Le marché des objets connectés (IoT) est encore difficile à cerner.

Certains avancent le chiffre de 11,7 milliards d’objets connectés dans le monde. Mais personne ne s’entend sur leur définition !

Bien que lancé il y a plus de dix ans, le marché des objets connectés se développe lentement. Et ses volumes sont encore trop faibles pour savoir si certains usages s’imposent plus rapidement que d’autres.

Les paiements générés par des objets connectés n’ont représenté que 5,8 milliards $ en 2019, dont l’essentiel a concerné des primes d’assurance auto (3,9 milliards), la recharge d’encre d’imprimantes (1,2 milliard) et les têtes de brosse-à-dents électriques (0,5 milliard).

Les paiements réalisés par des objets connectés sont encore anecdotiques en France mais le paiement sans contact, qui représente un usage bien moins innovant, n’a pas non plus connu, pendant des années, un développement fulgurant. Il serait donc plus qu’hasardeux de croire que le marché des IoT ne prendra jamais ou seulement à une échéance lointaine. D’autant que l’on a souvent une vision trop limitée des objets connectés.

On pense en effet immédiatement aux wearables,  c’est-à-dire à différents objets (montres, bagues, bracelets, vêtements équipés, serviettes de plage, …) qui permettent d’accomplir des fonctions simples dans un contexte de mobilité (pour ce qui concerne la banque : paiement, consultation de comptes).

Cependant, s’ils paraissent très bien adaptés à certains contextes et événements…

… les wearables font double-emploi, la plupart du temps, avec cartes et mobiles et ne posent pas moins, au contraire, de questions relatives à leur sécurité. A la limite, s’il s’agit absolument de privilégier la commodité pour des paiements simples, la solution qui s’impose est celle – problématique ! – des implants.

Quoi qu’il en soit, les wearables ne représentent qu’un aspect des IoT, lesquels sont pour l’essentiel liés à des dispositifs statiques. Avec pour principaux champs d’application à ce stade : les immeubles, les installations industrielles, l’énergie et la smart city.

Les objets connectés sont d’abord des capteurs, dont l’utilité se fonde sur la collecte et l’analyse de données.

A usage professionnel, les IoT concernent principalement la sécurité, la maintenance prédictive et le pilotage à distance.

A l’usage des particuliers, la fonction de paiement, liée à l’exploitation de données, est intégrée à de nouveaux services bien plus larges :

  • Suivi de consommables, commandes et règlement.
  • Paiement embarqué, intégré à d’autres appareils
  • Paiement invisible, par exemple dans l’automobile et les transports (voir cette page).

La problématique devient alors tout à fait différente. Il ne s’agit pas de proposer des objets connectés permettant des paiements ou la consultation d’un compte courant mais de lier les applis bancaires à des objets connectés, à des capteurs intégrés à des objets, pour proposer de nouveaux services incluant des paiements.

Cette problématique rejoint celle de l’open banking et de la banque des usages. Sachant que, sur ce terrain, les banques sont challengées par de nouveaux concurrents importants.

Au total, concernant les wearables, qui représentent autant de nouveaux moyens de paiement, les banques peuvent être tentées de proposer leurs propres objets et d’en faire un enjeu de marque (voir par exemple le cas de Westpac), tout en promouvant un nouvel usage.

Toutefois, le marché des IoT est loin de se limiter aux wearables.

Les objets connectés – dont la plupart sont embarqués par des équipements statiques – représentent un nouveau marché en soi (réalisation des paiements, gestion des abonnements, trésorerie, …).

Un établissement comme BBVA a pu ainsi afficher son objectif de devenir la banque des objets connectés, parce que l’univers bancaire, demain, passera en grande partie par eux.

Sachant que l’on n’assiste encore qu’aux balbutiements d’un marché qui, pour prendre véritablement son essor, profitera de la 5G et du développement de l’edge computing. Sans parler d’autres novations potentiellement décisives.

Le vrai challenge consiste donc à prendre en compte le fait qu’un marché considérable va sans doute se développer et que l’important pour les banques ne sera pas tant de proposer leurs propres objets que de relier leurs applis à des objets équipés de capteurs, pour proposer ou accompagner de nouveaux services débouchant sur des paiements ou une gestion de trésorerie (crédit, dépôts). Le vrai challenge, à ce stade, est donc d’imaginer des objets connectés entre eux.

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