Quand le gouvernement anglais oblige les banques à référer leurs clients à des plateformes de financement alternatif

Le 1er novembre 2016, le gouvernement britannique a lancé un Bank Referral Scheme ou Programme de référencement bancaire obligeant désormais les banques qui refusent un crédit à des PME à référer celles-ci à des plateformes susceptibles de les aider à trouver des financements alternatifs. Cette orientation que d’autres pays adopteront sans doute – les instances réglementaires européennes s’étant notamment jusqu’ici montrées très réceptives aux initiatives bancaires développées outre-Manche – pourrait marquer à terme un vrai bouleversement du paysage bancaire.

Réinventer les agences? L’étrange vogue des agences bancaires sur roues

Le phénomène s’est développé discrètement ces dernières années : les agences bancaires sont devenues mobiles ; du bloc d’automates transportable à l’algeco que l’on déplace, en passant par le camion aménagé. Ce n’est pas un phénomène massif, bien sûr, mais il est assez général pour être surprenant. Qu’est-ce qui peut bien pousser les banquiers à prendre la route ?

Et si les banques en ligne décollaient vraiment?

A l’occasion de la fin d’année, les pronostics 2015 qui ont été formulés pour les banques françaises avaient un air certain de déjà vu. En gros, face à l’invasion numérique et face à la menace que les grands de l’internet et les fintech ne viennent chasser sur leurs terres, les banques doivent contre-attaquer. 2015 devrait être ainsi l’année des banques pure players en ligne et sur mobile. On disait pratiquement la même chose il y a cinq ans !

Certes, plusieurs banques en ligne pure players étaient en pertes fin 2013 et le resteront visiblement fin 2014. Certes, les banques en ligne ne concentrent que 7% des comptes courants et à peine plus de 2% des Français ont leur compte principal chez l’une d’elles. Toutes ensembles, les banques en ligne françaises ne séduisent que 2 millions de clients, contre 2,8 millions en Italie et 12 millions en Allemagne et Autriche réunies. Mais un compte courant sur trois s’ouvre désormais chez une banque en ligne et l’année 2015, sûrement, sera la bonne, nous assure-t-on. Et si l’on regardait les choses d’un peu plus près ?

En 2015, les banques françaises découvriront-elles les Peer Reviews?

Lorsqu’on a un peu trop souvent du mal à équilibrer son budget. Lorsqu’on a l’impression de dépenser trop dans un domaine. Lorsqu’on voudrait économiser un peu plus sans y arriver, on se pose inévitablement la question : comment font les autres ? Les Peer Reviews ont justement pour objet d’y répondre, en indiquant comment en moyenne gèrent leur budget ceux qui nous ressemblent en termes de revenus, de situation géographique ou familiale, etc. Dans les pays anglo-saxons, notamment, les banques les développent volontiers et le public les demande. Pourquoi, dès lors, les banques françaises les ignorent-elles à peu près totalement ?

Vers la banque intégrée

Les banques ont depuis longtemps réalisé qu’elles pouvaient vendre aux PME d’autres choses que des produits et services financiers : des offres dérivées, complémentaires, qui profitent des relations de confiance tissées avec leurs clients. Ce mouvement s’accentue aujourd’hui, prend des formes de plus en plus diverses et devient un axe stratégique majeur.

Tenir compte de la multibancarisation.

Dans notre avant-dernier billet, nous avons souligné que les données disponibles invitent à considérer que la multibancarisation (être client de deux banques ou plus) concerne au moins une majorité de Français et qu’en même temps, le churn ou taux de perte de clients reste faible (de 3% à 3,5% par an en moyenne). Les Français, en d’autres termes, s’ils quittent peu leur banque, n’en ouvrent pas moins d’autres comptes ailleurs, avec une tendance à spécialiser les établissements en fonction de leurs différentes offres. Un couple, ainsi, aura son compte principal dans une banque et les comptes d’épargne de ses enfants dans une autre, tandis qu’il ouvrira encore un compte dans une troisième pour profiter d’une offre spéciale : un livret d’épargne attractif, un abonnement de télésurveillance, … Au simple vu du nombre de clients qu’enregistrent les banques, il faut croire qu’une telle situation est commune. Pourtant, on n’en tient pas assez compte.

La fin des moyens de paiement est programmée. Et donc…

En matière de paiement, deux tendances fortes invitent, poussées à leur terme, à imaginer la disparition des espèces et, plus généralement, des moyens de paiement (cartes, chèques, billets et pièces, …). Ces deux perspectives n’ont plus rien d’utopique, même s’il reste difficile de leur fixer une échéance. Dès lors, sur quoi doivent travailler les banques, dont l’une des principales fonctions est – mais il faudra de plus en plus dire « était » – de distribuer ces moyens de paiement ?

Comment gérer sa présence sur les réseaux sociaux ? Une question dépassée.

Il y a un peu moins d’un an, nous publiions une étude sur Dix stratégies percutantes de banques sur les réseaux sociaux. La question était alors de savoir comment les banques pouvaient gérer au mieux leur insertion dans ce nouvel univers et comment elles pouvaient y rentabiliser leur présence.

Depuis, les choses ont beaucoup évolué, ce qui nous a conduits à remanier complètement et à étoffer largement notre étude. Car, aujourd’hui, la question n’est plus de savoir ce que les banques doivent faire avec les réseaux sociaux mais en quoi les réseaux sociaux changent profondément les banques.