Les surprises de la conquête clients des banques françaises

Selon McKinsey, le développement de nouveaux acteurs fintech et l’entrée des géants de l’internet dans les activités financières pourraient provoquer, d’ici 2025, une chute de 10% à 40% des revenus dans les secteurs les plus menacés des activités bancaires, particulièrement la banque de détail pour les particuliers, soit de 20% à 60% des profits générés par ces métiers.

Bien sûr, de telles perspectives sont trop vagues pour être vraiment discutées mais il est intéressant de souligner que l’acquisition de nouveaux clients est particulièrement retenue en l’occurrence parmi les atouts des acteurs fintech – car souscrire à leur service est très simple. Pas plus qu’avec les banques en ligne cependant qui, depuis dix ans, n’ont pourtant pas conquis plus de 7% des comptes bancaires. Peut-être faut-il dès lors regarder les choses d’un peu plus près.

Des solutions originales en finance participative (VI) : Metro Bank et Zopa, l’avenir du prêt P2P en question

Dans un précédent billet, nous avons souligné quelle menace une plateforme de crowdlending de la taille du LendingClub est à même de représenter pour les banques. Nous avons également signalé que la plupart des banques n’ont sans doute pas encore exactement pris conscience de cette menace. Celle-ci trouve cependant une première réponse avec l’accord que Metro Bank et Zopa ont conclu il y a quelques mois.

Fidélisation des clients : ce que les banques peuvent retenir des compagnies aériennes

Jusqu’à très récemment, les banques ont suivi un objectif prioritaire d’ouvertures de comptes. Il n’est désormais plus exclusif. Une prise de conscience – également récente, aussi surprenant que cela puisse paraître – quant à la multi-bancarisation majoritaire de leurs clients et quant à la faible rentabilité unitaire de beaucoup d’entre eux, pousse désormais les banques à développer leurs formules de fidélisation. Et, à cet égard, si les banques ont longtemps suivi les grands détaillants, c’est avec les compagnies aériennes que les comparaisons sont désormais pour elles les plus intéressantes.

Innovations bancaires : quoi de neuf ?

Le Groupe BPCE s’intéresse aux Google Glass. Les Caisses d’épargne y voient d’abord un outil commode de capture de documents avant stockage dans le coffre-fort électronique qu’elles proposent. Les Banques populaires tentent plutôt de s’en servir pour enrichir l’expérience d’achat et y développer la consultation de compte et les virements. Les Caisses d’épargne prennent les Google Glass sous une direction particulière : la gestion de documents dématérialisés, qui transforme la notion même de compte et de services bancaires. Les Banques populaires adaptent leur offre courante à un outil nouveau qui n’est même pas encore commercialisé. Les Caisses d’épargne innovent et les Banques populaires ont des chances d’être prêtes quand les Google Glass seront devenues d’un usage courant, si elles le deviennent mais quand les offres bancaires, elles, pourraient bien avoir beaucoup changé.

En 2014, la banque sur mobile trouvera-t-elle une véritable utilité ?

2013 aura été d’une certaine façon l’année du mobile dans les banques. Les meilleurs experts l’annonçaient : le mobile allait très rapidement devenir le canal dominant des relations bancaires, surtout chez les générations X et Y. Pour Brett King, le gourou de la « Banque 2. 0. », c’était une évidence : les transactions sur mobile et celles réalisées dans les agences seraient dans un rapport de 300 à 1 dès 2016 et, dès 2014, la génération Y ne communiquerait plus à 80% avec une banque qu’à travers le mobile. Nous en sommes encore très loin !

Vers la banque intégrée

Les banques ont depuis longtemps réalisé qu’elles pouvaient vendre aux PME d’autres choses que des produits et services financiers : des offres dérivées, complémentaires, qui profitent des relations de confiance tissées avec leurs clients. Ce mouvement s’accentue aujourd’hui, prend des formes de plus en plus diverses et devient un axe stratégique majeur.

L’avenir de la banque de détail s’invente en Province

Par les temps moroses qui courent, il serait opportun de se rendre compte que la banque de détail est l’une des grandes réussites françaises. Certes, un certain discours « antibanques » s’est généralisé depuis le début de la crise, qui confond allègrement banque de proximité et banque de marché et qui ne permet guère de le faire entendre facilement. Mais, surtout, pour le voir, il convient de plonger un peu dans les liasses fiscales – s’intéresser notamment au résultat courant avant impôt, avant éléments exceptionnels et avant reprises de provisions, qui donne la meilleure mesure de la rentabilité intrinsèque des établissements. Et puis, il faut dépasser la notion de groupe. Il faut aller en Province – c’est-à-dire, essentiellement, au niveau des banques mutualistes régionales.

Quels genres de clients veulent les banques ?

La question peut paraitre incongrue. Les banques s’adressent à toutes sortes de clientèles et se flattent d’ouvrir le plus grand nombre de comptes, sans distinction. Mais n’y a-t-il pas certains types de clients qu’elles préfèrent ? Pour le savoir, il suffit de se référer aux profils individuels qu’elles mettent en avant, plus que dans leurs publicités encore, dans leurs plaquettes et sur leurs sites. Certes, toutes ne présentent pas des visuels personnalisés. Les grandes banques italiennes et anglaises y ont bien moins recours que les grandes banques espagnoles et allemandes. En France, comme aux USA, cela varie d’un établissement à l’autre : BofA le fait bien plus que Capital One et les Banques populaires bien moins que les Caisses d’épargne. Quoi qu’il en soit, il est intéressant d’examiner les visages des banques. On s’aperçoit alors qu’elles veulent toutes les mêmes clients et qu’elles veulent également que leurs personnels leur ressemblent à ce point qu’on ne puisse pratiquement pas les distinguer. Petit tour d’horizon.

Une banque française qui vend des fruits et légumes, ça pose quelques questions essentielles.

Banque Populaire a créé un portail de vente en ligne de produits agricoles et viticoles : Direct & Bon.

Explications : une part croissante d’agriculteurs cherche à développer leurs ventes en circuits courts. Internet leur permet aujourd’hui de recruter de nouveaux clients et de mieux valoriser leurs productions. Mais rares sont ceux qui ont la formation et le temps nécessaires pour créer eux-mêmes un site de vente en ligne. Pour les aider dans cette démarche, la Banque Populaire, 3ème acteur bancaire du monde agricole, a décidé de mettre à leur disposition un outil performant clé en main.

Ce n’est pas la première fois que ce genre de solution apparait. Il faut dire que l’idée est séduisante : les grandes banques disposent d’une très large base de clientèle fidèle, à laquelle elles peuvent sans doute vendre autre chose que des produits financiers. Par ailleurs, le commerce en ligne ne cesse de croitre et il est déterminant pour les banques d’en capter les flux de paiements. L’idée est donc que les banques développent elles-mêmes ce commerce. Seulement, si l’idée s’impose, est-ce que cela marche ?