Et si les banques s’engageaient davantage sur la protection de la vie privée?

En 2011, le député vert allemand Malte Spitz a longuement bataillé avec son opérateur téléphonique pour récupérer l’ensemble des données le concernant. L’ensemble a été publié par Die Zeit. On y trouvait le moindre détail de ses déplacements et appels. Et alors ?, demanderont sans doute beaucoup de gens, qui estiment n’avoir après tout rien à cacher et qui se préoccupent peu que leur vie privée soit étalée sur les réseaux sociaux ou puisse être suivie par leur opérateur téléphonique, leur banque, voire même par quelque officine gouvernementale ! Le problème, cependant, n’est pas là et c’est une question dont les banques, à l’instar d’autres acteurs, comme Orange avec son projet de recherche Data for Development, devraient particulièrement se soucier. Douglas Flint, le Chairman d’HSBC, a récemment appelé à un débat public sur la propriété et l’usage des données personnelles. Dans l’attente, d’autres pistes apparaissent.

Big Data. Les banques et la surveillance des comportements

Un récent article d’American Banker montre comment les banques sont à même de contribuer à lutter contre les trafics humains – 21 millions de personnes dans le monde sont concernées. En septembre 2014, un guide a été communiqué aux banques américaines pour qu’elles détectent des comportements suspects, permettant de pister les organisations à l’origine de ces trafics. Mais l’information est susceptible d’aller dans les deux sens : les agences spécialisées de lutte contre la criminalité peuvent solliciter les banques qui, à leur tour, peuvent les alerter sur certaines nouvelles pratiques leur paraissant suspectes. Compte tenu de l’enjeu, on ne peut évidemment rien objecter à de telles démarches, qui ouvrent cependant des perspectives plus que troublantes.

Le scoring comme outil de fidélisation

En France, en moyenne, 35% des nouveaux clients des banques ont moins de 25 ans – on comprend dès lors que ce segment puisse être particulièrement courtisé – mais, à 25 ans, un tiers de ces nouveaux clients sont en moyenne partis.

Les banques s’efforcent de séduire les jeunes mais comment les fidéliser ? On voit depuis quelques années des banques jouer à cet égard sur le credit score – une démarche qu’ignorent à peu près totalement les banques françaises.