Nous venons d’actualiser notre cartographie internationale des startups fintech les plus connues, les plus importantes (en taille et en levées de fonds) et les plus innovantes dans le domaine des services financiers ; des marchés financiers aux transferts d’argent, de l’épargne en ligne aux supermarchés bancaires, du crowdlending au PFM et du Big Data au micro-lending. Ces critères ont permis de retenir 280 startups, parmi lesquelles 120 font l’objet d’une présentation détaillée.

Il s’agit de la version actualisée d’une étude publiée en septembre 2014 qui distinguait 101 startups plutôt que 120. En un peu plus de six mois, cependant, beaucoup de nouvelles solutions sont apparues. On assiste aujourd’hui à une véritable floraison de startups fintech. On en comptait 248, de tous pays, en 2013. Elles étaient 1 042 fin 2014. Dans ce contexte, cinq grandes tendances apparaissent qui, portées aujourd’hui par des startups de plus en plus nombreuses, transformeront sans doute profondément les services financiers dès demain.

1/ Le trading social et les robo-advisors. Les opérations de marchées rendues accessibles à tous, souvent sous un mode participatif et la gestion de portefeuilles automatisée, s’ouvrant elle aussi au plus grand nombre.

2/ Les outils de Personal Finance Management évoluant vers l’assistance personnelle, notamment en termes de gestion de budget, de maitrise des dépenses et d’épargne avec, ici encore, le développement de solutions automatisées.

3/ De nouveaux modes d’accompagnement des entreprises, surtout les plus petites : solutions nouvelles de paiement et de financement, outils permettant le développement de clientèle, plateformes de e-commerce ou de facturation et de règlement BtoB, solutions d’affacturage en ligne et crowdlending.

4/ Vis-à-vis des entreprises, comme des particuliers, on conçoit désormais que les offres bancaires se développent à partir d’un socle associant un outil de PFM et un ou des moyens de paiement. L’expérience client devient ainsi l’élément premier.

5/ Autre élément déterminant : ouverture de compte, scoring et mise à disposition d’une ligne de crédit prédéfinie tendent à devenir indissociables et instantanés.

Au-delà, d’autres évolutions potentiellement majeures se dessinent, les blockchains notamment, ainsi que des solutions collaboratives capables de révolutionner paiements et transferts internationaux.

currency cloud

Cette floraison de solutions et d’acteurs nouveaux condamne-t-elle les banques à disparaître à un terme plus ou moins proche ? On oppose sans doute trop facilement startups fintech vs banques, comme si les premières allaient inévitablement remplacer les dernières. Cependant, beaucoup de startups n’auront sans doute d’autres choix que de vendre leurs solutions aux banques et beaucoup, en fait, ne semblent viser rien d’autre d’ores et déjà. Tout un écosystème est ainsi en train de se constituer aujourd’hui qui, aux banques, associe des startups partenaires aussi bien que concurrentes. Et au sein de cette « fintechosphère » les contours de la banque de demain se laissent désormais assez nettement deviner.

La banque de demain dispensera à ses clients un accompagnement de plus en plus personnalisé et, pour cela, aura recours à des solutions de plus en plus automatisées – l’automatisation signifiant désormais non le traitement de masse mais la capacité technique à prendre en compte les cas particuliers. A cet égard, les banques ouvriront l’accès à leurs propres systèmes de gestion à travers des interfaces de programmation applicative, les APIS, qui permettront à leurs clients de customiser leurs services à leur usage – la banque as a service.

La banque de demain, ainsi, suivra de plus en plus les styles de vie et ses services, notamment de paiement, s’intégreront de plus à plus aux objets d’usage quotidien, des mobiles aux consoles de jeu.

Liée aux styles de vie, la banque de demain mettra directement en contact ses clients : prêteurs et emprunteurs, fournisseurs et clients, commerces et acheteurs. Elle bâtira des réseaux privilégiés de vente et d’affiliation, de prêts et d’emprunts, par rapport auxquels particuliers et entreprises devront être envisagés comme un tout.

Les banques ne sont donc pas menacées par quelques startups. Pour elles, la menace est surtout de ne pas saisir les évolutions en cours.

Guillaume ALMERAS/Score Advisor

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