Considérons les résultats d’activité de toutes les banques de détail en France sur la base des documents détaillés qu’elles publient (ce qui, aussi surprenant que cela puisse paraître, n’est pas le cas de toutes, loin de là !). Nous pouvons ainsi suivre sur cinq ans les activités d’une soixantaine d’établissements régionaux (les Caisses locales des groupes mutualistes) ou nationaux (notamment BNP Paribas, le Groupe Société Générale, dont le Groupe Crédit du Nord ou HSBC France, pour leur activité de banque de détail en France). Tentons ainsi de nous faire une idée des établissements les plus performants sur 5 ans (2013-2017) à travers quelques indicateurs clés. Vous allez le voir, les résultats sont aussi cohérents que surprenants.

Nous retenons deux indicateurs de dynamisme commercial, tout d’abord : la croissance du PNB et l’accroissement du nombre de clients.

Pour savoir comment s’est faite cette croissance, en période de taux très bas, nous considérons également l’évolution de la part des commissions dans le PNB sur cinq ans, considérant que son accroissement est le signe d’un développement solide et non risqué de l’activité. Néanmoins, comme on pourrait soupçonner les banques affichant une forte croissance à cet égard d’avoir « matraqué » leurs clients en frais de fonctionnement de compte, nous regardons également cet indicateur hors commissions facturées directement à la clientèle.

Enfin, nous tentons d’estimer la capacité des établissements à faire plus avec moins ou, en d’autres termes, à développer l’activité sans multiplication des charges à proportion à travers deux indicateurs de gestion : l’évolution du coefficient d’exploitation (les charges, y compris dotations aux amortissements et dépréciations/PNB) et celle de la productivité (l’effectif moyen/PNB, soit le PNB par employé) sur cinq ans.

Pour chacun de ces cinq indicateurs, nous retenons les 20 établissements les mieux placés et cherchons ceux qui apparaissent le plus souvent.

Aucun établissement n’apparaît parmi les vingt mieux placés pour les cinq indicateurs.

Six établissements comptent parmi les mieux placés pour quatre indicateurs :

  • Le Crédit Mutuel Arkéa (sur le podium pour le PNB, le gain de clients et la productivité, bien placé pour la baisse du coefficient d’exploitation).
  • Le Crédit Mutuel Océan (sur le podium pour le PNB, la productivité et le coefficient d’exploitation, un peu moins bien placé pour le gain en clients).
  • Le CIC-Crédit Mutuel (Idem).
  • La Caisse d’épargne Ile-de-France (Idem)
  • La Banque Populaire du Nord (Idem)
  • La Banque postale (qui améliore nettement un coefficient d’exploitation qui était parmi les plus défavorables en France et dont la hausse du PNB, quoique mesurée à 2,7%, lui permet d’être assez bien placée dès lors que la moyenne de hausse de leur PNB sur cinq ans des soixante établissements est de 0,4% !).

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Huit établissements sont parmi les 20 premiers pour trois indicateurs :

  • Le Crédit Mutuel Maine Anjou et Basse Normandie (dont la dynamique parait dans l’ensemble similaire à celle des précédents Crédits Mutuels, ce que l’on retrouve d’ailleurs pour le Groupe Crédit Mutuel 11 considéré dans son ensemble).
  • Les Caisses d’épargne Côte d’Azur, Languedoc-Roussillon et Normandie.
  • Les Banques Populaires Bourgogne Franche Comté, Sud et Aquitaine Centre Atlantique.
  • Le Crédit Agricole Pyrénées Gascogne, le seul Crédit Agricole – mais aussi, cette dernière décennie, l’une des banques les plus innovantes de France – à se classer pour plus de deux indicateurs, ce qui est une surprise dès lors que, jusque récemment, plusieurs Caisses locales du Crédit Agricole occupaient beaucoup de premières places.

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De ces résultats, trois éléments ressortent particulièrement :

1/ Il y a bien une dynamique de Groupe : quasiment tous les établissements distingués sont des Crédits Mutuels ou appartiennent à BPCE – quelle que soit l’approximation des chiffres, cela ne peut relever du hasard. A l’échelle régionale, les synergies Groupe d’offres et de moyens comptent.

2/ Cette dynamique de groupe une fois soulignée, force est également de constater que quasiment tous les établissements distingués sont régionaux. A quelques exceptions près, comme la Banque postale, le régime le plus performant de croissance est aujourd’hui décentralisé – nous l’annoncions il y a… cinq ans : la banque de détail est en train de se réinventer en Province !

3/ Aucun établissement ne réussit à être parmi les mieux placés pour les cinq indicateurs. Pourquoi ? Parce que, dans l’ensemble, ceux qui ces cinq dernières années ont conquis le plus de nouveaux clients ne sont pas ceux qui ont le plus augmenté leurs commissions et réciproquement. Ce phénomène est nouveau et important. Il tend à montrer que la clientèle est de plus en plus sensible aux tarifs bancaires, notamment sous l’impact de la concurrence des banques en ligne et des néo-banques.

Dernière remarque sous forme de question : si l’on vous avait demandé de désigner quelques établissements parmi les plus performants en France ces dernières années, combien parmi les quatorze distingués ci-dessus auriez-vous cités ? Honnêtement ? En France, la banque est un secteur assez peu suivi !

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