Tenir compte de l’exaspération numérique

Vous l’avez sans doute remarqué, en matière de services numériques, depuis un an, les discours triomphants se sont nettement nuancés. Le tout digital, les startups fintech toutes prêtes à renverser les banques, les agences irrémédiablement condamnées et tout ce qui est estampillé « 3. 0. » font moins les gros titres. C’est que les révolutions annoncées ces dix dernières années : la banque en ligne, les paiements sans contact, le mobile banking, etc., n’ont pas vraiment eu lieu. Tout ceci se développe certes mais à un rythme mesuré, pour ne pas dire poussif, qui n’était pas du tout celui attendu. C’est certainement un problème quand demeure largement dominante l’idée que tout ce qui est nouveau est bien et ne peut que s’imposer, malgré quelques esprits rétrogrades et grincheux qui pensent le contraire. Et si c’était cette conviction elle-même qui empêchait en l’occurrence d’avancer ?

Les mirages des nouveaux business models de la banque de demain

Il y a 3 ans, lorsque nous soulignions que de plus en plus de banques étaient tentées de monter des places de marché, nous rencontrions pour l’essentiel une curiosité amusée. Sans plus. Et quand, un peu plus tard, nous avons présenté les premiers supermarchés bancaires, cela n’a pas été beaucoup mieux. Mais les choses se sont beaucoup accélérées, comme en témoigne un récent et percutant article de Philippe Gelis, le CEO de la fintech Kantox (1). L’idée que les banques, demain, agrégeront des offres diverses plutôt que de proposer uniquement les leurs semble désormais assez largement partagée. C’est nous qui, pour le coup, avons du mal à suivre !

Quelle place pour les Robo-advisors? Rencontre avec Althos Patrimoine

De nos jours, beaucoup d’innovations, parmi les plus intéressantes, génèrent des mythes massifs qui en brouillent considérablement les perspectives et rendent souvent difficile l’expression du simple bon sens. Mythe de l’immortalité avec le transhumanisme. Mythe d’une monnaie totalement libre et gratuite avec le bitcoin. Mythe d’un commerce intégralement désintermédié et sécurisé avec la blockchain. Mythe d’une prévisibilité parfaite du comportement des clients avec le Big Data, … Les robo-advisors qui ont fait leur apparition dans la gestion d’actifs n’échappent pas à ce constat.

Les surprises de l’argent des migrants… français !

C’est un sujet dont on ne parle jamais. Certes, les fonds que les diasporas transfèrent depuis la France dans leurs pays d’origine ont fait l’objet de nombreux travaux depuis plus de dix ans et de plusieurs initiatives de la part des banques. Le marché en vaut la peine, en effet : l’équivalent de 20 milliards $ ont quitté notre pays l’année dernière (21,2 milliards en 2014). Mais, à votre avis, combien la France a-t-elle reçue en contrepartie du reste du monde et notamment de la part des 2,1 millions de Français résidents à l’étranger ? Beaucoup moins, répondrez-vous sans doute, sans pouvoir avancer un chiffre précis. Vous n’y êtes pas. Pas du tout.

Blockchain. Révolution ou évolution naturelle du monde de la finance et au-delà?

Dans le monde entier près de 400 milliards de transactions financières sont effectuées chaque année. La plupart d’entre elles passent par des intermédiaires comme les banques au sens large, qui gèrent, vérifient, valident et finalement exécutent ces transactions. Les intermédiaires enregistrent les transactions dans leurs livres comptables, bien sûr fermés au public. Et voilà la grande différence révolutionnaire : de grands livres partagés, basés sur un principe technologique d’algorithmes et d’une distribution ouverte, communément appelé la « Blockchain ».

Le nouvel ordre digital. Histoire vécue.

Avant-hier soir, nous avons acheté en ligne un billet d’avion sur le premier site voyagiste français. Un aller simple que nous avions l’intention de compléter par d’autres billets. Notre itinéraire couvre plusieurs pays en effet et ce qui serait très simple à traiter avec une personne au téléphone, en lui indiquant nos préférences (horaires, classes, compagnies, …) sur chaque partie du voyage, devient nettement plus aventureux et long à réaliser en ligne car cela n’a pas été prévu. En fait, cela s’est même révélé impossible. Bienvenue dans le nouveau monde digital !

Quelles stratégies clientèles pour néo-banques et fintech?

Après Atom, voici deux nouvelles banques anglaises : Starling et Monzo, les deux derniers établissements à avoir obtenu une licence. Deux néo-banques, comme on les appelle désormais, en cours de constitution et dont la stratégie est intéressante ; à ce point qu’on peut se demander si elle ne préfigure pas celle que vont adopter, pour survivre, la plupart des fintech.

Quelle place pour les banques dans la Smart City?

Au cours de l’été, Marie-Claire Capobianco, responsable de la Banque de détail France de BNP-Paribas, a publié un article sur le rôle que les banques pourraient jouer dans les smart cities ; ces villes connectées qui se développent sous nos yeux. Et si demain, demande Marie-Claire Capobianco, l’agence bancaire devenait un haut lieu de la ville intelligente ? Un lieu de création, de partage et d’entrepreneuriat ? Et si c’était là un enjeu majeur, pour le monde bancaire comme pour les villes ?

Les bouleversements sur le marché des Pros et des TPE

Longtemps, le segment des Professionnels et des TPE a été le plus délaissé par les banques. C’est en tous cas l’impression que pouvaient avoir de nombreux clients. L’impression de ne pas pouvoir accéder aux produits et services réservés aux moyennes et grandes entreprises et de ne disposer que d’offres à peine différentes de celles proposées aux Particuliers, à un prix nettement plus élevé. Les choses ont changé ! Aujourd’hui, les Pros représentent un segment vis-à-vis duquel les banques, aiguillonnées par de nouveaux acteurs, témoignent d’une forte créativité. Au point de donner l’impression qu’avec eux et pour eux, la banque est en train de se réinventer. Que s’est-il donc passé ?

Boursorama : prière de ne pas déranger?

« Boursorama ne veut plus répondre au téléphone », titrait récemment cBanque. Selon l’article, en effet, Boursorama Banque s’apprête à relever la commission qu’elle applique déjà aux opérations réalisées au téléphone (qui pourraient être gratuitement initiées en ligne) de 3 à 5 €. Derrière ce geste se marque, selon l’article, la volonté de la banque en ligne de dissuader ses clients d’utiliser… le téléphone ! Ce canal est en effet beaucoup plus coûteux qu’un site web. Sur son blog, C’est pas mon idée !, Patrice Bernard va plus loin : le canal téléphonique a vécu, assure-t-il en commentant la décision de Boursorama Banque. Les centres d’appels sont aujourd’hui complètement dépassés. Le jugement peut paraître très sévère. Il n’est certainement pas dénué de pertinence. Pourtant, cette décision de Boursorama parait surprenante et même inquiétante.