L’avenir des paiements

Depuis quelques années, les innovations et les bouleversements en matière de paiement sont si nombreux, ils recouvrent des enjeux stratégiques si déterminants qu’il est impossible de ne pas se demander quel horizon ils dessinent finalement. Quel est, en d’autres termes, l’avenir des paiements ? Cette question, étrangement, est cependant rarement posée.

Tradeshift, la première startup qui distance vraiment les banques.

Cela fait des années que nous le soulignons : la dématérialisation représente un axe majeur de l’évolution des paiements et, partant, des activités bancaires. Toutefois, la plupart des banques ont beaucoup de mal à le comprendre. Une place aurait pu ainsi leur revenir en ce domaine, qu’occupe désormais une startup créée en 2010 au Danemark, qui est aujourd’hui le réseau BtoB qui connait la plus forte croissance au monde : Tradeshift.

Avec SPEAR, trois banques françaises entretiennent la flamme de l’innovation géniale mais inconnue.

Il n’y a pas d’innovation inconnue ! C’est toute la différence entre innovation et invention. Il y a des inventeurs dont on découvre, des années après, qu’ils avaient eu une idée géniale. Mais quand on parle innovation, on parle business. Une innovation, c’est une invention ou une nouvelle façon de faire qui bouscule ou qui crée un marché. Sinon ce n’est rien qu’un échec. Prenons SPEAR par exemple. Voilà quelque chose de nouveau (créé en 2011) et d’assez génial, qui mérite un détour : www.spear.fr. Cependant, à part sur notre site, en avez-vous déjà entendu parler ?

Swift : la vraie révolution des paiements?

SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecom) est un réseau interbancaire mondial de communication. Un système très sécurisé d’échange d’informations entre les banques qui en sont membres, qui leur permet de traiter leurs opérations. Aujourd’hui, 90% du financement du commerce international passe ainsi par Swift.

Il y a quelques mois, Swift et la Chambre de commerce internationale (ICC) ont officiellement lancé le « BPO » (Bank Payment Obligation) qui a vocation à se substituer aux crédits documentaires tels qu’ils sont actuellement réalisés. Présenté ainsi, le sujet est assez aride et, de fait, il n’a été relayé que par la presse spécialisée dans les techniques du commerce international. Pourtant, le BPO offre un modèle qui, demain, pourrait bien valoir pour l’ensemble des paiements.

Sépamail, enfin ?

Au second semestre 2013, les banques françaises devraient lancer une solution de paiement de factures directement en ligne ou sur mobile (voir un peu plus tard sur les GAB). Cette solution se nomme Sépamail et elle réunit BNP Paribas, le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel-CIC, la Société Générale, ainsi que BPCE, à l’origine du projet.

En matière de billing, les banques françaises accusent un sérieux retard par rapport aux banques de nombreux autres pays, ce qui a poussé les grands facturiers (EDF, les opérateurs téléphoniques, etc.) à privilégier le prélèvement automatique depuis des années. De sorte que le succès de Sépamail n’est nullement assuré.

Pourquoi en traiter particulièrement alors ?