Et si Zesto et Distingo marquaient un tournant dans les activités bancaires ?

La presse a souligné le succès des livrets d’épargne Zesto et Distingo lancés respectivement en 2012 et en 2013 par les filiales bancaires de Renault (RCI Banque) et de Peugeot (PSA Banque). Or, au-delà de leur succès, ces deux offres présentent des caractéristiques dont on peut se demander si elles ne vont pas tendre à se généraliser au sein des banques et si elles n’annoncent pas une véritable refondation des pratiques bancaires – rien de moins !

Soon, une innovation bancaire de grand intérêt

Le mois dernier, Axa Banque a lancé Soon, une application sur mobile que l’on peut définir comme un ensemble de services liés à une carte et un compte courant. Pour le moment, Axa Banque n’a parlé ni de produits associés, ni de tarifs, ce qui est singulier dans la banque en ligne. Soon innove du point de vue des usages et, de ce point de vue, représente une vraie surprise – en France mais pas seulement.

Quand la Banque postale se dotera d’une stratégie…

Pour nous, la Banque postale est l’un des établissements français parmi les plus intéressants – mieux même, parmi les plus prometteurs. En janvier dernier, ainsi, nous nous demandions dans un billet si elle n’était pas la banque qui, en France, possède le plus d’atouts stratégiques. Nous ne sommes visiblement pas les seuls à nous poser…

Pourquoi les étudiants représentent-ils (malgré tout) un marché clé pour les banques ?

On sait qu’aux USA, le marché des crédits aux étudiants est très développé : 60% des étudiants américains ont contracté un emprunt bancaire. Aujourd’hui, cependant, les défaillances se multiplient : 14% des emprunteurs avaient au moins une échéance de retard en 2012. Or l’encours global de crédits aux étudiants, selon la Fed, atteint entre 900 et 1 100 milliards $… En France, la situation est bien différente et même opposée : 7% seulement des 2,3 millions d’étudiants portent actuellement un emprunt bancaire. Ils étaient 11% il y a 10 ans. Et les prêts aidés, bénéficiant de la garantie de l’Etat, ont été loin de rencontrer le succès attendu.

L’avenir des banques françaises : retour vers le futur ?

Ces lignes sont extraites d’un bulletin de la Commission bancaire. Elles ont été écrites il y a 23 ans, en avril 1990.

Relire ce genre d’analyse aujourd’hui est frappant. A l’époque, sous l’impulsion du marché unique européen, les banques françaises paraissaient devoir être soumises, pensait-on, à une concurrence les forçant à améliorer leur productivité. Pour la Commission bancaire, c’était là le facteur clé. Or il était très prometteur : « les potentialités du secteur bancaire français sont à coup sûr très grandes », lit-on. Pour les banques françaises, ainsi, un avenir se dessinait clairement. Mais aujourd’hui ?

Les banques doivent-elles faire appel à des ethnologues pour mieux cerner les attentes de leurs clients ?

Cela peut paraître assez surprenant mais ce n’est que depuis très récemment que les banques tentent de sonder précisément les attentes de leurs clients et leurs rapports différenciés aux produits et services financiers. Certes, un tel jugement ne vaut sans doute pas pour tous les établissements mais, de manière générale et à la différence de bien d’autres secteurs, le métier de banquier conduit davantage à évaluer le risque de crédit que représente chaque client et les segmentations commerciales s’en ressentent. Tandis que l’accès à certains « secrets » (le détail des revenus et des dépenses) fournit une connaissance de la clientèle qui peut paraître suffisante. Aussi les segmentations commerciales des banques distinguent-elles peu, le plus souvent, des profils distincts en fonction des rapports, complexes, que les clients entretiennent avec la gestion de leurs besoins financiers.