Dans les résultats des banques françaises, la part des commissions devient inquiétante. Et si c’était une bonne nouvelle?

A présent que leurs résultats 2014 sont pratiquement stabilisés, il ressort particulièrement que de nombreuses banques françaises ont vu leurs commissions fondre l’année dernière. Or, à première vue, 2015 ne devrait pas permettre de corriger le tir. La faible part relative des commissions dans leur PNB est une singularité française par rapport à beaucoup d’exemples étrangers et une évidente fragilité, surtout dans le contexte actuel des taux. Cette singularité s’accroît. Et, apparemment, la mauvaise conjoncture n’explique pas tout.

Banques européennes : attendre que la croissance revienne ou changer de modèle?

Au premier semestre 2014, les résultats des principales banques européennes sont mitigés – le verre peut paraître à moitié vide ou à moitié plein, souligne Deutsche Bank Research, qui a analysé la situation des 20 principaux établissements (European Bank results: is the glass half-full or half-empty). Mais c’est trop peu dire ! Arc-boutées sur leurs marges…

Pourquoi le Crédit Agricole Brie Picardie est-il la banque la plus performante de France ?

Malgré une mauvaise année 2012 pour beaucoup d’établissements et une année 2013 qui ne sera pas non plus très réjouissante, la banque de détail en France se porte bien et affiche une solide rentabilité. Il n’est pas inutile de le souligner, alors qu’on la répute volontiers aujourd’hui en perte de vitesse, lestée par ses agences désertées et alors qu’on la somme d’accélérer son passage à la banque à distance et sur mobile.

Le secteur bancaire européen est-il en train de s’effondrer ?

On reparle d’un nouvel LTRO, après ceux de 2011 et 2012 et les commentaires se multiplient une fois encore sur l’état du secteur bancaire européen. Le spectre d’une crise réapparait, quoique les avis soient pour la plupart assez incertains, voyant tour à tour la bouteille à moitié pleine (le fort levier de nombreuses banques européennes) et à moitié vide (les mêmes banques ont commencé à réduire assez radicalement la taille de leur bilan). Et si l’on manquait ainsi de voir l’essentiel ?

La bourse ne croit plus aux banques

Savez-vous ce qu’est le « béta » d’une action ? C’est un coefficient qui mesure la volatilité d’un titre par rapport à un cours de référence. Un béta de 0.5 par rapport au CAC 40, par exemple, indique que lorsque le CAC varie de 1%, le titre connait une évolution moitié moindre en moyenne. Plus son béta est faible, plus une action est « défensive », plus elle représente un placement refuge face aux à-coups du marché. Ceci posé, savez-vous quelles sont les valeurs du CAC 40 dont les béta sont les plus élevés en cette rentrée 2013 ? Ce sont toutes les financières avec dans l’ordre : Natixis (un béta de 1,49), Axa (1,58), BNP Paribas (1,81), Crédit Agricole (1,82), Société Générale (2,04). En 2005, le béta du Crédit Agricole était à 1,03, celui de BNP Paribas à 1,05 et celui de la Société Générale à 1,1. Qui l’aurait cru ? En moins de dix ans, les valeurs financières sont devenues les plus volatiles de l’indice parisien. L’observation peut paraître anecdotique. Elle est pourtant essentielle et semble témoigner d’une évolution structurelle et non seulement conjoncturelle : le marché ne croit plus aux banques ! Que s’est-il donc passé ?

L’avenir des banques françaises : retour vers le futur ?

Ces lignes sont extraites d’un bulletin de la Commission bancaire. Elles ont été écrites il y a 23 ans, en avril 1990.

Relire ce genre d’analyse aujourd’hui est frappant. A l’époque, sous l’impulsion du marché unique européen, les banques françaises paraissaient devoir être soumises, pensait-on, à une concurrence les forçant à améliorer leur productivité. Pour la Commission bancaire, c’était là le facteur clé. Or il était très prometteur : « les potentialités du secteur bancaire français sont à coup sûr très grandes », lit-on. Pour les banques françaises, ainsi, un avenir se dessinait clairement. Mais aujourd’hui ?

Le vrai problème des salaires dans les grandes banques françaises

En France, aujourd’hui, l’heure est aux économies. Les banques n’y échappent pas. Elles réduisent également leurs embauches. Alors que le chômage augmente et que la productivité française est en panne, beaucoup estiment que les salaires servis aux emplois les moins qualifiés sont trop élevés.

Pour ce qui regarde les banques, une simple comparaison internationale infirme ce constat : ce sont plutôt les salaires moyens et hauts qui sont trop élevés par rapport à la productivité réelle dans les grandes banques françaises. Quelques tableaux suffisent à le montrer.