Nestor, une « néo-banque » qui laisse perplexe

La mutuelle d’assurance MAIF a annoncé le lancement grand public, en novembre prochain, de Nestor, un agrégateur de comptes. Il s’agira donc d’une appli offrant la possibilité de regrouper et de suivre tous les comptes bancaires dont on dispose et qui fournira une assistance à leur gestion, telles que des alertes sur découvert. Il n’y a rien là de nouveau, puisque c’est ce que proposent les outils de Personal Finance Management (PFM) de jeunes pousses, comme Bankin’, ou d’établissements comme Boursorama (Nestor devrait d’ailleurs utiliser la solution Linxo, déjà présente notamment chez Fortunéo). Mais c’est le choix, par la MAIF, d’entrer sur le marché bancaire à partir d’une telle solution qui est innovant – ou plutôt qui pourrait l’être.

Eviter le Big Data bourrin!

Ces dernières années ont vu l’émergence du Big Data, pour le moment essentiellement à travers des cookies qui scrutent nos activités en ligne. Vous venez de consulter ou d’acheter un article sur un site ? Sur les autres sites que vous consultez ensuite, vous retrouvez, en bandeau publicitaire, le même article ou d’autres plus ou moins similaires. Sur le Net, nous sommes devenus des produits ! Sous forme de données, tout ce qu’on y fait est recueilli et vendu à des sociétés commerciales. Le but du Big Data est de parvenir à définir des offres personnalisées qui collent aux attentes et aux besoins des clients. Mais on subit plutôt un marketing particulièrement bourrin. Un marketing de masse avec lequel, comme pour les spams, la diffusion de messages est d’autant plus soutenue que les retours sont faibles. Avec, en plus, la sensation d’être espionné en permanence. Comment faire autrement ?

Orange lance sa banque. Quelle drôle d’idée!

Il y a quelques jours, les pays de l’Union du Maghreb Arabe ont créé une banque commune d’investissement et de commerce extérieur, la BMICE, dont la création avait été décidée en… 1991 et les statuts signés en 2006. Une banque née avec 25 ans de retard donc. La banque Orange évoque un peu la même chose. On croirait un projet du début des années 2000, quand tout le monde voulait se lancer dans la banque, qui ne serait réalisé qu’aujourd’hui. Mais autant, pour la BMICE, mieux vaut tard que jamais, autant, dans le cas d’Orange, on a envie de demander si c’est vraiment sérieux ! Car qui attend une nouvelle banque aujourd’hui ?

Et si les banques en ligne décollaient vraiment?

A l’occasion de la fin d’année, les pronostics 2015 qui ont été formulés pour les banques françaises avaient un air certain de déjà vu. En gros, face à l’invasion numérique et face à la menace que les grands de l’internet et les fintech ne viennent chasser sur leurs terres, les banques doivent contre-attaquer. 2015 devrait être ainsi l’année des banques pure players en ligne et sur mobile. On disait pratiquement la même chose il y a cinq ans !

Certes, plusieurs banques en ligne pure players étaient en pertes fin 2013 et le resteront visiblement fin 2014. Certes, les banques en ligne ne concentrent que 7% des comptes courants et à peine plus de 2% des Français ont leur compte principal chez l’une d’elles. Toutes ensembles, les banques en ligne françaises ne séduisent que 2 millions de clients, contre 2,8 millions en Italie et 12 millions en Allemagne et Autriche réunies. Mais un compte courant sur trois s’ouvre désormais chez une banque en ligne et l’année 2015, sûrement, sera la bonne, nous assure-t-on. Et si l’on regardait les choses d’un peu plus près ?

Pourquoi les banques paraissent-elles prisonnières d’un système de tarification assez problématique ? Le cas des banques en ligne.

Normalement, le bon sens voudrait que l’on paye ce qu’on consomme de manière courante à prix réel, c’est-à-dire à son coût de revient plus une marge, et ce qu’on consomme de manière accessoire à son coût marginal. Dit plus simplement, je connais et paie le prix réel de ce que j’achète, tandis que les petites dépenses accessoires, comme récupérer un duplicata, souvent dues à un oubli ou à une erreur de ma part, sont très peu chères ou gratuites.