Taux négatifs : quels impacts pour les banques et leurs clients?

En septembre 2014, le taux de rémunération des dépôts au jour le jour des banques auprès de la BCE est passé à -0,20 %. Les banques doivent donc payer pour placer leurs liquidités auprès de la BCE. L’Euribor et l’Eonia sont devenus négatifs. D’après Bloomberg, plus du quart des emprunts d’Etat dans le monde (dont la France pour une fraction de sa dette) affichent désormais un rendement négatif. Pour les banques, tout cela pourrait avoir des conséquences considérables.

La Caisse d’Epargne innove (vraiment) à Nuits-Saint-Georges

La Caisse d’épargne Bourgogne Franche Comté a récemment lancé un nouveau modèle d’agence, un concept store, à Nuits-Saint-Georges. Plutôt discrète, l’initiative pourrait presque passer inaperçue. Pourtant, alors que la plupart des banques françaises ont aujourd’hui arrêté les premières orientations d’évolution de leurs réseaux d’agences, l’approche de la CEBFC est particulièrement intéressante.

Quelles sont les banques de détail françaises les plus performantes?

C’est un constat récurrent au fil des années : les meilleures rentabilités, dans la banque de détail, sont une question de juste mesure, de mix entre plusieurs indicateurs. Elles ne s’acquièrent pas à travers des valeurs extrêmes, en plus ou en moins, qu’il s’agisse de PNB, de distribution de crédits ou de réduction de charges, notamment salariales. Autant dire que la situation propre à chaque établissement relève au sens fort du management. C’est pourquoi il ne faut pas parler seulement de rentabilité mais bien de performance.

Livret A connecté : une petite innovation qui annonce un grand bouleversement?

Cela n’a fait l’objet que d’un bref communiqué dans la presse : les Caisses d’épargne lancent le Livret A connecté, une formule permettant à plusieurs personnes d’alimenter un même livret à travers une tirelire électronique. Simple solution technique permettant un service supplémentaire ? Petite innovation dans l’air du temps ? A moins qu’il ne s’agisse de bien plus que ça…

La Caisse d’épargne Lorraine Champagne-Ardenne présente l’agence de demain d’il y a cinq ans!

A l’occasion du lancement de sa nouvelle agence « 100% innovante » de Metz-Pompidou, la CELCA diffuse un film de présentation qui ressemble beaucoup à ceux que produisait par exemple Bradesco il y a quelques années : dans un décor moderniste, le tout-tactile y apparaît comme un argument de poids pour faire revenir les clients dans les agences. Ces dernières années, un certain nombre de banques ont rapidement cessé de croire que si les écrans dont chacun dispose aujourd’hui vident les agences, c’est en équipant celles-ci d’écrans à tout-va que les clients vont continuer à les fréquenter ! On pouvait donc croire que la plupart des établissements s’étaient convaincus que, dans un univers multicanal, si l’agence a un sens, c’est en cultivant la dimension humaine, à travers une redéfinition claire de ce que les clients peuvent trouver là et nulle part ailleurs et la mise en avant d’un accompagnement expert, dont les clients soulignent justement de plus en plus les manques. On pouvait le croire, mais ce n’est apparemment pas le cas et cela pose sérieusement la question de la pérennité des réseaux d’agences bancaires.

Fidélisation des clients : ce que les banques peuvent retenir des compagnies aériennes

Jusqu’à très récemment, les banques ont suivi un objectif prioritaire d’ouvertures de comptes. Il n’est désormais plus exclusif. Une prise de conscience – également récente, aussi surprenant que cela puisse paraître – quant à la multi-bancarisation majoritaire de leurs clients et quant à la faible rentabilité unitaire de beaucoup d’entre eux, pousse désormais les banques à développer leurs formules de fidélisation. Et, à cet égard, si les banques ont longtemps suivi les grands détaillants, c’est avec les compagnies aériennes que les comparaisons sont désormais pour elles les plus intéressantes.

Les nouvelles facettes de la désintermédiation : l’amorçage des startups, avec et sans les banques. Entretien avec Xavier Milin.

