Les banques superstore de demain

Nous vous parlons souvent du développement de supermarchés bancaires, ces plateformes en ligne qui vendent des produits financiers de toutes marques. A l’échelle mondiale, une tendance encore plus forte s’affirme : les banques qui vendent de tout, les banques supermarchés. Nous n’y sommes pas tout à fait encore sans doute mais la banque superstore s’installe un peu partout… ailleurs que dans les pays occidentaux ; ce qui ne veut pas dire que ceux-ci y échapperont, au contraire. Comme vous visitez peut-être rarement les sites des banques asiatiques, sud-américaines ou africaines cette tendance a pu vous échapper. Petit tour d’horizon.

La Caisse d’épargne Lorraine Champagne-Ardenne présente l’agence de demain d’il y a cinq ans!

A l’occasion du lancement de sa nouvelle agence « 100% innovante » de Metz-Pompidou, la CELCA diffuse un film de présentation qui ressemble beaucoup à ceux que produisait par exemple Bradesco il y a quelques années : dans un décor moderniste, le tout-tactile y apparaît comme un argument de poids pour faire revenir les clients dans les agences. Ces dernières années, un certain nombre de banques ont rapidement cessé de croire que si les écrans dont chacun dispose aujourd’hui vident les agences, c’est en équipant celles-ci d’écrans à tout-va que les clients vont continuer à les fréquenter ! On pouvait donc croire que la plupart des établissements s’étaient convaincus que, dans un univers multicanal, si l’agence a un sens, c’est en cultivant la dimension humaine, à travers une redéfinition claire de ce que les clients peuvent trouver là et nulle part ailleurs et la mise en avant d’un accompagnement expert, dont les clients soulignent justement de plus en plus les manques. On pouvait le croire, mais ce n’est apparemment pas le cas et cela pose sérieusement la question de la pérennité des réseaux d’agences bancaires.

La fin des moyens de paiement est programmée. Et donc…

En matière de paiement, deux tendances fortes invitent, poussées à leur terme, à imaginer la disparition des espèces et, plus généralement, des moyens de paiement (cartes, chèques, billets et pièces, …). Ces deux perspectives n’ont plus rien d’utopique, même s’il reste difficile de leur fixer une échéance. Dès lors, sur quoi doivent travailler les banques, dont l’une des principales fonctions est – mais il faudra de plus en plus dire « était » – de distribuer ces moyens de paiement ?

Bradesco présente la banque de demain… et s’égare dans le futur

La banque brésilienne Bradesco vient d’ouvrir à São Paulo l’agence de demain – une Next Branch, conçue par l’agence de design Y Dreams.

A l’intérieur, un aménagement futuriste, des murs-écrans tactiles à profusion, des interfaces biométriques – Bradesco a été dès 2006 l’un des grands pionniers en ce domaine, comptant aujourd’hui 10 millions d’utilisateurs – des automates sans carte et, à l’accueil, un gentil petit robot.

Une banque française qui vend des fruits et légumes, ça pose quelques questions essentielles.

Banque Populaire a créé un portail de vente en ligne de produits agricoles et viticoles : Direct & Bon.

Explications : une part croissante d’agriculteurs cherche à développer leurs ventes en circuits courts. Internet leur permet aujourd’hui de recruter de nouveaux clients et de mieux valoriser leurs productions. Mais rares sont ceux qui ont la formation et le temps nécessaires pour créer eux-mêmes un site de vente en ligne. Pour les aider dans cette démarche, la Banque Populaire, 3ème acteur bancaire du monde agricole, a décidé de mettre à leur disposition un outil performant clé en main.

Ce n’est pas la première fois que ce genre de solution apparait. Il faut dire que l’idée est séduisante : les grandes banques disposent d’une très large base de clientèle fidèle, à laquelle elles peuvent sans doute vendre autre chose que des produits financiers. Par ailleurs, le commerce en ligne ne cesse de croitre et il est déterminant pour les banques d’en capter les flux de paiements. L’idée est donc que les banques développent elles-mêmes ce commerce. Seulement, si l’idée s’impose, est-ce que cela marche ?