Agences bancaires : des chiffres à n’y plus rien comprendre!

Aujourd’hui, la baisse de fréquentation des agences ne fait pas débat. La plupart des études s’entendent pour constater qu’en France, quels que soient les réseaux d’agences, 23% des clients en moyenne (21% en 2015) se rendent désormais moins d’une fois par an dans l’agence qui détient leur compte principal – contre 3% des clients seulement pour lesquels l’agence est l’unique point de contact avec leur banque. Personne ne conteste ces chiffres et tout le monde s’accorde à reconnaître qu’ils marquent une tendance actuelle et irréversible. Il n’y a qu’un seul problème : ces chiffres étaient exactement les mêmes il y a… vingt ans !

La très étrange répartition géographique des agences bancaires en France

Alors que l’on parle beaucoup des agences bancaires et de leurs nécessaires évolutions, il est frappant de constater que l’on évoque très peu, comme éléments déterminants, l’implantation géographique des agences et les potentiels qui y sont liés. Sans doute considère-t-on que les banques développent à cet égard un géomarketing suffisamment précis et poussé. Pourtant, quelques analyses très simples amènent à sérieusement en douter.

Des agences en rupture de codes et de comportements

C’était inévitable : après de nombreux essais, sont apparues des agences bancaires dont l’agencement non seulement ne donne pas l’impression au visiteur d’être dans une banque mais le pousse à adopter un autre comportement. Comme si l’idée même de se rendre dans sa banque changeait de sens. Ici, le design ne se contente pas de brouiller les codes, comme avec de nombreux nouveaux modèles d’agences apparus depuis cinq ans. Il est agissant et conditionne les parcours clients. Après les initiatives audacieuses, déjà présentées sur notre site, de Frank ou de Bank of Queensland, petite visite d’agences vraiment plus comme les autres.

Quelle place pour les banques dans la Smart City?

Au cours de l’été, Marie-Claire Capobianco, responsable de la Banque de détail France de BNP-Paribas, a publié un article sur le rôle que les banques pourraient jouer dans les smart cities ; ces villes connectées qui se développent sous nos yeux. Et si demain, demande Marie-Claire Capobianco, l’agence bancaire devenait un haut lieu de la ville intelligente ? Un lieu de création, de partage et d’entrepreneuriat ? Et si c’était là un enjeu majeur, pour le monde bancaire comme pour les villes ?

Les nouvelles agences de la banque digitale

La State Bank of India a ouvert six agences pour sa banque digitale SBI InTouch dans les principales villes indiennes. Pour cela, Allen International, le designer spécialisé dans les agences bancaires le plus connu au plan international, a été retenu. D’une certaine façon, ces nouvelles agences digitales représentent comme l’aboutissement de ses précédents travaux. C’est qu’ici, il n’est pas seulement question de design. La notion même d’agence bancaire est profondément transformée.

Psychanalyse des clients des banques

Dans le domaine bancaire, beaucoup des grands rapports qui sont inlassablement publiés sont décevants. Ils n’apportent pas grand-chose et, à cet égard, il sera difficile cette année de battre celui publié par Bacs en mars 2016 (Why people don’t switch current account). A contrario, en octobre dernier, Wincor Nixdorf et Opinion Way livraient une surprenante étude sur la fréquentation des agences bancaires qui, interrogeant les clients des banques françaises, faisait apparaître un véritable « retour du refoulé », comme disent les psychanalystes. Des éléments qui permettent de répondre à la question que pose justement le premier rapport : pourquoi, alors qu’on a tout fait pour le faciliter, si peu de clients changent de banque ?

La Caisse d’Epargne innove (vraiment) à Nuits-Saint-Georges

La Caisse d’épargne Bourgogne Franche Comté a récemment lancé un nouveau modèle d’agence, un concept store, à Nuits-Saint-Georges. Plutôt discrète, l’initiative pourrait presque passer inaperçue. Pourtant, alors que la plupart des banques françaises ont aujourd’hui arrêté les premières orientations d’évolution de leurs réseaux d’agences, l’approche de la CEBFC est particulièrement intéressante.