C’est avec Xavier Milin que nous poursuivons notre enquête sur la désintermédiation bancaire, c’est-à-dire le fait, pour des entreprises, d’accéder au crédit ou à des financements directs, sans passer par des banques. On parle également en ce sens de « débancarisation ».

Ancien Directeur Administratif et Financier du groupe SAGE(1), Xavier Milin est  intervenu, à ce titre, dans la reprise de plusieurs dizaines d’entreprises. S’appuyant sur ces expériences, il a créé Basics Finance, société spécialisée en accompagnement dans la gestion financière d’entreprises (DAF à temps partagé…). Il accompagne des startups, notamment FinTech, au travers de plusieurs structures d’incubation, de financement et des business angels dont, entre autres, Dauphine Business Angels, Paris&Co et le Start-up Leardership Program. Ce denier, dont Xavier Milin en est l’un des cofondateurs, apporte son aide à des entrepreneurs au travers de formations et du mentorat.

Cet entretien apporte un double éclairage sur les nouvelles facettes de la désintermédiation. D’une part sur les nouvelles tendances de désintermédiation (nées des startup Fintech), d’autre part sur l’intérêt de la désintermédiation dans le financement de l’amorçage des start-up.

Quelles stratégies pour les objets connectés?

Les objets connectés sont à la mode. Et les prévisions annoncent qu’ils représenteront un marché de 500 millions € en France dès 2016, qu’on en comptera 4,9 milliards dans le monde dès cette année et 30 milliards en 2020. La seule certitude est que les objets connectés vont se répandre. A un horizon sans doute nettement plus long que ce qu’on imagine (c’est une loi du genre), ils deviendront probablement d’un usage courant, quotidien.

Les banques n’ont pas tardé à s’intéresser à ces nouveaux objets et d’abord aux Google Glasses. Néanmoins, Google ayant récemment annoncé le quasi abandon de ces dernières, l’intérêt s’est aujourd’hui reporté sur les montres connectées, les autres objets (les casques de réalité virtuelle par exemple) sollicitant moins l’imagination ; quoiqu’en Australie, Heritage Bank ait annoncé le lancement d’un costume dont l’une des manches sera équipée d’une puce de paiement.

A quoi a-t-on affaire en l’occurrence : à de simples gadgets ou à de vraies stratégies d’innovation ?

Ces banques françaises qui innovent mais ne tiennent pas trop à ce que cela se sache!

C’est un phénomène bien français que l’on rencontre chez un certain nombre de banques : lancer quelque chose de nouveau mais sans que cela se voit trop. Nous l’avions déjà signalé à propos de la plateforme Spear. Parmi bien d’autres exemples, les jeux et surtout le développement de la vidéo sur les sites des établissements, en fournissent une autre illustration patente et assez problématique car si c’est là une tendance nette – beaucoup de banques ont créé leur chaine YouTube désormais – il n’est pas sûr que vous vous en soyez rendu compte ! Petit tour d’horizon.

La Caisse d’épargne Loire Centre bouscule la communication bancaire

Nous le répétons souvent : en France, la banque de détail s’invente aujourd’hui surtout en Province. C’est parmi les banques mutualistes régionales, en effet, que l’on trouve souvent les innovations les plus intéressantes. La Caisse d’épargne Loire Centre en fournit un bon exemple, en adoptant sur son site une présentation tout à fait nouvelle pour une banque.

Quand les banques françaises font le pari de la solidarité.

Cela peut paraître anecdotique mais, sur le site du Crédit Agricole Brie Picardie, on trouve une page « J’ai un coup dur ». Il n’y a rien là de très bouleversant : la page indique simplement la marche à suivre pour que la banque se porte caution locative, pour puiser dans son épargne de précaution ou pour faire jouer ses assurances. Cependant, le regroupement de telles démarches, vis-à-vis desquelles on attend effectivement une assistance rapide et sans faille de sa banque, est assez intéressant. Avec son titre un peu dramatique (« j’ai un coup dur »), la page souligne la proximité et la réactivité vis-à-vis des clients et cela marque une tendance assez forte aujourd’hui au sein des banques françaises. Une tendance qui recouvre elle-même un choix stratégique décisif.

