Colbert 2. 0. : la relocalisation pour les ploucs !

Quiconque connait un peu les problématiques de l’outsourcing sait bien que cela fait quelques années déjà qu’on ne croit plus aux vertus miracles des délocalisations. L’attrait des bas salaires, en effet, s’est révélé n’être souvent qu’un leurre. En 2011, une enquête menée auprès de 70 sociétés américaines ayant recours à l’infogérance montrait que, si un objectif d’économie de 30% des dépenses informatiques avait souvent été fixé au départ, on constatait plutôt dans les faits une économie moyenne de 15% au cours des 18 premiers mois et, à échéance du contrat, un surcoût de 30% par rapport à un service comparable et bien géré en interne.

Pour réussir, l’outsourcing doit viser un gain de productivité, c’est-à-dire un mix où le coût du travail est mis en correspondance avec les compétences et l’efficacité réelles, ainsi qu’avec les investissements nécessaires. Réussir un tel mix n’est rien de simple. C’est d’abord une affaire de maturité.

Sur ces bases, le Président Obama a lancé un programme de « reshoring », fondé par ailleurs sur des éléments nouveaux et déterminants : la baisse du coût du travail, ainsi que des prix de l’énergie et de l’immobilier aux USA ; dans un contexte où les coûts logistiques internationaux se tendent, tandis que ceux de production augmentent dans les pays émergents.

En France, Arnaud Montebourg a voulu lancer un programme similaire. De quels avantages compétitifs nouveaux dispose-t-il pour le faire ? La question est évidemment assez cruciale. Elle semble cependant avoir peu préoccupé la Direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services qui, avec l’aide d’excellents experts, vient de mettre sur pied le logiciel Colbert 2. 0. Lancé lundi dernier, il s’agit d’un programme qui doit permettre aux PME d’évaluer l’opportunité d’une relocalisation de leurs activités en France.

Réalités de l’outsourcing/insourcing aux USA

C’est une attitude bien française ! Dès lors qu’un sujet économique est encore mal défriché, dès lors qu’il gêne ou dérange, on n’hésite pas à invoquer – pour le recommander ou le décrier  –  ce qu’il se passe aux USA. En France, quel que soit le domaine, les USA sont d’emblée réputés avoir plusieurs années d’avance, ainsi qu’une approche beaucoup plus directe et franche des réalités. Tel est notamment le cas aujourd’hui pour l’externalisation, que les entreprises américaines, croit-on, pratiqueraient largement et sans complexes. Un récent rapport produit pour le Congrès invite néanmoins fortement à en douter (James K. Jackson Outsourcing and Insourcing jobs in the US Economy: evidence based on foreign investment data, Congressional Research Service, May 10, 2012).

Demain, les PME passeront-elles par leurs banques pour externaliser leurs activités ?

Depuis plusieurs années, maintenant, les banques sont devenues des prestataires de services externalisés auprès d’une large clientèle d’entreprises, qu’il s’agisse de proposer à ces dernières : – des solutions de paiement intégrées (ex : le chèque outsourcing service d’HSBC). – Le financement, l’assurance et la gestion du poste clients. Ex : Banque Palatine ou Teotys (Crédit…

Un état des lieux de l’externalisation des métiers (BPO) dans les banques françaises.

Faudrait-il arrêter de parler « d’externalisation » pour en considérer pleinement les enjeux déterminants ? C’est la question qu’amènent à poser les pratiques des banques françaises en la matière.

Les banques françaises sont beaucoup plus engagées qu’on ne le croit dans l’externalisation de leurs métiers (ou BPO) ; qu’il s’agisse de leurs opérations de marché ou de la gestion de leurs crédits. Mais les banques françaises, plutôt qu’à des délocalisations, ont bien davantage recours à des regroupements d’activités entre elles (des banques deviennent les prestataires de services d’autres banques), à des partenariats (la Banque postale l’illustre bien) ou même à des solutions de place (le GIE Carte Bleu). A travers de telles solutions, on assiste aujourd’hui à une véritable redistribution industrielle bancaire, particulièrement sensible dans certains domaines (l’Asset management ainsi) mais qui est en fait générale.