C’est fait ! Au Royaume-Uni, les paiements sans contact représentent désormais plus de la moitié des paiements physiques. Ainsi, alors que beaucoup annonçaient la généralisation rapide du sans contact il y a dix ans, son développement, comme cela était en fait assez prévisible, aura été – et continuera sans doute à être – bien plus lent qu’annoncé initialement. Et les choses ne se sont pas non plus tout à fait passées comme prévu.

Désormais, 55% des paiements dans les transports en commun londoniens se font sans contact. On est passé de 1,5 million de paiements par semaine en 2014 à 21,6 millions aujourd’hui. Le nombre s’accroît de 53 000 chaque jour.

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Le métro a-t-il joué le rôle d’un convertisseur à grande échelle, amenant les Londoniens à utiliser le sans contact ? Il avait souvent été envisagé qu’un service de masse puisse ainsi exercer un effet d’entrainement. Mais en fait, les transports londoniens ont connu une croissance identique à celle des autres commerces et services. Le décollage a été global et assez soudain : le nombre des paiements sans contact a augmenté de 30% l’année dernière au Royaume-Uni. Ce qui invite à prendre les choses avec une certaine patience, de manière plus générale. Une innovation peut « stagner » un certain nombre d’années, sans qu’il faille pour autant décider qu’elle ne marchera jamais.

Autre point intéressant : d’après PaymentsSource, les paiements sans contact ont tendance à se concentrer (jusqu’à 60%) dans des zones très fréquentées, dans certaines gares et particulièrement celles qui assurent des interconnexions avec les trains de banlieue. Il semble donc que les voyageurs choisissent le sans contact pour aller plus vite dans des points d’encombrement. En quoi le sans contact, qui apporte une commodité nouvelle, s’ajoute aux autres moyens de paiement, à l’occasion et sans les remplacer partout.

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Le même constat peut être tiré ailleurs, comme en France, et pour d’autres services. Le public n’est pas particulièrement attaché au sans contact. Les circonstances, comme des difficultés de circulation, et surtout les commerçants, la plupart du temps, le poussent à l’utiliser. C’est l’attitude des commerçants qui explique le décollage, bien plus qu’une quelconque exigence des consommateurs. Lesquels semblent surtout attachés à disposer de plusieurs moyens de paiement différents (qu’ils spécialisent la plupart du temps en fonction de leurs achats). De sorte que les moyens de paiement nouveaux s’ajoutent aux autres bien plus qu’ils ne les remplacent. Et à cet égard, nous sommes encore loin de l’utilisation quasi exclusive du mobile qui était attendue – dans les transports londoniens, les mobiles n’assurent qu’un huitième des paiements sans contact.

Rien ainsi ne s’est passé comme il était envisagé. On pariait plutôt sur les payeurs, dont on attendait un changement de comportement. Celui-ci n’a pas été difficile à obtenir mais ce sont les commerçants qui ont été les principaux acteurs. On voyait les paiements par mobile rapidement se généraliser. On négligeait l’attachement du public à disposer de moyens de paiement variés. On attendait un décollage rapide. On ne sait pas du tout mesurer le poids des habitudes.

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