DSP2 : le sondage qui change tout !?

Adoptée le 8 octobre 2015, la seconde Directive européenne sur les services de paiement entrera en vigueur en janvier 2018. Dès sa publication, les commentaires ont été unanimes : cette Directive devrait susciter une mutation majeure, encourageant la concurrence et l’innovation et permettant notamment aux fintech et à d’autres acteurs de développer de nouveaux services susceptibles de faire largement ombrage aux banques. Cependant, est-ce vraiment ce à quoi nous allons assister dans quelques mois ? Les résultats d’un sondage mené par Accenture Consulting et l’University College Dublin au premier semestre 2016 en Irlande et en Angleterre, récemment remis en lumière, invitent à considérer que les choses pourraient se passer de manière sensiblement différente.

Un cas d’innovation ratée : les titres restaurant numériques

Lancés en avril 2014, les titres restaurants numériques faisaient partie des mesures phares du « choc de simplification » présenté par le gouvernement. Cela parait assez invraisemblable car leur flop, qu’on constate aujourd’hui (moins de 5% des titres en circulation 2 ans après ; moins de 20% des plus de 210 000 commerçants affiliés équipés pour les accepter), était largement annoncé. Retour sur une innovation dont le propre est de n’avantager véritablement aucun des acteurs qu’elle concerne. Une innovation ratée et même suicidaire peut-être qui, si elle était imposée, pourrait bien tuer l’usage qu’elle entend servir !

Paiement sans contact: un échec qui en annonce d’autres?

Depuis plus de cinq ans, ancré dans nos nouveaux comportements digitaux, le paiement sans contact est censé rapidement se développer, s’imposer. Aujourd’hui, cependant, alors que la majorité des cartes et des mobiles (mais pas des commerçants) sont équipés NFC, le sans contact ne représente au mieux, mondialement, que 3% des paiements.

Pour les banques, qui l’ont largement promus, c’est un échec, qui n’a pourtant rien de très surprenant. Il faut une génération pour qu’un nouveau mode de paiement s’impose véritablement. Toutefois, si cela s’est toujours constaté jusqu’ici, aucune fatalité ne l’impose et l’on ne peut reprocher aux banques d’avoir voulu raccourcir ce délai. La manière dont elles s’y sont prises, en revanche, appelle plus de remarques et, alors que bien d’autres mutations doivent être engagées (réseaux d’agences, omni-canal, nouveaux outils digitaux, …), paraît de mauvais augure.

Paiements et objets connectés. Et si la révolution venait d’Amazon?

Avez-vous lu Ubik de Philip K. Dick ? Dans ce (très) étrange roman de science-fiction (l’un des meilleurs de son auteur), on paie chaque usage de ses objets domestiques. Pour entrer chez soi, pour ouvrir la porte de son frigo ou lancer le climatiseur, il faut introduire des pièces – l’ouvrage a été écrit en 1969, Dick n’imaginait pas d’autres moyens courants de paiement – dans la fente d’un compteur dont chaque objet est doté. Or c’est peut-être exactement ce qu’annonce une récente innovation d’Amazon. Et cette solution pourrait bien être révolutionnaire en matière de paiements.

Apple Pay : les banques américaines gagnent la première manche

Début septembre, avec le lancement de l’IPhone 6, on nous a joué encore une fois l’air du grand soir des banques, mangées toutes crues par les Apple, Google et consorts. Or c’est exactement le contraire qui s’est passé ! Certes, pour les banques, cette menace existait. Mais les grandes banques américaines ont su la parer, en profitant du manque d’audace et d’innovation d’Apple. Qui l’aurait cru ?

When payments disappear, so does the Value.

Sorry, this title doesn’t really mean anything. It’s just that we felt a bit irritated reading a recent Brett King post on his blog (When Payments Disappear, and Value Emerges, October 11, 2013). So we tried to make up a catchy yet empty title, like his. Maybe you’ll think this is too harsh a judgment. Well, take it as pure jealousy. Brett King is far more famous and influential than we are. Nevertheless, Brett, being famous and influential doesn’t give you the right to write things that are obviously too simple to be true. Bankers are reading and they could believe you!

