Performances des banques françaises depuis dix ans. Quelques indicateurs clés contre dix idées reçues.

Pour les banques françaises dans l’ensemble, la décennie 2007-2017 n’a pas vraiment été bonne. La croissance du PNB des principaux groupes bancaires a été en moyenne inférieure (8%) à l’inflation cumulée (13%). Leur ROE a été pratiquement divisé par deux. Et la capitalisation des groupes cotés a en moyenne fondu d’un tiers. Toutefois, pour interpréter ces résultats, mieux vaut se méfier de certaines idées reçues tenaces.

Oserait-on interdire le cash !?

En application de la Directive européenne sur les services de paiement (DSP2), les commerces vont désormais pouvoir proposer à leurs clients de leur délivrer de l’argent liquide lors d’achats par cartes bancaires (et uniquement elles, les chèques ne sont pas concernés). Cette mesure, dite de cashback, est présentée comme un moyen de lutter contre la « désertification » (tout à fait relative à ce stade – voir cet article) de certaines zones rurales en matière d’agences et d’automates bancaires. Or on ne peut manquer de s’étonner d’une telle mesure à l’heure où certains estiment que nous devrions nous diriger vers une société sans cash. Mais en fait cette mesure n’est pas forcément contradictoire avec un tel objectif.

Comment BBVA s’internationalise à travers l’écosystème fintech

Dans son Rapport annuel 2017, BBVA présente sa politique vis-à-vis des fintechs et le dispositif qu’il a bâti en conséquence. Un ensemble de démarches que l’on retrouve désormais chez beaucoup d’autres établissements mais par rapport auxquelles BBVA a été précurseur et qu’il déploie surtout – cela reste fort original – à une échelle mondiale, au-delà de ses propres marchés. Ou comment une banque espagnole de taille moyenne à l’échelle européenne est en train de gagner une envergure digitale globale. Quelle banque française, de ce point de vue, pourrait-elle lui être comparée ?

Pourquoi l’éducation financière est en train de prendre une grande importance et pourquoi cela reste mal compris en France?

Depuis quelques années, dans les pays anglo-saxons, les banques mettent de plus en plus sur pieds des programmes d’éducation financière, notamment à travers la gamification. En France, le sujet n’intéresse pas franchement ni les banques, ni les fintechs. C’est que, mal interprétée, l’expression masque l’enjeu, considérable, qu’elle recouvre.

Que faire de Fidor?

Acquise par BPCE en juillet 2016, la néobanque allemande Fidor n’a été lancée en France qu’en juin dernier sous une version qui ne propose même pas de services financiers et avec une discrétion qui n’a pas manqué d’attirer l’attention. Selon Le Monde, de mauvaises surprises (des placements risqués et des pertes devant être compensées en conséquence) chez sa filiale auraient beaucoup refroidi l’enthousiasme de BPCE. Mais cette dernière semble surtout hésiter quant au modèle de développement que Fidor doit adopter. Ce qui recouvre une question intéressante : que peut être une « nouvelle banque » aujourd’hui ?

La banque de demain : fausses attentes et déceptions. Dix articles à relire ou à découvrir.

Il est parfaitement normal de se tromper et lorsque des bouleversements surviennent, au point d’inviter à envisager le changement quasi total d’une activité, comme cela aura été le cas des activités bancaires ces dix dernières années, il est non seulement normal, il est inévitable que des prévisions se révèlent erronées et que des offres ne trouvent pas leur public. Rétrospectivement, il est alors intéressant de considérer ce qui a pu fausser les attentes et générer des déceptions.

La banque de demain est-elle en train de s’inventer en Afrique?

En Europe, comme aux USA, les marchés bancaires sont restés jusqu’à ce jour très largement tenus par les acteurs historiques, malgré une floraison de nouvelles solutions. Et ces marchés demeurent également très nationaux, voire même dans bien des cas régionaux. Rien de tel en Afrique, véritable territoire d’expérimentation qui, si l’on regarde bien, pourrait bien annoncer ce qui se passera demain partout.

Et si le Crédit Coopératif avait cinq ans d’avance?

Il ne s’agit pas de faire ici de la publicité pour le Crédit Coopératif. Nous ne les connaissons pas du tout. Car, s’il y a longtemps que nous nous intéressons à cette institution singulière dans le paysage bancaire français, nos tentatives pour entrer en contact avec elle et en savoir un peu plus ont toutes été ignorées. Une fois, alors que nous insistions pour comprendre les raisons d’un tel mépris, il nous fut répondu qu’il n’était pas question de nous parler car nous sommes… un site commercial. En effet, nous vendons (quelle horreur !) des études. Autant dire que voilà des gens de convictions. Qui sont parvenus à développer une approche tout à fait suggestive.