Tenir compte de la multibancarisation.

Dans notre avant-dernier billet, nous avons souligné que les données disponibles invitent à considérer que la multibancarisation (être client de deux banques ou plus) concerne au moins une majorité de Français et qu’en même temps, le churn ou taux de perte de clients reste faible (de 3% à 3,5% par an en moyenne). Les Français, en d’autres termes, s’ils quittent peu leur banque, n’en ouvrent pas moins d’autres comptes ailleurs, avec une tendance à spécialiser les établissements en fonction de leurs différentes offres. Un couple, ainsi, aura son compte principal dans une banque et les comptes d’épargne de ses enfants dans une autre, tandis qu’il ouvrira encore un compte dans une troisième pour profiter d’une offre spéciale : un livret d’épargne attractif, un abonnement de télésurveillance, … Au simple vu du nombre de clients qu’enregistrent les banques, il faut croire qu’une telle situation est commune. Pourtant, on n’en tient pas assez compte.

Pourquoi le Crédit Agricole Brie Picardie est-il la banque la plus performante de France ?

Malgré une mauvaise année 2012 pour beaucoup d’établissements et une année 2013 qui ne sera pas non plus très réjouissante, la banque de détail en France se porte bien et affiche une solide rentabilité. Il n’est pas inutile de le souligner, alors qu’on la répute volontiers aujourd’hui en perte de vitesse, lestée par ses agences désertées et alors qu’on la somme d’accélérer son passage à la banque à distance et sur mobile.

La bourse ne croit plus aux banques

Savez-vous ce qu’est le « béta » d’une action ? C’est un coefficient qui mesure la volatilité d’un titre par rapport à un cours de référence. Un béta de 0.5 par rapport au CAC 40, par exemple, indique que lorsque le CAC varie de 1%, le titre connait une évolution moitié moindre en moyenne. Plus son béta est faible, plus une action est « défensive », plus elle représente un placement refuge face aux à-coups du marché. Ceci posé, savez-vous quelles sont les valeurs du CAC 40 dont les béta sont les plus élevés en cette rentrée 2013 ? Ce sont toutes les financières avec dans l’ordre : Natixis (un béta de 1,49), Axa (1,58), BNP Paribas (1,81), Crédit Agricole (1,82), Société Générale (2,04). En 2005, le béta du Crédit Agricole était à 1,03, celui de BNP Paribas à 1,05 et celui de la Société Générale à 1,1. Qui l’aurait cru ? En moins de dix ans, les valeurs financières sont devenues les plus volatiles de l’indice parisien. L’observation peut paraître anecdotique. Elle est pourtant essentielle et semble témoigner d’une évolution structurelle et non seulement conjoncturelle : le marché ne croit plus aux banques ! Que s’est-il donc passé ?

Mettre leurs clients en réseau, un nouvel eldorado pour les banques ?

L’idée est simple : les grandes banques ont beaucoup de clients, souvent très fidèles. Si elles arrivaient à faire qu’ils se parlent et entrent régulièrement en contact, ce serait un argument de fidélisation de poids. Et s’ils faisaient des affaires ensemble, ce pourrait être de plus une manière de capter de nouveaux flux.

La profitabilité des banques françaises en question. Une intéressante comparaison internationale.

Dans le classement établi par Fortune au premier semestre 2012 des 20 banques ayant la plus importante capitalisation boursière mondiale, on ne trouvait que deux européennes, dont une seule appartenant à la zone € (Santander). On ne trouvait aucune banque française :

On comptait en revanche trois banques australiennes, ce qui est assez remarquable pour un pays de 22 millions d’habitants.

Qu’est-ce qui explique l’excellence de ces trois établissements australiens, si on les compare aux trois premières banques françaises cotées ?

L’accord des banques anglaises sur le mobile, Sépamail en France : deux initiatives stratégiques majeures passées pratiquement inaperçues

Quel est l’enjeu stratégique le plus important pour les banques de détail ces cinq prochaines années ? A suivre la presse spécialisée, sans doute le mobile banking ou le big data. Pourtant ceux-ci semblent d’une certaine façon conditionnés par une question plus déterminante, dont on parle étrangement peu : les banques vont-elles parvenir à donner une nouvelle dimension aux systèmes interbancaires de paiement ?

Certes, formulé ainsi, le sujet a l’air particulièrement rébarbatif ! Alors, oublions les flots de littérature actuellement produits sur le big data et le mobile banking et tentons de présenter les choses de la manière la plus claire possible.