. Cela bénéficie aux plus grands établissements actuellement, alors même que ce sont ceux qui proposent les conditions les moins avantageuses (voir notamment Dan Geller The size avantage in deposit pricing, BAI, Feb 22, 2013).

Cela souligne finalement une singularité française par rapport à d’autres pays : nos banques les plus importantes à l’échelle internationale ne sont pas celles qui disposent de la plus large assise sur leur marché domestique et réciproquement. Or, comme l’indiquent les performances en matière de collecte de dépôts ci-dessus, cela est sans doute un élément de fragilité dans le contexte des nouvelles dispositions réglementaires.

Guillaume ALMERAS/Score Advisor

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