Nous le signalions il y a quelques mois : la RSE gagne l’UX. La Responsabilité sociale et environnementale prend de nouvelles dimensions dans les banques et est à même désormais de concerner l’expérience client à travers les produits et services les plus classiques. Mais ce n’est pas tout ! Trois exemples récents témoignent encore d’une volonté d’innover, de déplacer les lignes.

Nous soulignions qu’il fallait probablement s’attendre à ce que cette nouvelle dimension de la RSE conduise les établissements financiers classiques à lancer de nouvelles marques. Ce sera fait en septembre prochain : Belfius et l’opérateur téléphonique belge Proximus lancent Banx (la préinscription est ouverte), avec un nouveau concept de « Slow Banking ».

De quoi s’agit-il ? Le site n’en dit pratiquement rien. La page Facebook donne quelques éléments qui permettent de penser que l’idée s’inspire du mouvement de Slow Money, né aux Etats-Unis avec la crise de 2008 (nous l’avons présenté il y a quelques années). Si tel est le cas, outre que ces idées sont demeurées plus que confidentielles en Europe, ce serait la première fois qu’un établissement bancaire classique accompagnerait un changement assez radical des comportements de dépense et de consommation.  A suivre avec intérêt donc.

Un peu dans le même esprit, la néobanque N26 s’est jointe à l’association ANDES Les épiceries solidaires pour aider la jeunesse, particulièrement étudiante, en détresse depuis les débuts de la crise sanitaire. Il s’agit d’une campagne de dons, réalisables à partir de l’appli mobile de N26, ainsi qu’à partir d’un « re-distributeur d’argent » qui a été installé du 17 au 19 juin sur le parvis de la gare Saint-Lazare à Paris.

Oui, cela parait assez inutile, voire absurde : un guichet automatique qui permet d’effectuer un don avec sa carte bancaire au lieu de retirer de l’argent ! Mais c’est justement ce caractère contre-intuitif qui a été jugé intéressant. Ou comment prendre le contre-pied des codes de la banque pour servir l’une de ses missions fondamentales : financer ceux qui en ont besoin…, explique N26 dans son communiqué de presse. Alors que la communication RSE des banques est tellement convenue, jusqu’à ne plus être remarquée, à force de se vouloir consensuelle, un exemple qui rappelle qu’on ne change pas les comportements sans renverser les formules les plus communes.

C’est justement ce que propose de faire la startup américaine Kafen, signalée par TechCrunch, pour rendre le BuyNowPayLater inclusif ou, en d’autres termes proposer le paiement fractionné à ceux qui ne sont pas éligibles au crédit ou qui risquent d’avoir des problèmes à l’honorer. Pour cela, Kafene remplace complètement le schéma du crédit à la consommation par une formule de leasing flexible – intéressante mais qui ne parait pas encore complètement mature.

Mais peu importe ! A ce stade, l’exemple vaut surtout pour montrer comment la RSE – rejoignant en ceci la banque des usages – est susceptible de faire naitre des envies d’innovation et d’ouvrir de nouveaux champs, de nouveaux horizons aux activités bancaires les plus courantes.

Signalons enfin en ce sens, la toute nouvelle étude produite (en mai dernier) par BPCE sur le sujet de plus en plus important de l’économie des aidants.

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