Oserait-on interdire le cash !?

En application de la Directive européenne sur les services de paiement (DSP2), les commerces vont désormais pouvoir proposer à leurs clients de leur délivrer de l’argent liquide lors d’achats par cartes bancaires (et uniquement elles, les chèques ne sont pas concernés). Cette mesure, dite de cashback, est présentée comme un moyen de lutter contre la « désertification » (tout à fait relative à ce stade – voir cet article) de certaines zones rurales en matière d’agences et d’automates bancaires. Or on ne peut manquer de s’étonner d’une telle mesure à l’heure où certains estiment que nous devrions nous diriger vers une société sans cash. Mais en fait cette mesure n’est pas forcément contradictoire avec un tel objectif.

Quel avenir pour les automates bancaires?

Certains établissements, comme la Sberbank russe, testent aujourd’hui la livraison d’argent par drones. Au Kenya, Equity Bank, bien que possédant plus d’un cinquième du parc national d’automates, soit 520 unités, a décider de tourner le dos à ces derniers, les jugeant trop onéreux dès lors qu’ils n’évitent pas les files d’attentes et que les clients leur préfèrent à la fois les agences à guichets et la banque sur mobile.

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Ce sont là des exemples de banques qui anticipent un monde où le cash est moins utilisé et où les GAB ont disparu. Un tel scénario est-il envisageable en France ?

L’avenir des automates bancaires, la crise et le travail au noir

Les presque 59 000 automates (Guichets et Distributeurs automatiques de billets) que les banques ont installés en France représentent l’un des éléments les plus importants du mobilier urbain – on en compte moins que de feux-rouges mais plus que d’abribus ! Ils sont devenus à ce point omniprésents dans nos villes qu’on ne les remarque presque plus. Les banques même tiennent-elles pleinement compte qu’ils représentent leurs premières vitrines, les points de contact avec leurs clients les plus utilisés ? Et que, justement, nos contact les plus fréquents et répétés avec notre banque passent souvent par l’automate d’une autre ? Comment s’étonner ensuite que les offres des banques tendent à toutes se confondre aux yeux du public !