Midata ou big data ? Pourquoi les banques devraient restituer leurs données personnelles à leurs clients?

Midata au Royaume-Uni, MesInfos en France, les Purple (formation), Green (énergie) et Blue (santé) Buttons aux USA : ces trois initiatives récentes, lancées par les gouvernements britannique et américain et de manière privée en France par la Fing (Fondation Internet Nouvelle Génération) réunissent de grandes entreprises acceptant de restituer à leurs clients, sous une forme directement utilisable par eux, les données dont elles disposent à leur propos.
La définition de nouveaux services en est attendue, l’idée générale étant que, mieux renseignés sur leurs propres comportements d’achat, les consommateurs feront de meilleurs choix, notamment en matière de tarifs. Comment, de manière concrète ? Tout ceci demeure encore à préciser, tandis que beaucoup d’observateurs se demandent quel réel intérêt les entreprises auront à développer de telles initiatives. Or, dans le cas des banques, cet intérêt parait certain à plusieurs titres, pour celles qui sauront le comprendre – d’ailleurs, parmi les plus de 25 entreprises que rallie le projet Midata, on compte HSBC, Lloyds TSB, BarclayCard ou MasterCard. Tandis qu’en France, le Crédit coopératif et la Société Générale comptent parmi les premiers soutiens de MesInfos.

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La banque de demain sera-t-elle surtout pour les riches?

Au Royaume-Uni, Virgin Money n’ouvre pas des agences mais des salons :

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A l’évidence, de tels endroits – les cafés d’ING Direct appellent la même remarque – ne s’adressent pas tellement à une clientèle populaire mais plutôt urbaine, aisée et surtout éduquée. Et il est intéressant de constater qu’une banque née en ligne, comme Virgin Money, dès lors qu’elle ouvre des points de vente physiques, semble ne s’intéresser qu’à certaines classes sociales. Faut-il y voir une préfiguration de ce que sera la banque demain : le mobile et les centres d’appel pour le peuple et le contact direct, personnalisé, seulement pour ceux qui en ont les moyens ? D’une certaine façon, cela nous renverrait 50 à 60 ans en arrière, quand on n’ouvrait un compte que sur recommandation, quand les agences étaient surtout concentrées en centre-ville et dans les beaux quartiers, le petit peuple devant se contenter des mandats postaux et des caisses d’épargne.

HSBC, la première banque globale ?

On parle de « connectivité » pour désigner la capacité d’une banque à communiquer de la manière la plus efficiente, en termes de coûts, de sécurité et de commodité, avec ses clients et leur proposer ainsi des services à valeur ajoutée. Cela désigne particulièrement la capacité pour une banque à interagir le plus directement possible avec ses entreprises clientes dans la gestion de leur trésorerie, pour leur proposer des services de cash management, de paiements, d’encaissement et de gestion des flux. La plupart des grandes banques se développent aujourd’hui sur ce créneau, pour accompagner les entreprises dans leur développement international. Mais aucune banque n’en a, comme HSBC, fait le socle même de sa stratégie, retenant à cet effet des options tout à fait innovantes et se positionnant ainsi ouvertement comme la première banque « globale ».

Demain, les PME passeront-elles par leurs banques pour externaliser leurs activités ?

Depuis plusieurs années, maintenant, les banques sont devenues des prestataires de services externalisés auprès d’une large clientèle d’entreprises, qu’il s’agisse de proposer à ces dernières : – des solutions de paiement intégrées (ex : le chèque outsourcing service d’HSBC). – Le financement, l’assurance et la gestion du poste clients. Ex : Banque Palatine ou Teotys (Crédit…

Les banques et l’externalisation d’activités : un sujet essentiel

Article publié dans Le Cercle Les Echos, le 29 mai 2012.

Les élections législatives passées, les vrais sujets vont ressurgir. Parmi eux, l’un des moins abordés parait particulièrement intéressant et important : l’externalisation ou outsourcing et précisons même l’externalisation des métiers ou BPO (Business Process Outsourcing), que nous envisagerons ici particulièrement dans le cas des banques.

Immédiatement synonyme de délocalisations et de plans sociaux, le sujet est sensible. Toutes les grandes banques cependant sont désormais obligées de le prendre en compte, les Françaises comme les autres, compétitivité et profitabilité obligent. Mais allons plus loin : le sujet s’impose parce qu’il est devenu une variable essentielle du développement d’activités. Il est donc dommage qu’on ne le considère que sous l’angle de la délocalisation d’activités, qui n’en représente qu’un aspect et non le plus essentiel.