Les principales banques françaises commencent à perdre des clients.

La tendance était déjà nette fin 2013 et les premières estimations 2014 la confirment : toutes ensemble, les principales banques de détail françaises perdent des clients, tandis qu’entre elles des divergences fortes commencent à apparaître quant aux gains et pertes de clientèle, ce qui n’était guère le cas jusqu’ici. Petit tour d’horizon.

Tradeshift, la première startup qui distance vraiment les banques.

Cela fait des années que nous le soulignons : la dématérialisation représente un axe majeur de l’évolution des paiements et, partant, des activités bancaires. Toutefois, la plupart des banques ont beaucoup de mal à le comprendre. Une place aurait pu ainsi leur revenir en ce domaine, qu’occupe désormais une startup créée en 2010 au Danemark, qui est aujourd’hui le réseau BtoB qui connait la plus forte croissance au monde : Tradeshift.

La jeune pousse PayTop invente… euh… rien!

En France, on aime bien les startups en général et les jeunes pousses financières en particulier. Récemment, la presse présentait ainsi très favorablement Paytop, un établissement de paiement spécialisé dans les transferts internationaux d’argent, lancé par le fond Truffle Capital et l’ancien ministre de l’Economie numérique Eric Besson, avec le soutien de la BPI/Oséo.

paytop

Innovations bancaires : quoi de neuf ?

Le Groupe BPCE s’intéresse aux Google Glass. Les Caisses d’épargne y voient d’abord un outil commode de capture de documents avant stockage dans le coffre-fort électronique qu’elles proposent. Les Banques populaires tentent plutôt de s’en servir pour enrichir l’expérience d’achat et y développer la consultation de compte et les virements. Les Caisses d’épargne prennent les Google Glass sous une direction particulière : la gestion de documents dématérialisés, qui transforme la notion même de compte et de services bancaires. Les Banques populaires adaptent leur offre courante à un outil nouveau qui n’est même pas encore commercialisé. Les Caisses d’épargne innovent et les Banques populaires ont des chances d’être prêtes quand les Google Glass seront devenues d’un usage courant, si elles le deviennent mais quand les offres bancaires, elles, pourraient bien avoir beaucoup changé.

Pourquoi les banques se laissent-elles distancer par Dropbox?

A partir de 2005, en France, un certain nombre de banques ont lancé des solutions de coffre fort numérique ; une offre vis-à-vis de laquelle elles pensaient pouvoir bénéficier d’un fort capital de confiance chez leurs clients et qui rencontra pourtant un échec. En septembre 2013, les Caisses d’épargne ont relancé la formule avec un coffre fort numérique « intelligent ». Un million d’utilisateurs sont visés d’ici 2015 – le même nombre que Digiposte, la solution de la Poste, aujourd’hui – ce qui représente une perspective mesurée, alors qu’internet est devenu le premier canal d’accès et d’interaction des clients avec leur banque.

Pourquoi les coffres forts numériques proposés par les banques ne marchent-ils pas mieux ?

L’avenir des automates bancaires, la crise et le travail au noir

Les presque 59 000 automates (Guichets et Distributeurs automatiques de billets) que les banques ont installés en France représentent l’un des éléments les plus importants du mobilier urbain – on en compte moins que de feux-rouges mais plus que d’abribus ! Ils sont devenus à ce point omniprésents dans nos villes qu’on ne les remarque presque plus. Les banques même tiennent-elles pleinement compte qu’ils représentent leurs premières vitrines, les points de contact avec leurs clients les plus utilisés ? Et que, justement, nos contact les plus fréquents et répétés avec notre banque passent souvent par l’automate d’une autre ? Comment s’étonner ensuite que les offres des banques tendent à toutes se confondre aux yeux du public !

Tenir compte de la multibancarisation.

