Avec la digitalisation, les offres évoluent de la vente de produits à celle de services intégrés. Ce qui signifie, pour les banques, que les offres évoluent du financement à l’usage de plus en plus complet d’un bien et donc à l’immersion dans les modes de vie des clients. Un bon exemple de ce qu’on nomme ainsi le « Beyond Banking » est fourni par l’immobilier. Petit tour d’horizon d’une tendance de fonds de la banque de demain.

Depuis quelques années, les banques cherchent à compléter le crédit hypothécaire en accompagnant en amont la recherche et, de plus en plus, l’installation. Parmi les outils les plus complets, Gustave Bonconseil du Crédit Agricole propose, à travers différentes formules, une aide à la recherche et à la décision (visites accompagnées, expertises), au bouclage du projet dans les temps (démarches administratives) et à l’emménagement (conciergerie d’installation).

Or ce type d’assistance, très en amont du financement, trouve désormais son pendant très en aval avec quelques premières plateformes de gestion patrimoniale familiale comme PaxFamilia de BNP Paribas Fortis ou PlanAhead de Natwest, qui va jusqu’à prendre en charge les testaments.

Entre les deux, se développent actuellement les outils de gestion immobilière, dont l’un des meilleurs exemples est fourni par le Crédit Agricole Centre Loire qui, pour les copropriétaires, a conçu et lancé le syndic en ligne (40% moins cher qu’un syndic classique) : Cotoit.

D’autres formules spécialisées apparaissent comme Bueno (encore en projet) qui veut aider la gestion locative de biens en Espagne pour des propriétaires étrangers : pilotage des fournisseurs, comparaisons pour détecter des charges anormales, … En complément, Bueno entend également proposer une place de marché pour les locations.

Ce dernier point est intéressant car, au départ, les banques ont plutôt eu tendance à croire qu’il était plus accessible pour elles de se diversifier vers les plateformes de ventes immobilières. Toutefois, cela s’est généralement révélé décevant et assez impraticable. De sorte que la formule désormais est surtout retenue pour des marchés spécialisés (comme Key4 d’UBS pour le courtage d’hypothèques). Tandis qu’aujourd’hui, nous le voyons, la tendance du Beyond Banking est à l’intégration de services complémentaires des financements, tournée vers les usages, en partenariat avec de nombreux acteurs tiers.

A ce stade, cela est toujours pensé comme une diversification. Comme en témoigne le fait que les solutions sont le plus souvent développées sous de nouvelles marques. Toutefois, si l’on prend l’exemple de Gustave Bonconseil, le financement n’apparaît plus que comme une étape dans un processus intégré beaucoup plus vaste. De sorte qu’on peut sérieusement se demander si cette intégration de métier autour des financements, qui va nécessiter l’acquisition de savoir-faire nouveaux, ne va pas de plus en plus devenir le cœur de métier des banques de détail.

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