Les Innovation Labs sont-ils vraiment utiles?

On reproche souvent aux banques leur manque d’esprit d’innovation quand, à côté d’elles, le monde des FinTech est bouillonnant. Pourtant, depuis quelques années, les banques multiplient les Innovation Labs, des incubateurs d’idées nouvelles, ouverts aux jeunes créateurs. Mais il est vrai qu’en voyant ces Labs, on est inévitablement poussés à se demander quelles drôles d’idées les banques se font de l’innovation !

Vous avez dit Uberisation?

C’est le dernier terme à la mode, pour dire « innovation de rupture » et, plus particulièrement dans le domaine financier, pour souligner que les banques pourraient prochainement se retrouver complètement dépassées par l’arrivée de nouveaux acteurs – on pense alors notamment aux grands de l’internet – s’emparant de leurs activités traditionnelles à coups d’innovations radicales. Ce sont là des idées que l’on répète volontiers désormais ; au point d’assurer que les banques seront la sidérurgie de demain, ce que l’on disait il y a plus de vingt ans déjà.

Cependant, si l’on veut bien dépasser un instant les idées à la mode, cette menace que l’on agite d’une Uberisation des activités bancaires permet également de dessiner comment, dans un contexte où, cela ne fait désormais plus de doute, elles seront de plus en plus challengées par des acteurs innovants, les banques pourraient trouver le moyen de rebondir.

Les grands changements de l’IFRS 9

La nouvelle norme comptable IFRS 9 pour instruments financiers remplace l’ancienne norme IAS 39, considérée comme difficile à comprendre, à interpréter et à appliquer à la fois par ceux qui préparent les états financiers et ceux qui les lisent. IFRS 9 rassemble tous les aspects de la comptabilisation des instruments financiers, de la classification et de l’évaluation (avec une nouveauté, la pleine reconnaissance d’une couverture d’un portefeuille dans son ensemble, ou portfolio hedge), à la dépréciation et à la comptabilité des opérations de couverture. Des précisions sur les informations à fournir sont également apportées. La plus grande différence de la nouvelle norme se situe dans la comptabilisation des dépréciations ou pertes sur prêts, parce que nous passons d’un modèle de pertes encourues à un modèle de pertes attendues.

La gouvernance des données – avènement d’un grand changement

Les banquiers n’en parlent pas encore beaucoup, et pourtant, la gouvernance des données est en passe de devenir l’un des sujets les plus discutés dans les salles des marchés. Bien que manquant encore d’une définition officielle, la gouvernance des données concerne les politiques, l’organisation, les processus et les procédures de gestion entourant la surveillance et le contrôle de l’utilisation et du traitement des données.

La nécessité d’une gouvernance qualitative des données est devenue évidente à la suite de la plus récente crise financière. La technologie de l’information et des architectures de données en place sont encore loin d’une surveillance et d’un reporting efficaces des risques financiers. En fait, de nombreuses banques manquent de capacité pour agréger leurs expositions au risque et identifier leurs concentrations rapidement, et avec précision, à travers les lignes métiers et entre les entités juridiques.

Les évolutions bancaires vues par Ron Shevlin

The Financial Brand a récemment classé Ron Shevlin (qui écrit justement dans The Financial Brand) parmi les quatre leaders d’opinion les plus influents dans le domaine bancaire, après Brett King, Chris Skinner et Jim Marous (FinServ 25: the most influential voices in banking). Or, si Brett King peut souvent agacer quand il joue les gourous et si l’humour très british de Chris Skinner n’est pas toujours constructif, Ron Shevlin – qui ne manque pas non plus d’humour (voir par exemple ce billet : How to keep a FinTech Idiot busy) – est certainement l’un des observateurs des évolutions bancaires les plus lucides et exigeants du moment. Son récent ouvrage, Smarter Bank, mérite donc un détour ; particulièrement dans un pays, comme le nôtre, où le Compte Nickel peut être présenté sans rire comme un vibrant succès.

L’Open Banque de demain

Le gouvernement britannique, qui vient d’achever une étude de faisabilité à ce propos, parait décidé à obliger les banques à offrir à leurs clients la possibilité de partager leurs propres données bancaires avec d’autres entreprises – notamment des startups fintech – à travers une API standard. Une telle mesure, visant notamment à accroître la transparence sur les tarifs bancaires et donc à forcer les établissements à entrer dans une plus vive compétition au bénéfice des consommateurs, parait défavorable aux banques. Mais une telle obligation jouerait aussi bien un rôle d’accélérateur d’une mutation bancaire de toute manière inévitable.

Renouveler l’expérience client avec les contextual data?

On réalise encore assez mal à quel point notre compte bancaire a changé. Longtemps matérialisé par de simples relevés papier, accompagné éventuellement d’un coffre, il représente désormais un espace digital en ligne et sur mobile. Cela concerne toutes les banques. Pourtant, peu parmi elles, vont plus loin et saisissent là l’opportunité de renouveler l’expérience client.

Le crowdlending (prêts participatifs) à la recherche… d’emprunteurs!

En 2014, le crowdlending a connu un véritable boom. Aux USA, 9 milliards $ ont été distribués aux particuliers et 5 milliards aux entreprises. Lending Club est entré en bourse et a noué un partenariat avec Citi. Pourtant, si les investisseurs se ruent auprès des plus importantes plateformes, celles-ci rencontrent un délicat problème : comment attirer davantage de bons emprunteurs ? C’est ce qui est ressorti des échanges des professionnels réunis lors du LendIt USA le mois dernier.

Circle, naissance d’un géant?

Quand une startup ayant un peu plus de deux ans d’existence lève 50 millions $ – c’est arrivé il y a quelques jours – avec pour investisseurs de tête des signatures comme Goldman Sachs, Accel Partners ou le fonds chinois IDG Capital Partners, cela mérite un coup d’œil. Surtout quand cette startup annonce une révolution de l’économie mondiale et semble bien avoir les moyens de la réaliser !