Au second semestre 2013, les banques françaises devraient lancer une solution de paiement de factures directement en ligne ou sur mobile (voir un peu plus tard sur les GAB). Cette solution se nomme Sépamail et elle réunit BNP Paribas, le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel-CIC, la Société Générale, ainsi que BPCE, à l’origine du projet.

En matière de billing, les banques françaises accusent un sérieux retard par rapport aux banques de nombreux autres pays, ce qui a poussé les grands facturiers (EDF, les opérateurs téléphoniques, etc.) à privilégier le prélèvement automatique depuis des années. De sorte que le succès de Sépamail n’est nullement assuré.

Pourquoi en traiter particulièrement alors ?

Par rapport aux solutions de billing étrangères et dans le contexte bancaire actuel, Sépamail est singulier car c’est une messagerie, mise à disposition des clients des banques pour véhiculer des documents, comme des factures dématérialisées, à l’instar de simples courriers électroniques. Différentes options sont à cet égard disponibles, comme l’envoi d’une demande de règlement avec justificatif (Rubis). Sépamail est une messagerie sécurisée qui utilise le BIC et l’IBAN comme identifiants, de sorte qu’elle permet le contact avec la quasi-totalité des particuliers et des entreprises, dès lors qu’elle rallie, en réseau, dès le départ, les plus grandes banques. Sépamail est un système de « virements d’information », auquel pourront être jointes, en plus des paiements, des solutions d’archivage, d’exploitation et de classement, de financement. En somme, en BtoB et à travers l’échange non seulement de factures et de paiement mais également des actes commerciaux qui les accompagnent (contrats, justificatifs, relevés, etc.), Sépamail pourrait permettre de régler à travers un processus entièrement dématérialisé ce qui aujourd’hui transite par la Poste, tout en facilitant et en renforçant les fonctions classiques de paiement et de financement des banques. C’est une toute nouvelle dimension des usages bancaires qui apparaît ainsi et c’est pour cette raison que nous nous intéressons à Sépamail depuis maintenant plusieurs années .

Actuellement, nous l’avons signalé dans un précédent billet, l’évolution des relations bancaires tend à se concentrer sur les interfaces proposés en ligne et sur mobile, promis à devenir les premiers et plus fréquents points de contact entre les banques et leurs clients. Parce que se connecter à sa banque devra permettre plus que consulter ses soldes en comptes, les fonctions et commodités que proposeront les banques à travers ces interfaces digitaux seront décisives et c’est dans ce cadre que Sépamail pourrait trouver toute sa mesure. Toutefois, rien n’est encore vraiment annoncé en ce sens. Le projet doit à présent être intégré dans un cadre plus large. En somme, tout reste à faire…

Guillaume ALMERAS/Score Advisor

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