Faut-il facturer l’utilisation du guichet des agences ?

Certaines grandes banques américaines ont commencé à le faire. Bank of America avait ainsi proposé un compte courant sans frais mensuels, à condition de ne pas utiliser les guichets du tout – les clients s’en sont plaint néanmoins et la formule a été suspendue en août dernier.

On a tendance à considérer que ces mesures entérinent la fin des agences et veulent pousser les clients à accélérer leur passage sur les autres canaux avant fermeture. Mais sans doute est-ce un peu plus subtil.

La bourse ne croit plus aux banques

Savez-vous ce qu’est le « béta » d’une action ? C’est un coefficient qui mesure la volatilité d’un titre par rapport à un cours de référence. Un béta de 0.5 par rapport au CAC 40, par exemple, indique que lorsque le CAC varie de 1%, le titre connait une évolution moitié moindre en moyenne. Plus son béta est faible, plus une action est « défensive », plus elle représente un placement refuge face aux à-coups du marché. Ceci posé, savez-vous quelles sont les valeurs du CAC 40 dont les béta sont les plus élevés en cette rentrée 2013 ? Ce sont toutes les financières avec dans l’ordre : Natixis (un béta de 1,49), Axa (1,58), BNP Paribas (1,81), Crédit Agricole (1,82), Société Générale (2,04). En 2005, le béta du Crédit Agricole était à 1,03, celui de BNP Paribas à 1,05 et celui de la Société Générale à 1,1. Qui l’aurait cru ? En moins de dix ans, les valeurs financières sont devenues les plus volatiles de l’indice parisien. L’observation peut paraître anecdotique. Elle est pourtant essentielle et semble témoigner d’une évolution structurelle et non seulement conjoncturelle : le marché ne croit plus aux banques ! Que s’est-il donc passé ?

Quels genres de clients veulent les banques ?

La question peut paraitre incongrue. Les banques s’adressent à toutes sortes de clientèles et se flattent d’ouvrir le plus grand nombre de comptes, sans distinction. Mais n’y a-t-il pas certains types de clients qu’elles préfèrent ? Pour le savoir, il suffit de se référer aux profils individuels qu’elles mettent en avant, plus que dans leurs publicités encore, dans leurs plaquettes et sur leurs sites. Certes, toutes ne présentent pas des visuels personnalisés. Les grandes banques italiennes et anglaises y ont bien moins recours que les grandes banques espagnoles et allemandes. En France, comme aux USA, cela varie d’un établissement à l’autre : BofA le fait bien plus que Capital One et les Banques populaires bien moins que les Caisses d’épargne. Quoi qu’il en soit, il est intéressant d’examiner les visages des banques. On s’aperçoit alors qu’elles veulent toutes les mêmes clients et qu’elles veulent également que leurs personnels leur ressemblent à ce point qu’on ne puisse pratiquement pas les distinguer. Petit tour d’horizon.

Un point sur l’évolution des réseaux d’agences bancaires à ce stade

En France, les transactions en agence baissent en moyenne de 9% par an. Aux USA, elles ont baissé de 25% en 5 ans, passant de 10 200 transactions en moyenne par agence à 7 600 par mois. Dans un contexte multicanal, la question du rôle et même de l’avenir des agences bancaires est posée.

C’est un sujet difficile : les transactions baissent certes mais 95% des ouvertures de compte ont toujours lieu en agence ; lesquelles ne sont pas désertées mais voient plutôt une part croissante de leur clientèle perdre l’habitude de s’y rendre fréquemment. On peut comprendre dès lors qu’à ce stade peu d’établissements aient encore vraiment pris le problème à bras-le-corps.

Vanitas ! Une curieuse et suggestive initiative de Bank of America.

Bank of America veut pousser les jeunes à davantage épargner pour leur retraite. Aux USA, en effet, la moitié des 18-29 ans ne s’en soucient absolument pas. Sur la base d’une étude menée à Stanford, BOA/Merrill Edge (avec la société spécialisée ModiFace) a lancé en décembre 2012 une application pour mobile Face Retirement qui vieillit nos traits et permet de se voir plus âgé, à l’âge de la retraite. Cela doit nous rendre plus sages…

Une banque française qui vend des fruits et légumes, ça pose quelques questions essentielles.

Banque Populaire a créé un portail de vente en ligne de produits agricoles et viticoles : Direct & Bon.

Explications : une part croissante d’agriculteurs cherche à développer leurs ventes en circuits courts. Internet leur permet aujourd’hui de recruter de nouveaux clients et de mieux valoriser leurs productions. Mais rares sont ceux qui ont la formation et le temps nécessaires pour créer eux-mêmes un site de vente en ligne. Pour les aider dans cette démarche, la Banque Populaire, 3ème acteur bancaire du monde agricole, a décidé de mettre à leur disposition un outil performant clé en main.

Ce n’est pas la première fois que ce genre de solution apparait. Il faut dire que l’idée est séduisante : les grandes banques disposent d’une très large base de clientèle fidèle, à laquelle elles peuvent sans doute vendre autre chose que des produits financiers. Par ailleurs, le commerce en ligne ne cesse de croitre et il est déterminant pour les banques d’en capter les flux de paiements. L’idée est donc que les banques développent elles-mêmes ce commerce. Seulement, si l’idée s’impose, est-ce que cela marche ?

Demain, les PME passeront-elles par leurs banques pour externaliser leurs activités ?

Depuis plusieurs années, maintenant, les banques sont devenues des prestataires de services externalisés auprès d’une large clientèle d’entreprises, qu’il s’agisse de proposer à ces dernières : – des solutions de paiement intégrées (ex : le chèque outsourcing service d’HSBC). – Le financement, l’assurance et la gestion du poste clients. Ex : Banque Palatine ou Teotys (Crédit…