Centricité clients : ce qu’on peut retenir de la Casden

Au sein des Banques populaires, vous connaissez sans doute la Casden, la Caisse d’Aide Sociale de l’Education Nationale ; une banque coopérative pour les profs (et les personnels de la Recherche), qu’on dirait faite par des profs (mais c’est pratiquement le cas). Bref, un objet financier hybride difficilement comparable aux autres établissements. A moins que…

Des solutions originales en finance participative (III) : le crowdfunding innove au niveau local. Clearbon et la Slow Money

La finance participative semble désormais s’engager dans deux directions très différentes. Selon la première, elle devient de plus en plus globale et se rationalise. Selon la seconde, elle privilégie un ancrage local et s’efforce d’y servir des intérêts de portée sinon sociale, au moins générale. Dans un précédent billet, nous avons présenté Look&Fin, qui illustre bien la première orientation. Sous la perspective de la seconde, nous nous attacherons ici à parler d’une startup particulièrement intéressante : Clearbon.

Les Enjeux des WAI de BNP Paribas

BNP Paribas a eu la bonne idée de nous convier à l’inauguration du premier WAI (« We Are Innovation ») à Paris, espace dédié aux start-up. Il s’ouvre en même temps qu’un second WAI à Massy-Saclay.

Le symbole du programme dédié à l’innovation « Innov & Connect », initiateur de ces 2 WAI et dont l’objectif est d’accompagner 150 start-up sur 3 ans, est une fusée…celle de Paris compte 6 étages, situés boulevard Poissonnière. La « Chasse aux gazelles(1) » est donc ouverte : cette inauguration a lieu 3 jours après celle de PLAYER, « incubateur de l’innovation collective » parrainé par la Société Générale et quelques mois après celle du « Village by CA » du groupe Crédit Agricole.

Dans un contexte où les banques courtisent de plus en plus les entreprises innovantes, les différences entre elles se jouent sur 3 questions : Comment ? Pour quoi ? Pour qui ?

Comment BNP Paribas tente, de manière originale, de jouer un rôle leader dans l’innovation

En quelques années, BNP Paribas a mis sur pieds un dispositif assez complet d’accompagnement et de soutien aux startups et à leurs créateurs. Il vaut la peine de le décrire en détail car, à travers ce dispositif, la banque développe un positionnement aussi original (nous ne lui connaissons pas d’équivalent international) que finalement peu remarqué.

Quel avenir pour Le Village by CA, l’incubateur du Crédit Agricole? (MAJ : la réaction du Crédit Agricole)

La question peut paraître saugrenue alors que Le Village n’a pas encore fêté sa première année. Elle ne doit en tous cas nullement laisser entendre qu’il s’agit d’un échec car c’est vraiment tout le contraire ! Une pépinière en plein cœur de Paris, capable d’accueillir jusqu’à 100 startups (plus d’une cinquantaine aujourd’hui) ayant moins de 36 mois d’existence et qui devrait prochainement trouver plusieurs prolongements en Province avec les Caisses régionales du Crédit Agricole. D’emblée, Le Village a été conçu avec ce qu’il faut appeler un grand respect de l’esprit d’innovation, privilégiant l’envie des créateurs plus que leurs business plans et se voulant laboratoire et non pas label ; se définissant comme une « zone de frottements constructifs », entre jeunes pousses, monde de la banque et des partenaires aussi variés que Bearing Point, Microsoft ou Sanofi. Pourquoi, cependant, le prix « Innovation et mutualisme », créé par la Caisse locale Paris Concorde du Crédit Agricole d’Ile-de-France pour récompenser les locataires du Village, ayant récemment été décerné à la startup Mille Pépites, donne-t-il fortement l’impression que quelque chose manque ?

Le développement de l’Impact Financing va changer le métier de banquier

L’expression anglaise « Impact Financing » n’a pas encore trouvée une traduction française communément acceptée. Parlons donc de « Finance d’impact » en attendant ; ce qui est flou certes mais pas beaucoup plus qu’en anglais. Quoi qu’il en soit, si le terme est vague, sa réalité se précise de plus en plus. Il s’agit de conjuguer investissements et financements bancaires avec leurs impacts positifs d’un point de vue environnemental, social ou de gouvernance (ESG). Pour les fonds d’investissement et les banques, il s’agit ainsi non seulement de tenir compte de l’impact sociétal de leurs financements mais encore d’en rendre compte aux prêteurs. Avec le soutien des pouvoirs publics, l’approche est en train de se généraliser et le métier de banquier en sera assez profondément transformé.

