Paiement sans contact: un échec qui en annonce d’autres?

Depuis plus de cinq ans, ancré dans nos nouveaux comportements digitaux, le paiement sans contact est censé rapidement se développer, s’imposer. Aujourd’hui, cependant, alors que la majorité des cartes et des mobiles (mais pas des commerçants) sont équipés NFC, le sans contact ne représente au mieux, mondialement, que 3% des paiements.

Pour les banques, qui l’ont largement promus, c’est un échec, qui n’a pourtant rien de très surprenant. Il faut une génération pour qu’un nouveau mode de paiement s’impose véritablement. Toutefois, si cela s’est toujours constaté jusqu’ici, aucune fatalité ne l’impose et l’on ne peut reprocher aux banques d’avoir voulu raccourcir ce délai. La manière dont elles s’y sont prises, en revanche, appelle plus de remarques et, alors que bien d’autres mutations doivent être engagées (réseaux d’agences, omni-canal, nouveaux outils digitaux, …), paraît de mauvais augure.

BRRD : quand, inaudible, la réglementation bancaire devient dangereuse!

La BRRD (Bank Recovery and Resolution Directive), adoptée définitivement par le Parlement européen le 15 avril 2014, a été transposée en droit français par une Ordonnance du 21 août 2015. Elle entrera en vigueur le 1er janvier 2016. Les deux principales orientations de cette Directive, annoncées depuis plusieurs années, visent 1) à éviter le renflouement aux frais des contribuables (bail-out) des banques en cessation de paiement et 2) à mieux protéger les déposants. Pourtant, les articles qui se multiplient en ce moment à ce sujet donnent à entendre un son tout différent. « Les banques programment le vol de leurs clients », lit-on en gros titre dans le courrier des lecteurs de Marianne. Une « loi irresponsable », une « folie », lit-on encore sur le Blog du Cercle des économistes. Qui croire ?

Innovation financière : le péril jaune!

Parmi les études les plus intéressantes parues cette année sur les évolutions et stratégies bancaires, il y a celle rédigée par deux sociétés de conseil chinoises (des consultants qui travaillent ensemble ! On innove vraiment en Chine…) et publiée par Innotribe The Platform for Disruption. How China’s FinTech will change how the world thinks about banking (accessible ici).

Alors que l’on se demande encore en Occident si les Apple, Amazon et autres remplaceront demain en large partie les banques classiques, cela est déjà le cas en Chine, souligne l’étude. Et cela montre que l’Occident, au fond, n’a pas une bonne approche de l’innovation. Certes, écrite par des consultants chinois, l’étude n’est pas sans partis pris. Ses arguments ne sauraient cependant être négligés.

MiFID/MiFIR, EMIR, IFRS 9, etc. jouent leur rôle et mettent les dérivés sous les projecteurs réglementaires

Alors que le rôle des produits dérivés dans la crise des subprimes a été largement analysé et débattu, il est également important de mettre en évidence les initiatives réglementaires et ce qui sera ainsi le « new normal » pour les produits dérivés sur l’ensemble de la chaîne opérationnelle et de la chaîne de valeur des établissements y recourant.

S’intéresse-t-on vraiment à l’innovation en France?

En France, on compte un certain nombre de startups prometteuses. Toutefois, comparées à celles d’autres pays européens – allemandes, suédoises ou espagnoles, particulièrement – elles sont souvent sous-capitalisées et peinent à acquérir rapidement et même d’emblée une dimension plus qu’hexagonale, voire même locale. D’un autre côté, on a de nombreux rapports sur l’innovation. Ce qui…

Restructuration des réseaux d’agences: les vrais déterminants sont d’abord géographiques

On n’en parle jamais ! Pourtant, le constat s’impose. Les réseaux d’agences bancaires ont été bâtis sur un présupposé simple : en matière d’épargne comme de crédit, l’offre bancaire doit être universelle. Elle correspond aux besoins de tous les territoires et doit seulement, en termes de distribution, être proportionnée au nombre d’habitants et d’entreprises. Le problème est qu’un tel présupposé ne correspond plus du tout à la réalité géographique de la France d’aujourd’hui !

Ulster Bank : renouveler le management bancaire à l’heure de l’externalisation

En juin 2012, Ulster Bank a connu la pire descente aux enfers qu’une banque peut sans doute subir : une interruption complète de ses infrastructures informatiques, privant 600 000 clients de tout service bancaire pendant 28 jours d’affilée.

Dans la presse, l’externalisation de l’informatique de l’établissement a été immédiatement incriminée. Mais d’autres commentateurs ont également déploré que, pour compenser ses déboires, Ulster Bank se soit résolue à externaliser le traitement d’une grande partie de ses activités. A la fois cause et effet, ainsi, l’outsourcing a bon dos ! Mais peut-être faudrait-il commencer à voir les choses de manière un peu plus mature. L’exemple d’Ulster Bank y invite car en l’occurrence, face à la catastrophe, celle-ci a jugée que l’externalisation n’était pas tant le problème que la solution !

L’intelligent banking se développe en Pologne… contre toute attente!

La banque polonaise Idea propose, gratuitement, à ses clients entrepreneurs et PME, des outils de gestion de leurs activités sur le cloud. Cette initiative toute nouvelle (développée à partir de 2013 et véritablement lancée en avril dernier) et, à ce stade, assez unique, a tout de suite reçu plusieurs distinctions comme le Disruptive Innovation Award de BAI-Financial Global Banking. Elle le mérite certainement car Idea Cloud annonce la banque de demain, sous un aspect encore mal cerné, particulièrement en France.

Quelles sont les banques de détail françaises les plus performantes?

C’est un constat récurrent au fil des années : les meilleures rentabilités, dans la banque de détail, sont une question de juste mesure, de mix entre plusieurs indicateurs. Elles ne s’acquièrent pas à travers des valeurs extrêmes, en plus ou en moins, qu’il s’agisse de PNB, de distribution de crédits ou de réduction de charges, notamment salariales. Autant dire que la situation propre à chaque établissement relève au sens fort du management. C’est pourquoi il ne faut pas parler seulement de rentabilité mais bien de performance.

Les surprises de la conquête clients des banques françaises

Selon McKinsey, le développement de nouveaux acteurs fintech et l’entrée des géants de l’internet dans les activités financières pourraient provoquer, d’ici 2025, une chute de 10% à 40% des revenus dans les secteurs les plus menacés des activités bancaires, particulièrement la banque de détail pour les particuliers, soit de 20% à 60% des profits générés par ces métiers.

Bien sûr, de telles perspectives sont trop vagues pour être vraiment discutées mais il est intéressant de souligner que l’acquisition de nouveaux clients est particulièrement retenue en l’occurrence parmi les atouts des acteurs fintech – car souscrire à leur service est très simple. Pas plus qu’avec les banques en ligne cependant qui, depuis dix ans, n’ont pourtant pas conquis plus de 7% des comptes bancaires. Peut-être faut-il dès lors regarder les choses d’un peu plus près.