Dans notre avant-dernier billet, nous avons souligné que les données disponibles invitent à considérer que la multibancarisation (être client de deux banques ou plus) concerne au moins une majorité de Français et qu’en même temps, le churn ou taux de perte de clients reste faible (de 3% à 3,5% par an en moyenne). Les Français, en d’autres termes, s’ils quittent peu leur banque, n’en ouvrent pas moins d’autres comptes ailleurs, avec une tendance à spécialiser les établissements en fonction de leurs différentes offres. Un couple, ainsi, aura son compte principal dans une banque et les comptes d’épargne de ses enfants dans une autre, tandis qu’il ouvrira encore un compte dans une troisième pour profiter d’une offre spéciale : un livret d’épargne attractif, un abonnement de télésurveillance, … Au simple vu du nombre de clients qu’enregistrent les banques, il faut croire qu’une telle situation est commune. Pourtant, on n’en tient pas assez compte.

Pourquoi le Crédit Agricole Brie Picardie est-il la banque la plus performante de France ?

Malgré une mauvaise année 2012 pour beaucoup d’établissements et une année 2013 qui ne sera pas non plus très réjouissante, la banque de détail en France se porte bien et affiche une solide rentabilité. Il n’est pas inutile de le souligner, alors qu’on la répute volontiers aujourd’hui en perte de vitesse, lestée par ses agences désertées et alors qu’on la somme d’accélérer son passage à la banque à distance et sur mobile.

Quels genres de clients veulent les banques ?

La question peut paraitre incongrue. Les banques s’adressent à toutes sortes de clientèles et se flattent d’ouvrir le plus grand nombre de comptes, sans distinction. Mais n’y a-t-il pas certains types de clients qu’elles préfèrent ? Pour le savoir, il suffit de se référer aux profils individuels qu’elles mettent en avant, plus que dans leurs publicités encore, dans leurs plaquettes et sur leurs sites. Certes, toutes ne présentent pas des visuels personnalisés. Les grandes banques italiennes et anglaises y ont bien moins recours que les grandes banques espagnoles et allemandes. En France, comme aux USA, cela varie d’un établissement à l’autre : BofA le fait bien plus que Capital One et les Banques populaires bien moins que les Caisses d’épargne. Quoi qu’il en soit, il est intéressant d’examiner les visages des banques. On s’aperçoit alors qu’elles veulent toutes les mêmes clients et qu’elles veulent également que leurs personnels leur ressemblent à ce point qu’on ne puisse pratiquement pas les distinguer. Petit tour d’horizon.

Frais, tarifs : ce que les banques françaises ne disent pas (et ce qui n’est pas non plus ce que vous vous attendez sans doute à lire)

On décrie actuellement beaucoup les tarifs des banques et on accuse particulièrement celles-ci d’abuser de « frais cachés ». On regarde avec suspicion même le fait que les chargés de clientèle soient commissionnés sur la réalisation d’objectifs commerciaux. Mais on souligne rarement, voire jamais, que la banque est sans doute le commerce de masse où l’on peut le plus négocier les tarifs des services et produits et que c’est là un rôle déterminant que remplissent les chargés de clientèle en agence. Cela n’est guère étonnant car si ce rôle est effectivement déterminant, très peu d’éléments permettent de l’évaluer et beaucoup d’établissements d’ailleurs ne le cernent que très approximativement.

L’accord des banques anglaises sur le mobile, Sépamail en France : deux initiatives stratégiques majeures passées pratiquement inaperçues

Quel est l’enjeu stratégique le plus important pour les banques de détail ces cinq prochaines années ? A suivre la presse spécialisée, sans doute le mobile banking ou le big data. Pourtant ceux-ci semblent d’une certaine façon conditionnés par une question plus déterminante, dont on parle étrangement peu : les banques vont-elles parvenir à donner une nouvelle dimension aux systèmes interbancaires de paiement ?

Certes, formulé ainsi, le sujet a l’air particulièrement rébarbatif ! Alors, oublions les flots de littérature actuellement produits sur le big data et le mobile banking et tentons de présenter les choses de la manière la plus claire possible.