And then came PaySwarm…

The Press did not talk much about the presentation of PaySwarm made by Manu Sporny, the community leader and chair of the Web Payments group at W3C, during the Innotribe session at the last Sibos.

The PaySwarm web platform is an open standard that enables web browsers and web devices to perform micropayments. This is an initiative of the World Wide Web Consortium (W3C) to create a universal payment standard for the Web.

Swift : la vraie révolution des paiements?

SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecom) est un réseau interbancaire mondial de communication. Un système très sécurisé d’échange d’informations entre les banques qui en sont membres, qui leur permet de traiter leurs opérations. Aujourd’hui, 90% du financement du commerce international passe ainsi par Swift.

Il y a quelques mois, Swift et la Chambre de commerce internationale (ICC) ont officiellement lancé le « BPO » (Bank Payment Obligation) qui a vocation à se substituer aux crédits documentaires tels qu’ils sont actuellement réalisés. Présenté ainsi, le sujet est assez aride et, de fait, il n’a été relayé que par la presse spécialisée dans les techniques du commerce international. Pourtant, le BPO offre un modèle qui, demain, pourrait bien valoir pour l’ensemble des paiements.

5 idées sur l’évolution des paiements qui ne sont qu’à moitié vraies (et qui sont donc aussi à moitié fausses !)

Le mieux est l’ennemi du bien, dit-on. Et à force de simplifier pour être compris, entendu, on en vient souvent à masquer les vrais problèmes et enjeux. L’évolution des nouveaux moyens de paiement l’illustre bien. Voici notamment quelques exemples d’idées courantes mais trop facilement admises.

Sépamail, enfin ?

Au second semestre 2013, les banques françaises devraient lancer une solution de paiement de factures directement en ligne ou sur mobile (voir un peu plus tard sur les GAB). Cette solution se nomme Sépamail et elle réunit BNP Paribas, le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel-CIC, la Société Générale, ainsi que BPCE, à l’origine du projet.

En matière de billing, les banques françaises accusent un sérieux retard par rapport aux banques de nombreux autres pays, ce qui a poussé les grands facturiers (EDF, les opérateurs téléphoniques, etc.) à privilégier le prélèvement automatique depuis des années. De sorte que le succès de Sépamail n’est nullement assuré.

Pourquoi en traiter particulièrement alors ?

La fin des moyens de paiement est programmée. Et donc…

En matière de paiement, deux tendances fortes invitent, poussées à leur terme, à imaginer la disparition des espèces et, plus généralement, des moyens de paiement (cartes, chèques, billets et pièces, …). Ces deux perspectives n’ont plus rien d’utopique, même s’il reste difficile de leur fixer une échéance. Dès lors, sur quoi doivent travailler les banques, dont l’une des principales fonctions est – mais il faudra de plus en plus dire « était » – de distribuer ces moyens de paiement ?

Visa, un puzzle stratégique ?

A ce stade, il n’y a que des éléments épars. On reparle du rachat de Visa Europe par Visa Inc. Mais cela fait l’objet de rumeurs depuis assez longtemps déjà. Visa lance son portefeuille électronique V.me qui, d’emblée, déçoit beaucoup d’observateurs. Quant aux solutions de paiement par mobile, Visa ne fait pas beaucoup l’actualité. On peut tirer de tout cela que la firme peine à avancer dans un domaine des moyens de paiement en ébullition. Mais on peut également faire de ces différents éléments les pièces d’un puzzle qui révélera progressivement l’image d’une stratégie ambitieuse.

L’accord des banques anglaises sur le mobile, Sépamail en France : deux initiatives stratégiques majeures passées pratiquement inaperçues

Quel est l’enjeu stratégique le plus important pour les banques de détail ces cinq prochaines années ? A suivre la presse spécialisée, sans doute le mobile banking ou le big data. Pourtant ceux-ci semblent d’une certaine façon conditionnés par une question plus déterminante, dont on parle étrangement peu : les banques vont-elles parvenir à donner une nouvelle dimension aux systèmes interbancaires de paiement ?

Certes, formulé ainsi, le sujet a l’air particulièrement rébarbatif ! Alors, oublions les flots de littérature actuellement produits sur le big data et le mobile banking et tentons de présenter les choses de la manière la plus claire possible.