Capital Koala entre dans sa troisième année et c’est déjà une success story à la française, une histoire plutôt sympathique d’ailleurs : 50 000 clients gagnés en deux ans par une startup créée avec les moyens du bord (pas d’investisseurs mais Oséo et Scientipôle en soutien), hébergée dans les bureaux de Deloitte à Neuilly. Une offre simple. Un site limpide.

capital koala

En s’inscrivant sur le site, on est à même de recevoir des cashbacks (« remboursements ») sur ses achats auprès de plus de 1 400 enseignes partenaires. Capital Koala les crédite sur un livret d’épargne ouvert au nom d’un enfant (ou sur les livrets de plusieurs enfants) chez LCL ou Monabanq, qui ont choisi de suivre le projet. Plusieurs participants peuvent alimenter un même livret (« koalition »). Capital Koala se rémunère par rétrocession de commissions de la part des commerçants et banques partenaires.

Jusqu’ici tout va bien donc et l’on ne peut qu’avoir envie de souhaiter bonne chance à la jeune pousse. Seulement, qui s’intéresse aux problématiques financières ne peut s’arrêter là car, à l’évidence, nous sommes face à une innovation (dont le modèle existait cependant déjà aux USA) tout à fait importante sur bien des points.

Une société commerciale non financière se substitue aux banques pour proposer aux individus de constituer une épargne de long terme. Une banque aurait très bien pu mettre en place une telle solution mais les banques n’ont pas de telles idées. Quoi qu’il en soit, les banques ne sont pas du tout contournées. Elles n’ont simplement pas l’initiative de la proposition d’épargne. Cela déjà n’est pas banal, comme le fait de pouvoir constituer une épargne individuelle de manière collective. Mais surtout, l’épargne suit ce qui apparemment est tout son contraire : la dépense. Sur le marché de l’épargne, Capital Koala est un intermédiaire qui parvient à associer deux types d’acteurs que tout parait opposer : les commerçants et les banques collectrices d’épargne. L’idée peut paraitre simple. Elle n’était pas si facile à trouver.

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Dans un tel schéma, tout le monde gagne : épargnants, commerçants et banques. Et cela ouvre des perspectives auxquelles on n’aurait jamais pensé puisqu’en somme, pour vendre plus, banques et commerçants contribuent à financer les études des enfants de leurs clients ! Et si les plus grands bouleversements à venir dans le domaine financier tenaient à l’apparition de nouveaux entrants parvenant non pas tant à supplanter les banques qu’à leur ouvrir de nouveaux marchés ? Qu’à les inclure dans des schémas de financement et de distribution radicalement nouveaux ? Certes, une fois que l’on a dit cela, tout reste à faire. Mais, justement, les questions et les pistes se bousculent pour imaginer les développements et extensions possibles d’une solution comme celle de Capital Koala. C’est le signe qu’il pourrait bien s’agir d’une innovation très porteuse. Bravo !

Guillaume ALMERAS/Score Advisor

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