Poursuivant son plan d’efficacité opérationnelle lancé en 2008 et industrialisant ses activités de gestion des crédits, Société Générale a confié à Sopra Banking Software la construction d’une plate-forme internationale, multi-entités et multi-marchés, de gestion industrielle des crédits pour servir les banques de détail et les sociétés financières du Groupe.

Réalisée en quatre mois, la plateforme LISA ( Loans International Standardized Application), qui s’appuie sur la solution progicielle Sopra Banking Lending, héberge et exploite, depuis novembre 2012, la production de plusieurs millions de dossiers de crédits immobiliers.

D’ores et déjà, l’opération marque plusieurs avancées significatives :

  • une continuité forte entre ITO et BPO
  • l’inscription sous une même dimension des solutions des centres de services partagés et d’externalisation
  • l’outsourcing de back offices essentiels, ce qui demeure singulier dans le cas d’une banque de la taille de la Société Générale.

Pourquoi, cependant, l’opération peut-elle paraitre avoir un côté inachevé ?  C’est qu’elle correspond à une formule d’externalisation standard et s’inscrit dans le cadre d’une relation client/fournisseur très classique. C’est aussi qu’elle représente une solution fermée, le caractère « multi-entités » ne jouant qu’à l’intérieur du Groupe.

En comparaison, rappelons le deal conclut en juin 2012 entre Capgemini et la Caixa Economica Federal, 4° banque brésilienne (et 1° banque publique de ce pays). Afin de moderniser ses services informatiques, la Caixa a signé un contrat de sous-traitance avec Capgemini de 1 milliards € sur 10 ans. En contrepartie, elle a souhaité entrer au capital de la filiale brésilienne de Capgemini, avec laquelle elle travaillera en direct, CPM Braxis Capgemini. Capgemini avait acquis cette dernière moins de deux ans auparavant et, en détenant 61%, s’était engagé à acquérir le reste du capital. Cette charge sera en fait nettement moindre, puisque la Caixa devrait être actionnaire à 22%.

Même si la Caixa sera le principal ou l’un des principaux clients de Capgemini au Brésil, il ne sera pas unique. La banque ne sera pas son seul secteur d’activité et la Caixa ne sera pas son unique client dans ce secteur (rien de tel, à notre connaissance, n’a en tous cas été annoncé). Ainsi, l’opération apporte-t-elle à Capgemini un très gros contrat, en même temps que du cash pour financer son développement. La Caixa acquiert elle un poids significatif dans la gouvernance d’un prestataire clé, dont elle tirera par ailleurs profit du développement global.

Certes, chaque deal a sa logique et ses spécificités, de sorte qu’il ne s’agit absolument pas de dire que la Société Générale aurait dû faire comme la Caixa. Toutefois, dans l’affaire et à la différence de la Caixa, la Société Générale n’investit pas. Elle tente de réduire, en les variabilisant, des charges qu’elle supportait jusque là. Elle devra donc veiller à ce que cet objectif soit réellement atteint avec son fournisseur, quand la Caixa sera elle intéressée directement au développement de son prestataire. Cela marque toute la distance entre externalisation et partenariat industriel.

P. GINASTERA/Score Advisor

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