Quand le gouvernement anglais oblige les banques à référer leurs clients à des plateformes de financement alternatif

Le 1er novembre 2016, le gouvernement britannique a lancé un Bank Referral Scheme ou Programme de référencement bancaire obligeant désormais les banques qui refusent un crédit à des PME à référer celles-ci à des plateformes susceptibles de les aider à trouver des financements alternatifs. Cette orientation que d’autres pays adopteront sans doute – les instances réglementaires européennes s’étant notamment jusqu’ici montrées très réceptives aux initiatives bancaires développées outre-Manche – pourrait marquer à terme un vrai bouleversement du paysage bancaire.

L’agence pour les riches ne marche pas!

Début 2014, nous posions la question : la banque de demain sera-t-elle surtout pour les riches ? Soulignant qu’il s’agit là d’une orientation assez nette chez plusieurs établissements anglo-saxons, nous doutions qu’elle représente une orientation très pertinente. De fait, HSBC vient d’annoncer la fermeture prochaine de son agence Premier à Poole (Dorset). Une agence créée en 2007 qui, unique en son genre, était réservée aux gens aisés.

Et si les banques s’engageaient davantage sur la protection de la vie privée?

En 2011, le député vert allemand Malte Spitz a longuement bataillé avec son opérateur téléphonique pour récupérer l’ensemble des données le concernant. L’ensemble a été publié par Die Zeit. On y trouvait le moindre détail de ses déplacements et appels. Et alors ?, demanderont sans doute beaucoup de gens, qui estiment n’avoir après tout rien à cacher et qui se préoccupent peu que leur vie privée soit étalée sur les réseaux sociaux ou puisse être suivie par leur opérateur téléphonique, leur banque, voire même par quelque officine gouvernementale ! Le problème, cependant, n’est pas là et c’est une question dont les banques, à l’instar d’autres acteurs, comme Orange avec son projet de recherche Data for Development, devraient particulièrement se soucier. Douglas Flint, le Chairman d’HSBC, a récemment appelé à un débat public sur la propriété et l’usage des données personnelles. Dans l’attente, d’autres pistes apparaissent.

Quand les banques françaises font le pari de la solidarité.

Cela peut paraître anecdotique mais, sur le site du Crédit Agricole Brie Picardie, on trouve une page « J’ai un coup dur ». Il n’y a rien là de très bouleversant : la page indique simplement la marche à suivre pour que la banque se porte caution locative, pour puiser dans son épargne de précaution ou pour faire jouer ses assurances. Cependant, le regroupement de telles démarches, vis-à-vis desquelles on attend effectivement une assistance rapide et sans faille de sa banque, est assez intéressant. Avec son titre un peu dramatique (« j’ai un coup dur »), la page souligne la proximité et la réactivité vis-à-vis des clients et cela marque une tendance assez forte aujourd’hui au sein des banques françaises. Une tendance qui recouvre elle-même un choix stratégique décisif.

Et si les banques en ligne décollaient vraiment?

A l’occasion de la fin d’année, les pronostics 2015 qui ont été formulés pour les banques françaises avaient un air certain de déjà vu. En gros, face à l’invasion numérique et face à la menace que les grands de l’internet et les fintech ne viennent chasser sur leurs terres, les banques doivent contre-attaquer. 2015 devrait être ainsi l’année des banques pure players en ligne et sur mobile. On disait pratiquement la même chose il y a cinq ans !

Certes, plusieurs banques en ligne pure players étaient en pertes fin 2013 et le resteront visiblement fin 2014. Certes, les banques en ligne ne concentrent que 7% des comptes courants et à peine plus de 2% des Français ont leur compte principal chez l’une d’elles. Toutes ensembles, les banques en ligne françaises ne séduisent que 2 millions de clients, contre 2,8 millions en Italie et 12 millions en Allemagne et Autriche réunies. Mais un compte courant sur trois s’ouvre désormais chez une banque en ligne et l’année 2015, sûrement, sera la bonne, nous assure-t-on. Et si l’on regardait les choses d’un peu plus près ?

Midata ou big data ? Pourquoi les banques devraient restituer leurs données personnelles à leurs clients?

Midata au Royaume-Uni, MesInfos en France, les Purple (formation), Green (énergie) et Blue (santé) Buttons aux USA : ces trois initiatives récentes, lancées par les gouvernements britannique et américain et de manière privée en France par la Fing (Fondation Internet Nouvelle Génération) réunissent de grandes entreprises acceptant de restituer à leurs clients, sous une forme directement utilisable par eux, les données dont elles disposent à leur propos.
La définition de nouveaux services en est attendue, l’idée générale étant que, mieux renseignés sur leurs propres comportements d’achat, les consommateurs feront de meilleurs choix, notamment en matière de tarifs. Comment, de manière concrète ? Tout ceci demeure encore à préciser, tandis que beaucoup d’observateurs se demandent quel réel intérêt les entreprises auront à développer de telles initiatives. Or, dans le cas des banques, cet intérêt parait certain à plusieurs titres, pour celles qui sauront le comprendre – d’ailleurs, parmi les plus de 25 entreprises que rallie le projet Midata, on compte HSBC, Lloyds TSB, BarclayCard ou MasterCard. Tandis qu’en France, le Crédit coopératif et la Société Générale comptent parmi les premiers soutiens de MesInfos.

Image1

La banque de demain sera-t-elle surtout pour les riches?

Au Royaume-Uni, Virgin Money n’ouvre pas des agences mais des salons :

virgin money

A l’évidence, de tels endroits – les cafés d’ING Direct appellent la même remarque – ne s’adressent pas tellement à une clientèle populaire mais plutôt urbaine, aisée et surtout éduquée. Et il est intéressant de constater qu’une banque née en ligne, comme Virgin Money, dès lors qu’elle ouvre des points de vente physiques, semble ne s’intéresser qu’à certaines classes sociales. Faut-il y voir une préfiguration de ce que sera la banque demain : le mobile et les centres d’appel pour le peuple et le contact direct, personnalisé, seulement pour ceux qui en ont les moyens ? D’une certaine façon, cela nous renverrait 50 à 60 ans en arrière, quand on n’ouvrait un compte que sur recommandation, quand les agences étaient surtout concentrées en centre-ville et dans les beaux quartiers, le petit peuple devant se contenter des mandats postaux et des caisses d’épargne.

HSBC, la première banque globale ?

On parle de « connectivité » pour désigner la capacité d’une banque à communiquer de la manière la plus efficiente, en termes de coûts, de sécurité et de commodité, avec ses clients et leur proposer ainsi des services à valeur ajoutée. Cela désigne particulièrement la capacité pour une banque à interagir le plus directement possible avec ses entreprises clientes dans la gestion de leur trésorerie, pour leur proposer des services de cash management, de paiements, d’encaissement et de gestion des flux. La plupart des grandes banques se développent aujourd’hui sur ce créneau, pour accompagner les entreprises dans leur développement international. Mais aucune banque n’en a, comme HSBC, fait le socle même de sa stratégie, retenant à cet effet des options tout à fait innovantes et se positionnant ainsi ouvertement comme la première banque « globale ».

Demain, les PME passeront-elles par leurs banques pour externaliser leurs activités ?

Depuis plusieurs années, maintenant, les banques sont devenues des prestataires de services externalisés auprès d’une large clientèle d’entreprises, qu’il s’agisse de proposer à ces dernières : – des solutions de paiement intégrées (ex : le chèque outsourcing service d’HSBC). – Le financement, l’assurance et la gestion du poste clients. Ex : Banque Palatine ou Teotys (Crédit…