Quand les banques françaises font le pari de la solidarité.

Cela peut paraître anecdotique mais, sur le site du Crédit Agricole Brie Picardie, on trouve une page « J’ai un coup dur ». Il n’y a rien là de très bouleversant : la page indique simplement la marche à suivre pour que la banque se porte caution locative, pour puiser dans son épargne de précaution ou pour faire jouer ses assurances. Cependant, le regroupement de telles démarches, vis-à-vis desquelles on attend effectivement une assistance rapide et sans faille de sa banque, est assez intéressant. Avec son titre un peu dramatique (« j’ai un coup dur »), la page souligne la proximité et la réactivité vis-à-vis des clients et cela marque une tendance assez forte aujourd’hui au sein des banques françaises. Une tendance qui recouvre elle-même un choix stratégique décisif.

Et si les banques en ligne décollaient vraiment?

A l’occasion de la fin d’année, les pronostics 2015 qui ont été formulés pour les banques françaises avaient un air certain de déjà vu. En gros, face à l’invasion numérique et face à la menace que les grands de l’internet et les fintech ne viennent chasser sur leurs terres, les banques doivent contre-attaquer. 2015 devrait être ainsi l’année des banques pure players en ligne et sur mobile. On disait pratiquement la même chose il y a cinq ans !

Certes, plusieurs banques en ligne pure players étaient en pertes fin 2013 et le resteront visiblement fin 2014. Certes, les banques en ligne ne concentrent que 7% des comptes courants et à peine plus de 2% des Français ont leur compte principal chez l’une d’elles. Toutes ensembles, les banques en ligne françaises ne séduisent que 2 millions de clients, contre 2,8 millions en Italie et 12 millions en Allemagne et Autriche réunies. Mais un compte courant sur trois s’ouvre désormais chez une banque en ligne et l’année 2015, sûrement, sera la bonne, nous assure-t-on. Et si l’on regardait les choses d’un peu plus près ?

En 2015, les banques françaises découvriront-elles les Peer Reviews?

Lorsqu’on a un peu trop souvent du mal à équilibrer son budget. Lorsqu’on a l’impression de dépenser trop dans un domaine. Lorsqu’on voudrait économiser un peu plus sans y arriver, on se pose inévitablement la question : comment font les autres ? Les Peer Reviews ont justement pour objet d’y répondre, en indiquant comment en moyenne gèrent leur budget ceux qui nous ressemblent en termes de revenus, de situation géographique ou familiale, etc. Dans les pays anglo-saxons, notamment, les banques les développent volontiers et le public les demande. Pourquoi, dès lors, les banques françaises les ignorent-elles à peu près totalement ?

Hello Bank et les Médians.

Ce ne sera donc pas une révolution ! En plus d’un an, Hello Bank a séduit 101 000 clients en France et 42 000 en Italie. Des chiffres de recrutement brut comparables à ceux des banques en ligne, avec un investissement publicitaire élevé de même niveau. Les clients sont plus nombreux en Belgique (365 000) mais Hello Bank y a bénéficié de l’offre jeune de BNP Paribas Fortis, ainsi qu’en Allemagne (283 000), où Hello Bank s’est appuyée sur Cortal Consors, avec qui elle va d’ailleurs fusionner. A ce stade, il n’y a donc pas eu de ruée et, bien qu’il soit déjà prêt d’être atteint (791 000 clients sur les quatre pays à ce stade), Hello Bank ne relève pas son objectif d’1,4 million de clients en 2017 (dont 65% n’étant pas déjà clients de BNP Paribas ; ils sont environ 50% aujourd’hui).

D’emblée, nous l’avions souligné, le choix de lancer une banque unicanale, à part de BNP Paribas et sous une marque propre pouvait paraître assez étrange. Mais, depuis, Hello Bank a clairement été inscrite dans le périmètre de BNP Paribas, notamment en termes d’offres. Ensuite, lors d’une conférence de presse donnée mercredi dernier, les responsables d’Hello Bank ont parfaitement justifié leur choix de laisser vivre d’une vie propre, pour mieux observer son développement et en tirer tous les enseignements, une nouvelle banque porteuse de challenges importants : un lancement simultané sur quatre pays, une première, des offres conçues directement sur mobile, une banque unicanale positionnée comme banque principale pour des clients eux-mêmes actifs et en mouvement. Un positionnement attentif que l’on peut se permettre quand on est BNP Paribas et qui, de fait, aura ménagé une vraie surprise.