Les tendances en architecture ouverte

Banque plateforme, places de marché, banque as a service, banque invisible : l’heure est aujourd’hui non plus tant à la diversification des offres bancaires qu’à l’extension du parcours client. L’enjeu est en effet d’enrichir et d’étendre ce dernier et de le rendre le plus satisfaisant possible en termes de choix, de sécurité et de commodité.

Orange Bank : un succès serait vraiment étonnant!

Orange Bank fête son premier anniversaire. Depuis un an, son lancement n’a pas créé le bouleversement du marché bancaire qui était annoncé. Orange Bank n’est pas devenue cet « aiguillon » poussant les banques classiques dans leurs retranchements qu’elle ambitionnait d’être. Néanmoins, peut-être faut-il dire qu’elle ne l’est pas encore devenue. Pour le présent, les pertes d’exploitation sont importantes et le resteront sans doute. Mais Orange parle plutôt d’investissements et, à l’échelle d’un groupe de sa taille, le discours est crédible. Pour autant, dans les conditions actuelles, un fort succès serait étonnant.

Que faire de Fidor?

Acquise par BPCE en juillet 2016, la néobanque allemande Fidor n’a été lancée en France qu’en juin dernier sous une version qui ne propose même pas de services financiers et avec une discrétion qui n’a pas manqué d’attirer l’attention. Selon Le Monde, de mauvaises surprises (des placements risqués et des pertes devant être compensées en conséquence) chez sa filiale auraient beaucoup refroidi l’enthousiasme de BPCE. Mais cette dernière semble surtout hésiter quant au modèle de développement que Fidor doit adopter. Ce qui recouvre une question intéressante : que peut être une « nouvelle banque » aujourd’hui ?

Les banques vont devoir adopter un autre ton et un autre langage pour parler à leurs clients.

Sur le site de la néobanque anglaise Monzo, il y a une page très originale : Our tone of voice. L’établissement y explique comment il entend parler à ses clients, sur quel ton et quel langage il veut adopter vis-à-vis d’eux, tout en les invitant à faire de même. C’est assez étonnant mais, si l’on regarde de plus près, la surprise est surtout que seule Monzo y ait pensé.

Et si le modèle économique que suivent la plupart des néo-banques était complètement erroné!?

Depuis le début de l’année, des discours de plus en plus sceptiques commencent à se multiplier sur les néo-banques. Alors que l’on compte désormais 57 d’entre elles rien qu’au Royaume-Uni, n’y a-t-il rien là qui cloche ?, demande par exemple Chris Skinner ; tentant de discerner parmi tous ces nouveaux entrants – dont un certain nombre parviennent à réaliser des levées de fonds tout à fait considérables – la poignée de ceux qui peuvent espérer survivre.

Nous-mêmes, dans le dossier que nous leur consacrons, présentons une cinquantaine de néo-banques. Rien qu’à une échelle seulement européenne, nous aurions facilement pu doubler ce chiffre. Mais quel intérêt ? La plupart des néo-banques proposent quasiment toutes la même chose ! De sorte qu’il ne suffit plus de s’interroger sur l’avenir des néo-banques. Il ne faut pas hésiter à s’interroger sur la pertinence même de leur business model.

Che Banca! Une communication qui marque l’épuisement des banques en ligne?

Première banque en ligne italienne, Che Banca! a été créée par Mediobanca, principale banque d’investissement de la Péninsule et premier établissement de ce genre à avoir voulu diversifier ses sources de liquidité en se lançant dans le retail (elle a été notamment suivie par Goldman Sachs avec GS Bank). Dans ce contexte, cependant, la communication que déploie Che Banca! ne peut manquer de paraître assez étrange.