Il est parfaitement normal de se tromper et lorsque des bouleversements surviennent, au point d’inviter à envisager le changement quasi total d’une activité, comme cela aura été le cas des activités bancaires ces dix dernières années, il est non seulement normal, il est inévitable que des prévisions se révèlent erronées et que des offres ne trouvent pas leur public. Rétrospectivement, il est alors intéressant de considérer ce qui a pu fausser les attentes et générer des déceptions.

Attention, parler de « fausses attentes » et de « déceptions », ce n’est justement pas parler d’erreurs. En fait, dans la plupart des cas, il se sera surtout agi d’exagérations et d’impatience. Le cas du paiement sans contact l’illustre bien. Car bien sûr qu’il se développe. Mais pas au rythme qui était attendu. Et loin de combler des attentes irrépressibles au sein du public, comme certains ont pu le soutenir, il a généré des craintes, ainsi qu’une certaine défiance, que l’on retrouve aujourd’hui avec la disparition envisagée des espèces ; auxquelles on a tendance à sous-estimer l’attachement.

On a toujours trop tendance à considérer que ce qui est nouveau est moderne et donc attrayant. Dans le cas de la digitalisation des titres restaurants, par exemple, cela a cependant conduit à négliger les pratiques réelles. Et l’on n’est pas assez sensible à l’exaspération que le numérique peut également susciter !

agence-bancaire-demain-futur

C’est que l’on compte sur les plus jeunes – eux, au moins, estime-t-on, n’auront pas les craintes et les hésitations de leurs aînés. Que n’a-t-on pas ainsi attendu des Millenials en fait de bouleversements des usages ? Voici pourtant déjà la Génération Z, dont les comportements ne sont pas assimilables.

th-609x359-corse-banque-de-demain-entreprendre-pour-apprendre.jpg

Avec les Millenials, les réseaux sociaux, estimait-on, allaient tout changer. Très vite, pourtant – on pourra lire ici un article de 2013 – les banques se demandèrent ce qu’elles pouvaient exactement en attendre… Quant au traitement massif des données, vers lequel on se tourna au même moment, tout le monde n’a pas encore réalisé qu’il ne suffit pas à lui seul à animer un marché – le « Big Data bourrin » est encore bien présent.

Enfin, dans les attentes que l’on prête au public, l’effet de loupe des médias joue inévitablement. Ceux-ci – c’est leur rôle – soulignent ce qui est innovant, ce qui crée du changement. Dans certains cas, cela peut donner une image assez éloignée de la réalité. Dans une certaine mesure, cela aura été le cas pour la finance participative en France – où l’on aura par ailleurs tardé à prendre conscience des dérives qu’elle connaissait ailleurs.

Maintenant, nous ne voudrions surtout pas que cette série d’articles donne l’impression que nous estimons avoir toujours eu raison avant tout le monde ! C’est pourquoi nous redonnons à lire ces articles sans corrections, avec leurs excès et leurs approximations, dans la mesure où ils nous paraissent néanmoins toujours intéressants et même, pour la plupart, d’actualité.

Score Advisor

Bookmark and Share