Les banquiers n’en parlent pas encore beaucoup, et pourtant, la gouvernance des données est en passe de devenir l’un des sujets les plus discutés dans les salles des marchés. Bien que manquant encore d’une définition officielle, la gouvernance des données concerne les politiques, l’organisation, les processus et les procédures de gestion entourant la surveillance et le contrôle de l’utilisation et du traitement des données.

La nécessité d’une gouvernance qualitative des données est devenue évidente à la suite de la plus récente crise financière. La technologie de l’information et des architectures de données en place sont encore loin d’une surveillance et d’un reporting efficaces des risques financiers. En fait, de nombreuses banques manquent de capacité pour agréger leurs expositions au risque et identifier leurs concentrations rapidement, et avec précision, à travers les lignes métiers et entre les entités juridiques.

En réponse à ces lacunes, de nouveaux règlements sur les normes de gouvernance des données ont été inclus dans les projets de loi de réforme financière comme la loi Dodd‐Frank, Solvabilité II et le Règlement européen de l’infrastructure de marché (MiFID/MiFIR). Plus particulièrement, dans le cas des dossiers d’enregistrements de transactions quotidiennes des swaps du courtier participant, Dodd‐Frank titre VII indique que ces dossiers doivent être maintenus et comprendre (sans s’y limiter) tous les documents connexes, y compris les liquidités liées et les opérations à terme ; les communications doivent être enregistrées, y compris le courrier électronique, les messages instantanés et les enregistrements d’appels téléphoniques. À l’avenir, les règlements exigent des opérateurs de swaps et des principaux participants qu’ils enregistrent toutes les informations nécessaires à une reconstruction avec précision de chaque opération pour toute la durée de l’investissement et s’assurent que chaque transaction soit facilement identifiable et consultable.

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Bien que ces règles aient été longtemps considérées comme ayant un coût prohibitif, plusieurs leaders de l’industrie financière trouvent aujourd’hui des façons d’intégrer les efforts de mise en conformité avec des tactiques compétitives pour soutenir la croissance, ouvrant la voie à un « âge d’or » de la gouvernance des données. De récents investissements à grande échelle par plusieurs grandes banques, pour satisfaire l’exigence Dodd‐Frank entre autres, peuvent ainsi être utilisés pour améliorer l’efficacité stratégique et la transparence des données. Par exemple, la capacité d’analyser les différentes lignes d’affaires en temps réel fournit un avantage stratégique pour décider de développer ou céder les moins performantes, améliorant de manière significative l’utilisation du capital.

Cela ne veut pourtant pas dire que le respect des données soit un problème résolu. Les récents scandales, tels que la manipulation du LIBOR, continuent d’affliger le secteur, posant la question de savoir si un nouveau cycle de la réglementation devra englober les taux de référence, voire l’ensemble des indices de marché. Avec ce contrôle continu, et avec Bâle III prévu pour une mise en œuvre en 2019, la gouvernance des données deviendra essentielle pour répondre aux demandes non seulement des organismes de réglementation, mais aussi des clients sur les processus de données, leurs contrôles et même la planification des actions en cas d’urgence pour identifier et prévenir de toute future manipulation, voire fraude.

Nous suivons ce sujet très activement et sommes disponibles pour des retours terrains concrets. Chaque acteur est appelé à l’action.

Michael Lemke/Score Advisor

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