En France, le prêt étudiant vit tranquillement sa vie. Seulement 6% à 7% des étudiants y ont recours (contre 60% aux Etats-Unis) et le chiffre a fortement baissé avec la crise (ils étaient 11% il y a dix ans). C’est dans les Ecoles de commerce qu’on trouve le plus grand nombre d’emprunteurs (17% des étudiants). Au total, les élèves des Grandes Ecoles concentrent 60% des encours. Rien de bien bouleversant, en somme. Les exemples ci-dessous peuvent-ils redynamiser ce marché ?

En France, les prêts étudiants (prioritairement accordés aux Grandes Ecoles, à la sortie desquelles l’emploi est généralement assuré, il est vrai) présentent un faible taux moyen de défaillances (1,6%). Cela favorise le financement participatif et plusieurs plateformes se sont lancées sur ce créneau, comme Edukys, visant à élargir l’accès d’un plus grand nombre d’étudiants aux financements.

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Travaillant en partenariat avec des universités et sollicitant notamment les réseaux d’Alumni, Prodigy Finance veut permettre la poursuite d’études de troisième cycle à l’étranger.

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Les emprunteurs peuvent être des salariés décidés à reprendre des études. Les offres de prêts les intègrent souvent dans les banques anglo-saxonnes. La plateforme participative Studylink, de même, est ouverte à tous les projets de formation.

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Les échéances de remboursement s’étalent en général de 2 à 9 ans, avec des périodes de franchise ou de remboursement partiel. Mais il faut de plus en plus tenir compte des aléas que peuvent subir les diplômés sur le marché du travail (aux Etats-Unis, 10% des prêts sont en défaut au cours des trois premières années de leur remboursement). Les conditions de remboursement ont ainsi tendance à s’assouplir. Au Crédit du Nord, la formule Etoile Etudes permet d’augmenter ou de diminuer la franchise ou d’augmenter les mensualités sans frais de mise en place. Le remboursement total ou partiel par anticipation n’est pas facturé.

En France, les prêts étudiants sont rarement renégociés. Ce n’est pas le cas aux Etats-Unis, où depuis une loi de 1998, il est très difficile d’éteindre sa dette étudiante, même en cas de faillite personnelle (5% des plus de 60 ans n’ont toujours pas fini de rembourser leur prêt !). Sofi est la première plateforme de refinancement des prêts.

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De manière originale, SmartBank, à travers sa formule SmarterBucks, permet un remboursement continu en y affectant cashbacks, promotions et dons de proches.

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En France, plus d’un tiers des prêts ne servent pas en fait à financer des études mais, notamment, des projets d’entreprise. Banque Populaire s’est ainsi associée avec Pépite France, premier réseau d’étudiants-entrepreneurs, pour créer Pépite Factory, une association facilitant la création d’entreprise grâce à un accompagnement juridique et financier. Il convient toutefois de souligner que dans le gros tiers des prêts finançant autre chose que des études, les voyages ont une part importante. Aux Etats-Unis, il a pu être établi qu’en 2017, 21% des prêts ont servi à acheter… des crypto-devises.

Ces nouvelles formules sont-elles à même de redynamiser le marché des prêts étudiants ? Quant au financement des études supérieures, la France présente une situation singulière. Les prêts concernent peu d’étudiants. Il n’y a pas d’avantages fiscaux pour les parents qui épargnent pour financer les études de leurs enfants. On compte peu d’étudiants boursiers – très peu même par comparaison avec beaucoup d’autres pays européens (deux fois moins qu’en Hongrie, par exemple ; sans parler des pays scandinaves). Or, les frais sont de plus en plus conséquents et même élevés (pour s’inscrire aux concours, par exemple).

Toutefois, dans l’enquête internationale d’HSBC/Ipsos Value Education 2018, seulement 32% des Français estiment que l’investissement dans des études supérieures pour leurs enfants en vaut la peine. La moyenne pour les autres pays est de 69%…

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