Au Crédit Mutuel, les clients fidèles (qui domicilient leurs revenus principaux dans les comptes de l’établissement depuis plus de sept ans), âgés de moins de 62 ans, n’auront plus à remplir un questionnaire de santé dans le cadre d’une demande de prêt immobilier. Et si c’était, mine de rien, l’innovation bancaire de l’année ?

Pour souscrire l’assurance emprunteur, réclamée par les banques pour l’obtention d’un crédit immobilier, les clients fidèles du Crédit Mutuel n’auront donc plus à décrire leur historique de santé et leur hygiène de vie. Et ils ne pourront plus subir d’exclusion ou de surprimes pour ces motifs. Tandis que de telles surprimes seront supprimées dès le mois prochain pour tous les clients qui en paient dans le cadre d’un crédit en cours. Au total, cela représentera un manque à gagner de 30 à 70 millions € pour l’établissement.

Cette décision parait aussi inattendue qu’intéressante. Alors que, partout, on nous réclame de plus en plus d’informations (il faut désormais donner son n° de téléphone pour acheter un billet de train aux bornes SNCF !), pour des utilisations qui nous sont de plus en plus opaques, le Crédit Mutuel remonte le courant et réintroduit le respect d’une certaine confidentialité qui, de plus en plus, va devenir une marque de considération, voire – osons le mot – de dignité. Une confidentialité pour le respect de laquelle la banque assume sa part de risque !

Depuis quand un établissement financier ne s’était-il pas placé dans une telle situation ? N’est-ce pas pourtant ce que l’on attend véritablement des banques ? Le signal est d’autant plus fort que la confiance que les Français accordent aux marques quant à l’utilisation de leurs données personnelles ne va pas en s’améliorant et que la crainte de l’avènement d’une société de surveillance est dans l’air du temps.

Pour tout cela, la décision du Crédit Mutuel parait une innovation assez remarquable. Pourtant, tout cela, le Crédit Mutuel le mettra-t-il en avant ? Avec leur communication de masse, leur manque de relais d’opinion et leur gêne à aborder tout sujet qui n’est pas très largement consensuel, les banques françaises ont-elles les moyens de faire cela ?

Sans doute habillera-t-on ainsi la mesure d’une vague dimension de RSE et l’on recueillera quelques commentaires sur Twitter qui diront que le Crédit Mutuel gagne suffisamment sans ça sur l’assurance emprunteur ou que c’est un leurre marketing. Rien de plus.

Et les autres banques ? Très justement, MoneyVox a mené son enquête pour savoir si elles allaient s’aligner et saisir ainsi une occasion qui leur tend les bras. A votre avis ?

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